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Côte d'Ivoire - Avant de reconstruire, il faut soigner la population

La bataille d’Abidjan est terminée. L’heure est à la reconstruction en Côte d’Ivoire. Point final? S’interrogeant sur les rapports entre médias et questions humanitaires, Grotius.fr livre une analyse dérangeante sur l'inadéquation des représentations concernant la crise post-électorale ivoirienne. Sous le titre «Quatre millions d’habitants pendant quatre mois: avons-nous été réactifs à la situation sociale et sanitaire à Abidjan?», l’auteure Dominique Kerouedan, expert indépendant en santé internationale, épingle l’immobilisme des politiques, des organisations internationales, des médias mais aussi des opinions publiques face aux réalités sur le terrain et les souffrances endurées par les populations.

Pourtant des alertes, des rapports, des témoignages accablants sur la situation sanitaire et humanitaire en Côte d’Ivoire avaient sonné l'arlame dès le début mars, presqu’un mois avant que les troupes d'Alassane Ouattara n’entrent dans Abidjan. En fait, la crise post-électorale portait les germes de la catastrophe humaine qui suivit.

Certains faits graves rapportés sont presque ignorés ou n’ont donné lieu à aucune intervention résolue. C’est le cas notamment de la propagation des violences sexuelles qui frappent même les fillettes ou la croissance du nombre d’orphelins du sida et de la guerre en Côte d’Ivoire.

Des aberrations dramatiques comme l’absence de gratuité des soins conduisent à une exclusion mortelle du système de santé pour les plus démunis et fragiles, notamment les femmes en couche.

«De toute évidence la Côte d’Ivoire ne se reconstruira pas sans une aide internationale massive à la reconstruction sanitaire et sociale avant tout. Ces dimensions doivent être des priorités absolues nationales, régionales et internationales, de l’aide immédiate et de la reconstruction.»

Quatre mois après, l'heure est à la la coopération, selon Dominique Kerouedan qui préconise la réunion dans les plus brefs délais d'«une mission conjointe associant l’Etat de Côte d’Ivoire, la société civile ivoirienne, la France, l’Union européenne, la Banque Mondiale, les Etats-Unis, les agences de l’ONU et des fonds mondiaux» pour analyser et déterminer les priorités, les stratégies et les moyens à mettre en oeuvre. Maintenant.

Lu sur Grotius.fr