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Michel Djotodia élu président de la République centrafricaine

BANGUI (AFP) - (AFP)

Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle qui a pris le pouvoir en Centrafrique le mois dernier en renversant le président François Bozizé, a été comme prévu élu président de la République lors de la première session du Conseil national de transition (CNT), formé par toutes les composantes politiques du pays, a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Djotodia, qui s'était autoproclamé président après la prise de Bangui le 24 mars par les rebelles du Séléka, était l'unique candidat.Il a été élu sous les applaudissements par acclamation, sans vote.

Selon une source diplomatique, son élection était un passage obligé pour "donner un peu de légitimité" à Michel Djotodia, avec "un habillage institutionnel", alors que ses hommes contrôlent le pays et la capitale.

Elu pour 18 mois, il aura la charge de conduire le pays vers des élections libres et démocratiques et une nouvelle constitution après les dix ans du régime Bozizé.

Il s'est engagé à respecter les accords signés en janvier à Libreville entre les composantes politiques de la Centrafrique et qui lui interdisent de révoquer le premier ministre Nicolas Tiangaye, issu de l'opposition à l'ancien président.

La mise en place du CNT était l'une des recommandations du sommet des chefs d'Etat d'Afrique centrale réunis à N'Djamena le 3 avril qui cherchait à normaliser la situation après la victoire militaire de la rébellion.

Ce Conseil est composé à la fois de membres du Séléka, de l'ancienne opposition au président déchu, de partisans de l'ancien régime, ainsi que d'anciens rebelles et personnalités de la société civile.

Vendredi soir, la radio avait annoncé que le CNT était passé de 97 à 105 membres, apparemment pour satisfaire des demandes de la société civile et de certains partis politiques.Ce chiffre de 105 correspond au nombre de députés dans l'ancienne assemblée nationale, alors que le CNT est appelé non seulement à légiférer mais aussi à jouer un rôle d'assemblée constituante.

Les partis politiques y comptent désormais 24 représentants (au lieu de 20 précédemment), et le Séléka a réduit son quota de 20 à 15 membres.Michel Djotodia figure parmi eux.

Les personnalités de la société civile, nommées par différentes organisations (jeunesse, femmes, patronat, syndicat etc...) composent l'essentiel du CST.

Le Conseil compte également de nombreux anciens ministres et députés, parmi lesquels l'ex-Premier ministre Enoch-Dérant Lakoué (1992-1993), Cyriaque Gondale, président du Parti national pour un Centrafrique nouveau (PNCN), ou l'ancien ministre de la Défense Jean-Jacques Demafouth, opposant emprisonné par le président Bozizé.

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