Goodbye Gbagbo, Goodluck Jonathan
Les yeux de l’Afrique francophone sont braqués sur Abidjan. Au risque d’ignorer le Nigeria et ses changements politiques qui influencent le continent.
Le président nigérian Goodluck Jonathan, Abuja, le 1er octobre 2010. REUTERS/Afolabi Sotunde
Mise à jour du 28 décembre 2011. La Cour suprême du Nigeria a rejeté le 28 décembre 2011 le recours déposé contre l'élection du président Goodluck Jonathan par le principal parti de l'opposition qui dénonce des fraudes et demande un nouveau scrutin.
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La Côte d’Ivoire. Encore et toujours la Côte d’Ivoire. Depuis six mois, les médias d’Afrique francophone n’ont que le nom de ce pays à la bouche. Ils n’ont d’yeux que pour Abidjan. Depuis un certain 28 novembre 2010, le jour du deuxième tour de la présidentielle ivoirienne. Seule l’issue de cette élection passionne.
Il est vrai que le suspens était de taille. Pendant cinq mois, la Côte d’Ivoire a eu deux présidents. Alassane Ouattara dont l’élection était reconnue par la communauté internationale, notamment par les Nations unies. Laurent Gbagbo, le président sortant dont la réélection avait été validée par le Conseil constitutionnel.
Pendant plus de quatre mois, Laurent Gbagbo s’est accroché à son trône. Seule une intervention militaire est parvenue à le déloger de son palais présidentiel. Encore aujourd’hui, les médias se passionnent pour les conditions de l’arrestation le 11 avril de Laurent Gbagbo. A-t-elle été l’œuvre des troupes françaises de la licorne ou des hommes d’Alassane Ouattara?
Une autre élection majeure
Alors que la polémique prend de l’ampleur, les médias francophones en viennent presque à oublier un autre scrutin majeur: la présidentielle au Nigeria. Le président sortant Goodluck Jonathan vient d’être réélu dès le premier tour de l’élection organisée le 16 avril. Selon la Commission électorale nationale indépendante, il aurait recueilli 57% des suffrages. Son principal rival Muhammadu Buhari n’aurait rassemblé que 31% des voix. Un résultat contesté par Muhammadu Buhari, mais ce candidat musulman a exigé la fin des émeutes postélectorales qui ont fait au moins 200 morts. Des électeurs du nord, pro-Buhari, ont manifesté pour contester le verdict des urnes. Au Nigeria, les élections débouchent fréquemment sur des violences.
Malgré toutes les difficultés postélectorales, Goodluck Jonathan sort renforcé de ce processus. Il aura été adoubé par le scrutin universel. La nouvelle est loin d’être sans importance. Le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique. Il compte plus de 160 millions d’habitants. D’ici à 2050, sa population pourrait dépasser les 300 millions. D’ores et déjà , un Africain sur cinq est Nigérian. Les Nigérians aiment à qualifier leur pays de «géant de l’Afrique». Ils souffrent parfois d’ailleurs d’un certain complexe de supériorité. «Nous sommes à l’Afrique ce que sont les Etats-Unis au monde» expliquent des Nigérians, peu enclins à la modestie.
La Fédération nigériane n’est pas uniquement une puissance démographique. Ce pays est avec l’Angola le principal producteur de pétrole du continent. Par ailleurs, le Nigeria est de plus en plus considéré comme la puissance politique de l’Afrique de l’ouest. Goodluck Jonathan a exercé de très fortes pressions sur les autres dirigeants du continent: il voulait à tout prix forcer Gbagbo à quitter le pouvoir. Goodluck Jonathan était sur la même longueur d’onde que Washington et Paris.
La réélection de Goodluck Jonathan est donc un événement considérable. D’autant plus important qu’elle marque une rupture dans l’histoire politique tourmentée de ce pays. Tout comme la Côte d’Ivoire, le Nigeria est une nation où il existe de fortes tensions entre le nord musulman et le sud chrétien.
Rivalités entre le nord et le sud
Afin d’apaiser ces conflits, les politiciens ont mis en place un système complexe de rotation du pouvoir. Les hommes du nord et ceux du sud sont sensés se relayer au pouvoir. Le sudiste chrétien Olusegun Obasanjo avait effectué deux mandats consécutifs. Son parti, le Parti démocratique du Peuple (PDP), le plus puissant du Nigeria, avait donc désigné pour lui succéder un nordiste musulman, Umaru Yar Adua. En toute logique, il devait donc effectuer deux mandats et laisser la place à un chrétien du sud. Mais le destin et surtout la santé très fragile de Umaru Yar Adua en ont décidé autrement. Il est mort en 2010, un an avant même la fin de son mandat. Le vice président, Goodluck Jonathan, a alors pris sa succession.
Goûtant visiblement ses nouvelles fonctions, Goodluck Jonathan a décidé de solliciter un mandat. Au sein de son parti, bien des dents ont grincé. Au final, les chrétiens du sud avaient pris leurs aises à Aso rock, le palais présidentiel. Après Olusegun Obasanjo, Goodluck Jonathan allait y effectuer presque deux mandats: sous le règne de Umaru Yar Adua, il exerçait déjà la réalité du pouvoir, le président sortant était trop faible physiquement pour assumer ses fonctions.
Cette alternance du pouvoir entre le nord et le sud ne va pas de soi au Nigeria. Depuis l’indépendance acquise en 1960, les «nordistes» dominaient le monde politique. Nombre d’entre eux justifiaient ainsi cette mainmise sur les institutions politiques: «Les sudistes ont déjà le pouvoir économique. Il nous faut le pouvoir politique pour maintenir un équilibre». Tel était le raisonnement de bien des nordistes.
Le spectre de la guerre
Ces préoccupations ne doivent pas être prises à la légère. De 1967 à 1970, le Nigeria a connu une guerre fratricide qui a fait près de trois millions de morts. Très majoritairement catholiques, les Ibos, une puissante ethnie du sud-est, ont tenté de faire sécession. La guerre du Biafra a marqué les esprits et profondément divisé le pays. Le fossé nord-sud s’est creusé: des centaines de milliers d’Ibos ont quitté le nord pour revenir vivre dans leur région d’origine.
Il est d’autant plus important de respecter les équilibres nord-sud que les «deux Nigeria» n’ont pas la même culture. Dans le nord, la charia est appliquée, parfois avec rigorisme. Alors que le sud est beaucoup plus influencé par le mode de vie et les valeurs occidentales.
Comment dès lors le Nigeria a-t-il évité que chaque élection présidentielle ne se transforme en bataille rangée? Comment se fait-il que le perdant de l’élection accepte le verdict des urnes? Du moins qu’il ne prenne pas les armes pour prendre d’assaut le palais présidentiel d’Aso rock.
Est-ce parce que les fraudes sont moins nombreuses au Nigeria qu’ailleurs? Difficile à croire. «Au Nigeria, dans les campagnes, on vote encore pour celui qui vous donne le plus gros sac de riz. Le candidat qui a le plus d’argent est très fréquemment le vainqueur», analyse Tunde Fatunde, professeur d’université à Lagos, la capitale économique du Nigeria.
Un modèle fédéral à l'américaine
La force du modèle nigérian réside sans doute ailleurs. Ce pays a su très tôt adopter un système politique très peu usité en Afrique francophone: le modèle fédéral. Inspiré du modèle américain, ce système fédéral a abouti régulièrement à la création de nouveaux Etats. La Fédération nigériane en compte actuellement 36. Chaque nouvelle revendication locale a pu être «calmée» avec la création de nouveaux Etats ou de nouveaux gouvernements locaux. «Ainsi, chacun peut avoir sa part du gâteau national. Ce n’est pas parce que le candidat de votre ethnie a été battu lors de l’élection présidentielle que vous avez tout perdu. Bien au contraire. Les gouverneurs des Etats ont beaucoup de pouvoir: ils gèrent des budgets considérables», souligne Michael Iteke, un enseignant du delta du Niger.
Autre pomme de discorde entre nordistes et sudistes: Lagos, la plus grande ville d’Afrique, peuplée de 15 millions d’habitants était tout à la fois la capitale économique et politique. Lagos était en passe de devenir «invivable». Les fameux «go slow» (embouteillages) ralentissaient considérablement les activités économiques. Dès les années 90, le Nigeria a donc créé de toute pièce, une nouvelle capitale, Abuja, située au centre du pays. Contrairement à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, Abuja s’est très vite imposée comme une véritable capitale politique. La présidence, les ministères, le parlement et les ambassades ont déménagé dans cette ville nouvelle.
Un géant à ne pas négliger
La fondation d’Abuja a contribué à ce que ce le Nord ait moins le sentiment d’être marginalisé économiquement et politiquement. Le système fédéral a rendu plus acceptable la victoire électorale du sudiste Goodluck Jonathan. Certes des manifestations violentes ont eu lieu dans le nord du Nigeria. Mais dans ce pays, tous les scrutins ont toujours été marqués par des violences postélectorales.
La réélection de Goodluck Jonathan va sans doute conférer davantage de poids à son pays sur la scène africaine, mais aussi mondiale. Le Nigeria aspire à un siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce pays fait de plus en plus figure de rival de l’Afrique du Sud: il veut exercer un leadership sur le continent.
Une partie de l’avenir de l’Afrique se joue aussi sur cette autre lagune. Pas la lagune ébrié chère aux Abidjanais, mais celle de Lagos. L’autre lagune. Cette autre Afrique que les francophones auraient tort d’ignorer plus longtemps.
Pierre Cherruau
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je pense qu'il n'ya plus rien à dire concernant ce pays, le Nigeria.
ici en Europe, les gens ont des clichès très forts sur ce pays qui est pourtant l'une des plus dynamiques depuis la fin de la dictature militaire en 1999. le Nigeria connait depuis le debut de l'année 2000 jusqu'à lors une croissance économique de l'ordre de 6%, l'émergence et le dynamysme du secteur financier avec l'apparition des grandes banques telsque United bank for Africa (UBA), first Bank, a en cité qu'eux. aussi, nous voyons apparait une nouvelles classe d'hommes d'affaires indigènes prosperés dans tous les secteurs d'activités du pays. Aliko Dangoté, homme le plus riche d'Afrique en 2011 selon le magazine Forbes avec 13.8 milliards de dollars, il possède la plus grosse entreprise indigènes d'Afrique du Ciment, il produit aussi des pattes, de la farine, des tomates et des fruit avec d
Cher suns25, Quel sens donnez vous au mot "indigène" dans votre discours ?
L'élection de Badluck Jonathan ne passionne pas parce que c'est encore une autre marionnette à la solde de l'occident...
Oui c'est çà , continuez à voir la main de l'occident partout. Ne soyez jamais responsables de votre destin. Dans cinquante ans c'est la chine, l'Inde ou le Vietnam qui viendront encore coloniser l'Afrique, si cela n'a dejà pas malheureusement commencé.
Pensez vous être plus intelligent que les 160 millions de Nigerians pour savoir que ce monsieur, que vous traitez de "BADLUCK" (aucun respect même pour les noms, quelle éducation), aime ou pas son pays et que tout ce qu'il fait est dicté par l'occident?
Franchement vous être à pleindre, bande de crétins panafricanistes.
Dans votre logique MUGABE mérite d'être plus au pouvoir que GOODLUCK JONATHAN et avec çà vous voulez décoloniser l'Afrique. Honte à vous, vraiment l'Afrique est mal partie pour citer RENE DUMOND.
@Generation 789:
Un français en France est un indigène, de même pour un italien en Italie, un corse en Corse, un tchadien au Tchad etc... Ce genre de réflexion suffit une bonne fois pour toutes et c'est valable pour TOUS les sites où des incultes comme vous interviennent. De plus, et enfin, ça ne gène aucun africain en Afrique.
... Croyez moi, en Afrique là où il y a de l'indigène, il y a du plaisir. Pas comme "chez vous".
@Stéphane Henry:
Même pas.
La Cote d'Ivoire, ce n'est pas le Nigeria. L'argument selon lequel il y aurait une "crise religieuse" entre un "Nord Musulam" et un "Sud Chretien" , en Cote d'Ivoire ne tient sur aucun pied, a mon humble avis. Au Niegia, par contre, Il y a des tensions entre le Nord Musulman et le Sud Chretien; ca c'est la realite connue de tout le monde entier. les preuves sont las pour attester. La Cote d'Ivoire ne peut pas etre comparee au Nigeria dans ce sense. Pas du tout. Je ne sais pas quelle evidence, fait historique, vous donne l'aisance de votre analyse. Il va falloir elaborer la-dessus, pour un peu plus de credibilite. Ou commence le Nord da la Cote d'Ivoire? Combien de Musulmans y vivent? Ou commence le Sud de la Cote d'Ivoire? Combien avons nous de Musulmans vivant dans le sud de la Cote d'Ivoire? Avez-vous ces chiffres? la seule question a laquelle nous pouvous donner une reponse deffinitive est la suivante: y a t il une ethnie, ou groupe(s) ethnique(s) a predominance musulmane? Ce serait donc les MALINKEs.Durant la crise post-electorale en Cote d'Ivoire, des mosquees ont ete bruler par des indivudus mal inteniones. il n y a pas eu de replique en brulant des eglises en Cote d'Ivoire? Au Nord de la Cote d'Ivoire, on y compte de nombreuse eglises, ou des chretien vont viennent librement. Yamoussoukro, la capitale politique la la Cote d'Ivoire, a une des plus grande mosquee du pays et situe dans le versant de la Cathedrale da la Paix construite par F H Boigny. Je ne peux meme pas compter combien de mosquee il y a dans la ville d'Abidjan. Pour ceux qui ne savent pas, Abidjan est la Capitale Economique de la Cote d'Ivoire et se situe au Sud du Pays. Y a til encore des eglises dans le "Nord Musulman Negerian?". La question merite d'etre posee. On n'a pas ce problem en Cote d'Ivoire. Qui dit mieux, Alasane Ouattara, le nouveau President est Musulman, son epouse est Chretienne. Ses enfants issues de son premiers mariage sont chretiens... Alors, de grace, laissez aux ivoiriens celebrer ce qui fait leur richesse: Savoir Vivre Ensemble. le Nigeria? C'est autre chose. Mais avec le temps, ils comprendrons qu'ils sont UN SEUL ET MEME PEUPLE.
Je ne suis pas pour une confusion entre le cas NIGERIA et le cas IVOIRIEN.
Cette analyse qui consiste à dire qu'en Côte d'Ivoire aussi bien qu'au Nigéria, il existe une forte tension entre nord musulman et sud chrétien, n'est pas vrai pour ce qui concerne le cas ivoirien.
Ce qui existe en Côte d'Ivoire, c'est un conflit foncier entre population de l'ouest forestier et population allochtone (Malinké, Senoufo, BAOULE etc) et Allogène (Burkinabé, Malien et j'en passe).
Ce problème est antérieur à la crise post électorale de 2010 en Côte d'Ivoire.
Ainsi BAOULE (Centre du pays et à majorité chrétiens) et Guéré (Ouest du pays à majorité chrétien) se sont affrontés à plusieurs réprise à l'ouest de 1990 à 1999, au temps du président BEDIE, tout comme Baoulé et BETE (Ouest du pays à majorité chrétien).
SENOUFO, LOBI et KROUMEN. Le dénominateur commun à ces affrontements était la terre pour la culture du cacao et non la réligion au NIGERIA.
Pour ce qui est du conflit post électorale, certaines voulaient en faire un conflit inter réligieux en brûlant des mosqués et en assassinant des imans (6 au total), mais jamais une réplique n'a été apportée par la communauté musulmane à l'égard des chrétiens qui d'ailleurs n'étaient pas impliqués dans ces actes.
Et jamais en Côte d'Ivoire, depuis les indépendances, il n y eu d'affrontement entre les populations sur la base d'appartenance réligieuse.