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Dimanche 14 avril ,installation du nouvel archevêque de Tunis

Par Ridha Ben Kacem

Le nouvel archevêque de Tunis, Mgr Ilario Antoniazzi, qui dépend du diocèse du Patriarcat latin de Jérusalem, sera, officiellement, installé dimanche 14 avril 2013, en la cathédrale de Tunis. Nommé, le 21 février 2013, archevêque de Tunis, par le pape Benoît XVI, il a été ordonné par Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem, le 16 mars 2013, à Nazareth. Mgr Ilario Antoniazzi, est originaire du village de San Polo di Piave, en Italie, dans le diocèse de Vittorio Veneto, où il est né en 1948. Avant sa nomination, comme archevêque de Tunis, il était, notamment, directeur général des écoles du Patriarcat latin, en Israël.

Agé de 64 ans, Mgr Ilario Antoniazzi est arrivé mercredi 10 avril, à Tunis, en provenance d’Amman. Il était accompagné d’une délégation de 9 prêtres et laïcs de Terre Sainte, parmi lesquels, Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, vicaire patriarcal latin, à Nazareth. Les quatre membres de la délégation venant de Rameh, ancienne paroisse de Mgr Ilario Antoniazzi, en Israël, n’ont pas, encore, obtenu leur visa, pour la Tunisie, rapporte le 12 avril, le site internet du Patriarcat latin de Jérusalem.

A son arrivée, à Tunis, Mgr Ilario Antoniazzi a été reçu par Mgr Maroun Lahham, son prédécesseur sur le siège de Tunis, actuellement vicaire patriarcal pour la Jordanie et, jusqu’à présent, également, administrateur apostolique de l’archidiocèse de Tunis.Par ailleurs, Jeudi 11 avril, Mgr Ilario Antoniazzi a rendu visite, à Carthage, à Moncef Marzouki, Président de la République.

Dimanche 14 avril 2013, lors de la messe d’installation de Mgr Ilario Antoniazzi, Mgr Maroun Lahham, lui passera le « pastoral de l’archevêché » (les devoirs de l’évêque) et l’invitera à s’installer, officiellement, dans sa « cathedra », son nouveau siège épiscopal, à Tunis.

Pas moins de 12 évêques participeront à cette cérémonie, notamment, certains évêques de Libye, des évêques et des vicaires généraux d’Algérie, un évêque du Maroc, l’évêque de Mazara del Vallo, en Sicile et Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, Mgr Maroun Lahham, son prédesseur, et le nonce apostolique, en Tunisie. Dimanche soir, une réception, officielle, sera donnée, en l'honneur de Mgr Ilario Antoniazzi, dans les jardins de l’archevêché, en présence du Corps diplomatique, accrédité à Tunis. Enfin, lundi 15 avril, Mgr Ilario Antoniazzi se rendra à Rome où il retrouvera le Patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, et ses vicaires, pour une audience privée avec le pape François.

Mgr Ilario Antoniazzi n'a pas, encore, défini ses priorités pastorales, en tant qu'archevêque, à Tunis. Dans un entretien avec le site du Patriarcat latin, de Jérusalem, il reconnaît qu'il n'a pas une idée de la situation spirituelle dans son nouveau diocèse à Tunis : « J'ai déjà programmé une rencontre avec mes prêtres pour que je puisse mieux mesurer la réalité spirituelle et pastorale. Ensemble, avec mes prêtres, on pourra envisager le futur de cette Église. »

Il faut savoir, que l’archidiocèse de Tunis couvre tout le territoire tunisien, pour une population de 20 000 catholiques, environ. La majorité des fidèles sont des expatriés et des diplomates, mais, également, des Africains subsahariens, dont beaucoup d’étudiants, et des fonctionnaires de la Banque africaine de développement. Les Tunisiens convertis ne sont qu’une petite poignée.

À n'en pas douter, en Tunisie postrévolutionnaire, les chrétiens ont du mal à vivre leur foi.Ils se sentent, surtout, menacés par les extrémistes religieux. L'an dernier, des salafistes extrémistes ont, en effet, donné un ultimatum de 3 jours à un prêtre pour qu'il enlève la croix de l'église, dans le centre ville de Tunis, et se convertisse à l'islam, sinon il serait tenu à verser la «jizia» cet ancien impôt imposé, en terre d'islam, aux non musulmans.

En 2012, également, des salafistes se sont attaqués au cimetière chrétien de Montplaisir, à Tunis, et appelé au meurtre des Juifs et de tous ceux qui ne partagent pas leur idéologie. La basilique romaine du Kef, à l'ouest de Tunis, a été attaquée, en septembre 2011, par des éléments fondamentalistes qui considéraient ce lieu comme «blasphématoire». Ils auraient réagi à une demande d'un imam saoudien qui avait visité la ville et aurait invité les fidèles à le « reconvertir » en lieu de prière musulman.

Pourtant, et malgré les menaces multiplies des islamistes radicaux, ni le Président de la République ni Ennahdha, au pouvoir, n'ont réagi jusque là. L'Association tunisienne de soutien des minorités (Atsm), créée en septembre 2011, avait pointé du doigt les autorités et avait déploré l'indifférence à l'égard, notamment, des minorités et des victimes des jihadistes. La Tunisie, connaît, depuis la Révolution, la résurgence, d'un fanatisme religieux, de plus en plus, rigoureux, dans un climat où la religion est exploitée, politiquement, par le gouvernement et par des groupes islamistes.

En raison de ces violations de la liberté religieuse, des efforts sont faits pour inclure, la Tunisie, sur la liste américaine des « pays sous surveillance » par la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse dans le monde (USCIRF). Le gouvernement tunisien continue, pourtant, à imposer de sérieuses restrictions, quant à la liberté religieuse, menaçant, ainsi, la vitalité et la survie des minorités présentes dans le pays. Ces minorités religieuses n'osent pas se montrer, publiquement, pour prier. Il leur est, même, interdit de distribuer la Bible, aux fidèles. Les activités missionnaires chrétiennes, sur le territoire tunisien, sont interdites, tout simplement.

Par Ridha Ben Kacem le 13 avril 2013

Tunisie Focus

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