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Des assises pour rattraper les retards

Très peu d'agences ou d'hôtels font de la publicité pour vendre le produit national, alors qu'on assiste à un matraquage pour l'«out going».      Les deuxièmes assises nationales du tourisme seront inaugurées aujourd'hui au Palais des nations (Alger). Cette rencontre se veut un espace d'évaluation, de réflexion et de discussions sur la situation et le devenir du tourisme national, cinq années après l'adoption par le gouvernement du Schéma directeur d'aménagement touristique (SDAT) et à deux années du terme de sa première phase (2015). Elle regroupera l'ensemble des intervenants dans la «chaîne touristique», notamment l'administration centrale et locale, les professionnels et acteurs du tourisme, les experts et le mouvement associatif, ainsi que les institutions et secteurs concernés. Les travaux se dérouleront en séance plénière et en ateliers thématiques. En fait, Mohamed Benmeradi, ministre du Tourisme et de l'Artisanat, homme de dossiers, veut imprimer un plus grand rythme de progression à ce secteur après plusieurs années d'errance. En lui confiant cette mission sensible au sein du gouvernement, les plus hautes autorités veulent absolument le transformer en un secteur primordial de l'économie nationale, créateur d'emplois et de richesses pour le pays. Ses assises auront à relever un premier défi : rassembler l'industrie autour d'une vision commune. «Car plus que jamais, aujourd'hui, nous avons besoin de nous parler, d'échanger. Certes, le contexte est difficile, mais il est propice aux questionnements et à l'innovation», souligne le ministre dans sa lettre aux participants. Si le ministre parle ainsi, c'est qu'il a mesuré le poids des contraintes auxquelles le secteur fait face. Les principaux défis consistent ainsi à développer une offre touristique performante pour séduire davantage nos compatriotes et conquérir, grâce à la force de l'identité touristique algérienne, les marchés étrangers. Mais il faut vaincre un écueil important : le déficit en matière d'image. Il faut transformer les territoires en produits touristiques. Il s'agit aussi de positionner le tourisme domestique comme une priorité. Le ministre est réaliste : «Quels que soient les efforts que nous ferons, je suis persuadé que le retour de touristes étrangers n'est pas pour demain.» Les travaux en ateliers seront consacrés à l'examen de sujets liés à l'investissement touristique, la qualité dans le tourisme, la promotion touristique, la transversalité du tourisme et le tourisme interne. Lors des travaux en plénière, les professionnels et experts seront appelés, non seulement, à dresser une évaluation objective de cinq années de mise en ½uvre du SDAT, mais également à élaborer de nouvelles propositions capables d'insuffler, au processus de mise en tourisme de l'Algérie, une cadence soutenue. Le nombre d'emplois dans le tourisme s'élève à 910 000, ce qui représente à peine 9% de l'emploi national. Le taux de contribution au PIB est de seulement 2%. Les chiffres à retenir dans le domaine de l'investissement sont les suivants : 713 projets sont en cours de réalisation, représentant 82 000 lits devant générer 38 000 emplois, 67% des projets en cours sont à vocation urbaine, 21% à vocation balnéaire, 3% à vocation saharienne et 2% à vocation climatique. Les flux touristiques sont constitués de 1 650 000 nationaux résidant à l'étranger (67%) et 985 000 étrangers (39%). L'objectif fondamental est de faire le bond d'un pays émetteur à un pays récepteur. Mais force est de constater que depuis les premières assises (11/12 février 2008), cet objectif n'a pas été atteint. Pourquoi ? Donnons la parole au ministre : «Les agences de voyages qui se plaignent tout le temps, qu'ont-elles fait pour l'économie nationale : absolument rien. Elles prennent des millions d'Algériens à la omra et au hadj, ou font du rabattage pour les grands tours operators». Sans commentaire !   Très peu d'agences ou d'hôtels font de la publicité pour vendre le produit national, alors qu'on assiste à un matraquage pour l'«out going».       Par ailleurs, toute la stratégie de la communication est à revoir. L'Office national du tourisme (ONT) participe à des salons à l'étranger sans thème, mais surtout sans offre. A-t-on un jour fait un bilan des actions de promotion ou du moins mesurer les incidences en termes de coûts et de gains ? Le message de ces assises est clair comme l'eau de roche : avancer pas à pas, avec un objectif ultime, consacrer le tourisme comme un atout pour l'économie de notre pays.  

El Watan

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