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Des coucous malgaches interdits en Europe

Rien ne va plus à Madagascar, en proie à une crise politique désastreuse: désormais, c'est Air Madagascar qui figure sur la liste noire des transporteurs aériens. En effet, la Commission européenne a décidé le 19 avril 2011 d’interdire d’exploitation dans les pays de l’UE de deux Boeing 767-300 de la compagnie nationale malgache, «compte tenu de manquements non résolus en ce qui concerne leur exploitation et leur surveillance».

Ces aéronefs assuraient les vols à destination de l’UE à savoir, Paris et Marseille. En revanche, ils pourraient être réaffectés sur les rotations vers Guangzhou, en Chine, et Bangkok, en Thaïlande. Par ailleurs, la décision prise par la Conférence européenne pour l’aviation civile (CEAC) sur les deux longs courriers malgaches n’affectent pas les liaisons d’Air Madagascar vers la Réunion et Mayotte, départements français desservis par d’autres appareils à vocation régionale.

A titre de consolation, certains journalistes malgaches relèvent qu’Air Madagascar fait partie d’une dizaine de compagnies épinglées «autorisées à exercer leurs activités dans l'UE tout en étant soumis à des restrictions d'exploitation strictes et à des conditions».

Bien qu’avare de commentaires sur la sanction venant de l’UE, la compagnie nationale malgache tente de relativiser sans convaincre vraiment. Selon un responsable cité par le Courrier de Madagascar, «cette nouvelle n'est jusqu'ici qu'une simple information et non une notification à l'endroit d'Air Madagascar».

L’éditorialiste de Madagascar-Tribune donne une interprétation politique à cette sanction européenne qui symbolise «l’impact économique du coup d’État sur la vie des entreprises (le président de la Haute Autorités de la Transition Andry Rajoelina a pris le pouvoir le 17 mars 2009 avec le soutien de l’armée, ndlr).

«Les problèmes actuels d’Air Madagascar sont en fait un résultat quasiment mathématique. Crise financière internationale + crise financière nationale = impact sur le tourisme = impact sur la trésorerie d’Air Madagascar. Maintenant, la Compagnie nationale traverse des zones de turbulences qui émeuvent tous les malgaches.

Mais cela ne doit pas faire oublier le sort des entreprises pillées par les gros bras, de celles qui ont fermé, des autres qui ont dû laisser partir leurs employés en chômage, ainsi que de ceux qui ont investi dans le tourisme et l’hôtellerie en prévision du Sommet de l’Union africaine et celui de la Francophonie (prévus pour 2009 et annulés en raison de la crise politique, ndlr)

Lu sur Madagascar-Tribune.com, Courrier de Madagascar