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Pression pacifique sur le pouvoir

Le citoyen algérien doit militer pacifiquement pour barrer la route à toutes les manigances du pouvoir, à toutes les récupérations politiciennes et stopper toute tentative de récupération des extrémistes de tous bords qui veulent s'agripper, sans éthique, aux luttes citoyennes et républicaines. C'est le message que veut transmettre le mouvement des jeunes sans emploi.       Ghardaïa. De notre envoyé spécial   Les chômeurs ont organisé, hier, un rassemblement au centre-ville de Ghardaïa, à l'appel de la Coordination nationale pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC). Le sit-in a débuté et s'est terminé dans le calme. Aucun dépassement n'a été enregistré. Mozabites et Chaâmba, venus par centaines, ont démontré que les droits n'ont pas de casquette politique ni de considération religieuse. Très tôt le matin, les organisateurs du rassemblement, retranchés dans une petite maison située dans la commune d'El Atteuf, donnent le tempo. Après une nuit riche en débats et échanges d'idées, ils s'apprêtaient à mettre les derniers jalons pour la réussite du rassemblement. Les mots d'ordre sont à chaque à fois répétés. «Silmia, silmia» (pacifique, pacifique). Outre ce message adressé à tous les chômeurs appelés à participer au sit-in, les organisateurs expliquaient comment ne pas tomber dans le piège d'un éventuel perturbateur. «Ne répondez aux provocations de personne, même si on vous insulte. Seules les revendications doivent être soulevées», affirme Farouk Souid, membre de la CNDCC activant à Metlili. Sur la place du 1er Mai, en plein centre-ville de Ghardaïa, un comité de préparation attachait plusieurs emblèmes nationaux et des banderoles. La sonorisation avait été installée dès l'aurore. Des organisateurs portant des gilets fluorescents accueillaient les jeunes qui commençaient à venir en nombre. Vers 9h30, un animateur prend un haut-parleur et appelle les chômeurs à se présenter près du monument érigé par les autorités dans un récent passé pour rendre hommage aux chouhada de la région. «Jugez Chakib Khelil !» Les contestataires commencent alors à répéter plusieurs slogans, tantôt s'adressant aux autorités, tantôt pour rappeler le caractère pacifique du mouvement. Une petite ambiance de fête. Les automobilistes et autres conducteurs de moto s'arrêtaient quelques instants pour voir le rassemblement. Une partie d'entre eux garaient les véhicules pour rejoindre les protestataires. Au cours du sit-in, qui a pris fin à midi, les jeunes ont rappelé leurs droits pour l'accès à un emploi décent et digne. Beaucoup d'entre eux ont rappelé leur cursus universitaire. Des pancartes étaient brandies ; tous les «délinquants du système» ont été passés au crible ; «Chakib Khelil doit être jugé», pouvait-on lire sur une d'entre elles. D'autres messages écrits ont été arborés, comme «Non à la corruption», «Emploi et logement valent la dignité du citoyen», «Oui à une justice sociale», «Non à la discrimination»... Le rassemblement, baptisé Karama, a regroupé des citoyens de Ghardaïa, Ibadites et Malékites (Mozabites et Chaâmba) ainsi que des wilayas limitrophes. Les enfants des deux communautés ont démontré que l'harmonie est possible et que si violence il y a, elle émane toujours de cercles vicieux qui veulent nuire à la stabilité de la région. L'hymne national a été entonné par les participants au rassemblement, suivi de la reprise des slogans comme : «Non à l'oppression des jeunes», «Non au détournement des deniers publics», «Non à la hogra», «Non à la destruction du pays». «Nous ne voulons pas nous immoler ni nous suicider» Pour Aïbek Ag Sahli, de la CNDDC de Ouargla, présent au sit-in, «nous ne cesserons pas de répéter que notre mouvement est pacifique. Il ne répond à aucune logique politicienne. Nous militons pour nos droits, pour une meilleure et transparente politique d'embauche, pour la fin de l'esclavagisme des sociétés de sous-traitance, pour le départ des directeurs de l'ANEM incompétents qui ne rapportent pas de résultats. Les jeunes en ont ras-le-bol des dépassements administratifs, des passe-droits, de la corruption. Personne parmi nous ne fait la distinction entre Sud et Nord, nous sommes tous citoyens algériens». Les rassemblements déjà organisés par la CNDDC, comme à Ouargla le 14 mars dernier, ont fait réagir les pouvoirs publics. Mais les meneurs de ce mouvement, à l'image de Tahar Belabès, indiquent que «seul un dialogue avec les vrais décideurs du pays, de manière officielle et transparente, est accepté pour trouver une solution concrète». Slimane, un autre membre de la CNDDC, précise : «Notre discours est clair. Seuls les droits des chômeurs doivent être arrachés d'une manière pacifique, sans casse et sans dérapage. Nos rassemblements sont organisés pour interpeller les pouvoirs publics. Le mal est profond. Il faut le traiter par les mécanismes adéquats qui garantissent la création d'emplois pérennes. Nous ne pouvons plus accepter la discrimination. Est-il normal que nous soyons exclus des offres d'emploi alors que la loi stipule que les enfants de chaque région sont prioritaires en matière d'embauche ? Le temps passe et impacte sur notre avenir. Nous voulons vivre comme de simples Algériens, sans souci, avoir une famille, des enfants, le tout dans notre pays. Nous ne voulons pas risquer nos vies en haute mer comme les harraga. Nous ne voulons pas nous immoler ni nous suicider. Nous demandons nos droits comme garantis pas la Constitution.» Et pour Gassem, qui a fait le déplacement d'Adrar, «construire l'Etat algérien, c'est d'abord affirmer sa citoyenneté». Le prochain sit-in du mouvement des chômeurs est prévu le 20 avril à Djelfa.

El Watan

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