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Ouargla : des comités de «vigilance populaire» mis en place

Le centre-ville de Ouargla a connu de nouveaux troubles, vendredi vers 18h. L'artère principale, l'avenue de la Palestine, surplombant les quartiers de Beni Thour, l'avenue Che Guevara et Souk Belabess ont été envahis par des groupes de jeunes qui lapidaient les forces de l'ordre tout au long de l'axe menant vers le siège de la sûreté de wilaya. Cette nouvelle agitation de la rue avait lieu à quelques encablures de celui de la wilaya où se déroulait une rencontre des autorités avec les élus et la société civile, dont la principale décision a été la mise en place d'un système de vigilance populaire pour protéger les quartiers. En plein quatre chemins, les renforts sécuritaires bien en vue depuis jeudi tenaient en respect des jeunes embusqués derrière un mur de bennes à ordures à l'avenue Che Guevara, alors que ceux qui se protégeaient des tirs de sommation et des gaz lacrymogènes dans les ruelles attenantes à l'avenue de la Palestine ont dû se résoudre à quitter la scène vers 22h. Peu après et durant la même nuit de vendredi à samedi, ce sont les quartiers populaires de Haï Bouzid et Sokra qui se sont embrasés. Les jeunes s'activaient auparavant au centre-ville, épargnant leur voisinage avant d'être repoussés dans leurs retranchements par la présence massive des forces antiémeute dépêchées des wilayas environnantes. Plus de 1500 agents sont venus renforcer la protection des édifices publics de la ville, mis à sac pendant plus de 48heures par des hordes de jeunes encagoulés de chèches. Manipulation ? Des témoins oculaires affirment que des gens en moto et véhicule tout-terrain distribuaient des tracts d'incitation à l'émeute, des sandwichs et des cocktails Molotov prêts à l'emploi dans les points chauds de la ville. Il est à rappeler qu'une soixantaine de blessés ont été enregistrés dans les deux camps avec une prévalence des traumatismes crâniens et oculaires chez les policiers, tandis que les jeunes émeutiers, dont des enfants et des adolescents, souffraient d'asphyxie due au gaz lacrymogène utilisé à outrance durant les derniers affrontements mais aussi de différents traumatismes dus au tabassage à la matraque. Le corps de Djellid Sofiane, un jeune universitaire de 28 ans, issu du quartier de Sokra, a été inhumé samedi après-midi. D'après des membres de sa famille, ce jeune aurait succombé à une crise d'asthme déclenchée par les émanations de gaz lacrymogène alors qu'il était à l'intérieur du domicile familial lors des émeutes de vendredi soir, tandis que des sources médicales confirment une mort naturelle. Dans la matinée d'hier, la présence des membres des comités de quartier était perceptible, à l'instar des jeunes et moins jeunes de la périphérie du ksar qui ont été les premiers à dissuader les agresseurs de s'en prendre, jeudi dernier, au bureau de poste du 1er Mai, près de la cité Bahmid. Ces derniers ont même réussi à sécuriser les minibus du transport urbain sur la ligne Ksar-Saïd Otba. L'implication populaire dans la préservation des biens publics et privés a fait ses preuves, des dizaines de personnes ont tenté de parler aux émeutiers et se sont interposées à leur corps défendant devant des administrations et des maisons incendiées à coups de cocktails Molotov. A l'issue de la rencontre wali-société civile, qui s'est prolongée jusqu'à 23h30, la société civile a décidé de se prendre en main et finaliser la constitution entamée durant les dernières 72 heures de cités populaires pour la protection des quartiers. La plateforme de revendications en 9 points présentée au wali insistait en premier sur l'annulation pure et simple de la liste de la discorde afin de donner aux notables et élus un vrai moyen de dissuasion de nouveaux troubles.  

El Watan

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