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L’UGCAA défend les boulangers et accuse les minotiers

Selon le porte-parole de l'UGCAA, le consommateur est relégué au quatrième rang des bénéficiaires des subventions après les producteurs étrangers, les importateurs et les industriels locaux. Le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, a annoncé, jeudi dernier, à partir d'Oran, la réforme du mode de subvention du pain. «Une réflexion est actuellement en cours pour dégager une formule adéquate afin de consacrer exclusivement le soutien de l'Etat au pain, par le biais d'une réforme profonde et structurelle dans ce domaine», a déclaré M. Benbada lors de la conférence de presse tenue en marge de la visite du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, dans la wilaya d'Oran. Questionné au sujet de la formule qu'il faut pour subventionner le pain, Tahar Boulenouar, porte-parole de l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), a soutenu l'idée de changement de mode de subvention.«Nous sommes contre la politique actuelle de subvention», a-t-il affirmé, appelant le gouvernement à changer de cible dans cette politique de subvention. «Il faut que la subvention arrive directement au citoyen. C'est le seul moyen pour mettre fin à toute forme de détournement», a insisté M. Boulenouar, expliquant que dans le mode de subvention actuel, le consommateur est relégué au quatrième rang, les premiers bénéficiaires étant les producteurs étrangers et les importateurs. En second lieu, viennent, selon notre interlocuteur, ceux qui détournent des quantités de farine au profit des fabricants de gâteaux et de gaufrettes. Par cette dernière catégorie, M. Boulenouar vise les transformateurs du blé tendre en farine. «Le plus gros des détournements ne se fait pas au niveau des boulangeries, mais au niveau des minoteries. La farine subventionnée part dans des usines de fabrication de gâteaux et de gaufrettes», déplore-t-il. «50% de la farine subventionnée par l'Etat n'est pas utilisée dans la fabrication du pain», a déclaré le ministre du Commerce. «Lorsque nous avons affirmé que le détournement de la farine subventionnée est entre 25 et 30%, notre déclaration a été contestée par plusieurs parties. La déclaration du ministre nous réconforte», a rappelé le porte-parole de l'UGCAA, qui n'a pas manqué de révéler que le détournement des produits subventionnés touche aussi le lait. «Plus de 30% du lait subventionné est destiné à la fabrication des produits dérivés (fromage, yaourt, etc.», révèle M. Boulenouar.   Des blés recyclés en aliments de bétail Un boulanger estime que le détournement de la farine subventionnée s'effectue en amont. «Une partie du blé tendre a été utilisée comme aliments de bétail. Des quantités de blé tendre ont été revendues par les transformateurs aux éleveurs de bétail», dénonce notre interlocuteur. Questionné sur cette dernière forme de détournement, M. Boulenouar a déclaré qu'il n'a pas de preuve, mais «ce sont des informations qui circulent depuis des années», interpellant les autorités concernées pour enquêter sur le sort des quantités de blé subventionné.  

El Watan

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