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L’assaut des Hawbachs à Casablanca

Les très graves incidents qui ont précédé le match de football opposant l’équipe du Raja de Casablanca à celle des FAR, jeudi dernier en début de soirée, en plein centre ville de la métropole économique, sont inacceptables, injustifiables, inexcusables. Pendant plusieurs heures, des bandes de voyous ont ainsi écumé les plus grandes artères de Casablanca, semant la désolation, la panique, la terreur, causant des dommages humains et matériels tres importants, sous le regard longtemps passif des forces de l’ordre.

Aujourd’hui, alors que les habitants de la ville sont encore sous le choc, scandalisés et traumatisés par les scènes de violence urbaine inouïe auxquelles ils ont assisté, le ministre de l’intérieur nous “pond” un communiqué qui l’exonère de toute responsabilité et minimise très fortement les conséquences de cette “chevauchée sauvage” de brutes épaisses au beau milieu de la plus grande ville du Royaume.

Des questions précises se posent pourtant qui méritent réponses franches et directes, sans arguments dilatoires et faux-fuyants.

1) Qui a eu l’idée imbécile de programmer un match de cette importance, alors que les supporters des deux équipes se vouent une inimitié féroce, un jeudi après-midi à Casablanca, à l’heure de la sortie des bureaux? Ne fallait-il pas sacrifier la logique du calendrier des rencontres à celle de la sécurité et de la quiétude des Casablancais?

2) La Wilaya de Casablanca aurait tenu des réunions “anticipatives” pour prévenir tout dérapage avant, pendant et après le match. À quoi ont-elles servi sinon à nous prouver que rien de sérieux n’a en fait été fait pour empêcher le débarquement de plusieurs milliers de jeunes dévoyés à la Gare Casa-Voyageurs?

3) Quel est le niveau de coordination entre les services centraux du Ministère de l’intérieur et les responsables de la sécurité publique à Casablanca et Rabat. Ceux de la capitale ne pouvaient-ils pas empêcher ces hordes d’abrutis d’embarquer (gratuitement) dans les trains en partance pour Casablanca ?

4) Quels sont les liens qui existent entre les responsables de l’équipe de football des FAR et leurs “supporters” assoiffés de violence?

5) Qui va payer les dégâts matériels causés aux biens de la population casablancaise, à la RATC, à Casa Tramway ?

Mais, au-delà de tout cela, jusqu’à quand tolérera-t-on les exactions, les destructions, la violence, les outrances et les agissements de ces cohortes qui prennent les matches de football comme exutoire de leurs frustrations ?
Quand les responsables auront-ils le courage d’interdire les matches à hauts risques en milieu de semaine, mais aussi de décréter des rencontres sans le public, dans des stades à huis clos ?

Le traumatisme infligé à des dizaines de milliers de Casablancais, à des enfants, des femmes, des jeunes filles, ne saurait s’effacer par la simple publication d’un communiqué rédigé dans une langue de bois aussi épaisse que les gourdins inemployés des policiers ce jour-là.

Dans une démocratie, un système basé sur la reddition des comptes, ce qui serait, parait-il le cas depuis la promulgation de la nouvelle Constitution, des têtes devraient tomber après ce fiasco des forces de l’ordre le jeudi 11 avril à Casablanca.

C’est ce qu’attendent tous les habitants de cette grande ville, avec l’espoir que leur métropole ne sera plus jamais “ville ouverte et offerte” à la délinquance des “hawbachs”.

Fahd Yata 

moustache7

La Nouvelle Tribune

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