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Kidal : Le Mnla pris la main dans le sac en flagrant délit d’attentat terroriste

Certain d'avoir perdu la bataille de la communication qui seule lui permettait d'exister, le MNLA, à l'épreuve de la réalité du terrain et de ses décrets implacables, use désormais de la ruse pour pousser le contingent tchadien à la sortie de Kidal. Mais étant donné que les tchadiens sont des « invités » de la France dont l'indulgence et l'amitié sont précieuses pour le MNLA, cet objectif de désengager le contingent tchadien doit être atteint sans que la confiance et le soutien de la France n'en souffrent.
Pour réussir cette formidable prouesse dans le même espace réduit (Kidal) qui héberge tous les protagonistes des enjeux en cours, le MNLA devait faire preuve d'imagination (ce qu'il ne manque pas) en convainquant l'armée française que les « terroristes jihadistes » ne supportent pas la présence de combattants négro-africains (comme les tchadiens), d'une part et que leurs combattants (ceux du MNLA) ont la capacité et les compétences nécessaires (une fois qu'ils auront les moyens et les armes nécessaires) pour prendre la place de ce contingent aux côtés des forces françaises, d'autre part.
Les Raisons qui ont poussé le MNLA à passer à l'acte (l'attentat terroriste)
C'est pour toutes ces raisons que le MNLA a frappé le c½ur de Kidal à une période loin d'être fortuite, car les circonstances ont été bien choisies et caractérisées par :
1- Après la visite de Mr Laurent Fabius qui a annoncé le désarmement prochain du MNLA
2- Les forces françaises ont commencé leur désengagement effectif (100 militaires ont quitté)
3- Le Premier Ministre Diango Cissokho a commencé par Gao une tournée dans les zones nord. Il faut donc donner des raisons à la France d'empêcher l'étape de Kidal pour de supposées raisons de sécurité
Les failles dans le modèle opératoire
Seulement cette dangereuse ruse du MNLA connaît 2 (deux) faiblesses majeures :
1- L'Adrar des Ifoghas, zone supposée de repli des terroristes, est à plus de 150 km de Kidal, dans un espace où patrouillent des milliers de soldats français et tchadiens équipés d'instruments sophistiqués de communication et de surveillance. Cela suffit comme dispositif dissuasif contre les terroristes qui ont déjà perdu plus de 1500 hommes (contrairement aux 400 annoncés officiellement) et qui ne sont pas des imbéciles suicidaires qui traverseraient tout ce « no man's land » avec une probabilité quasi nulle d'atteindre Kidal sans être explosés. Non ils ne le feront pas, ils attendront le départ des troupes françaises avec leur arsenal avant de prendre un tel risque. Un « kamikaze » est équipé pour mourir, mais avec le maximum de « chances » de tuer.
Donc l'auteur de l'attentat de Kidal était déjà à Kidal qui est déjà sous le contrôle du MNLA et ne vient de nulle part ailleurs; ce qui en dit long sur les capacités de ses combattants à pouvoir sécuriser cette petite ville d'environ 20.000 habitants où tout le monde se connaît.
2- Si les « jihadistes » avaient aujourd'hui la possibilité de frapper le c½ur de Kidal (comme c'est le cas avec l'attentat au niveau du marché), leur cible de choix serait par ordre d'intérêts stratégiques, d'abord les forces françaises qui les ont presque anéantis avec une efficacité rare et en un temps record. Mais avec cette cible difficile, la probabilité de succès est très infime, pour ne pas dire quasi nulle. Vient ensuite le MNLA qui aurait retourné sa veste pour s'allier avec les forces françaises. A noter que les combattants du MNLA représentent une cible très facile pour un « jihadiste » installé déjà dans la ville de Kidal, parce qu'il les connaît, donc peut les reconnaître facilement. Et dans ce cas, le lieu du marché est l'endroit le moins indiqué pour réussir une telle opération. Vient seulement après et loin derrière le contingent tchadien, avec un faible niveau d'intérêt.
Pourquoi le MNLA opterait-il subitement pour l'opération « kamikaze » ?
C'est le contexte qui a subitement évolué et d'une manière imprévisible avec le voyage de Mr Fabius à Bamako. Les propos qu'il a tenus relativement au prochain désarmement du MNLA a non seulement surpris les membres du MNLA, mais a refroidi leurs ardeurs. Il y avait donc chez eux une urgence à changer de stratégie pour sauver ce qui peut encore l'être. Et comme la sociologie dans cette zone continue de confiner certaines catégories de citoyens (des peaux noires pour la plupart) à l'état d'esclaves appartenant aux chefs de tribu, la décision de transformer ces citoyens de seconde zone en bombes humaines est chose aisée. La fin justifiant les moyens, l'esclave qui n'ose pas refuser ce sacrifice demandé par son maître ne peut que s'exécuter et le maître attend tranquillement les retombées d'une telle opération. Les membres du MNLA n'ont pas vocation à mourir bêtement, mais à vivre heureux, en étant à l'abri du besoin et sans beaucoup d'efforts.
Il est donc aisé de constater que, pour que l'attentat de Kidal ait été commis par les « jihadistes », il aurait fallu que le MNLA fût resté leur allié à Kidal. Ainsi, étant donné que les forces françaises sont une cible difficile, les forces tchadiennes deviennent du coup un trophée intéressant en ce qu'elles sont, dans ce cas, les seules alliées de la France à Kidal.
L'attentat du marché de Kidal est par conséquent commandité soit par le MNLA, soit par une organisation alliée du MNLA agissant avec sa bénédiction pour les mêmes résultats :
- le départ du contingent tchadien et son remplacement par le MNLA et ses alliés
- l'interdiction prolongée ou définitive du déploiement des forces de la MISMA à Kidal
Les Leçons à tirer de cette situation très volatile
1- Les combattants du MNLA continueront à harceler les forces tchadiennes qui ne pourront pas se défendre contre eux, parce qu'ils sont sensés être leurs alliés en tant que l'organisation membre du trio (France-Tchad-MNLA) cooptée par la France. La sécurité du contingent tchadien doit donc être désormais garantie et assurée par les troupes françaises tant que la MISMA ne se sera pas déployée à Kidal. Autrement le décompte macabre des militaires tchadiens, venus aider à la libération du territoire malien, va encore malheureusement continuer.
2- Les troupes françaises ne sont pas à l'abri des mêmes attentats, si tant est qu'elles continuent d'assumer leur alliance avec le contingent tchadien. Parce que le MNLA fera tout pour empêcher son désarmement et le déploiement de la MISMA à Kidal, mais aussi pour bénéficier d'équipements et de moyens pour « sécuriser » Kidal.
Autant les raisons de la mort des 26 soldats tchadiens restent encore confuses, autant l'implication du MNLA dans la mort des 3 autres lors de l'attentat perpétré au marché de Kidal est évidente
3- L'Etat malien doit saisir immédiatement les autorités françaises, la CEDEAO, l'UA et l'ONU pour que les combattants du MNLA soient désarmés et arrêtés dans les plus brefs délais avant qu'ils ne mettent en exécution leur stratégie désespérée qui risque de faire d'autres victimes au sein des troupes tchadiennes ou françaises positionnées à Kidal. La disqualification immédiate et définitive du MNLA et de ses alliés s'impose.
Aliou  Badara Diarra pour Maliweb.net

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