SlateAfrique

mis à jour le

Le Togo n'a plus de capotes

Si rien n’est fait, il va peut-être bientôt manquer de préservatifs au Togo. Un retard dans l’acheminement des stocks entraîne depuis plusieurs semaines une pénurie des fameux plastiques et il faut désormais parcourir plusieurs kilomètres pour se ravitailler. En outre, les prix ne cessent d’augmenter.

«Si nous devons dépenser 1.500 francs CFA (2,30 euros) pour se procurer un paquet de quatre préservatifs, combien de fois pourra-t-on en payer tout au long du mois ou de l’année?», s’interroge Augustin Dokla, le président de RAS Plus, un réseau de soutien aux personnes vivant avec le virus du sida au Togo.

En plus du prix exorbitant des capotes et face à cette pénurie, certains se mettent même à vendre des préservatifs estampillés «free» —destinés à la distribution conventionnée et gratuits, donc—, entre 100 et 250 francs CFA (entre 0,15 et 0,38 euro) la boîte de trois. Un lycéen raconte:

«J’ai planifié une opération il y a deux jours. A la dernière minute, je me suis rendu compte que je n’avais plus de préservatifs. Et quand j’ai couru pour en acheter, le vendeur m’a filé un paquet de ces condoms griffés "free". J’ai voulu jouer au malin, mais il m’a juste dit: "C’est à prendre ou à laisser". N’ayant pas le choix, je l’ai pris...»

Augustin Dokla, le président de RAS Plus fait savoir que la menace d’une pénurie prolongée de préservatifs au Togo est «un coup dur à l’ensemble de la riposte contre l’infection par le VIH, et à toute action à l’endroit d’autres personnes vulnérables». Parmi les groupes que cette crise met en difficulté, il y a aussi les travailleurs du sexe. Chez les jeunes, la rareté des capotes entraîne plutôt une prise de conscience face aux risques liés aux maladies sexuellement transmissibles. Un brin amusé, David, animateur dans une radio témoigne:

«Depuis que le plastique se fait rare sur le marché, j’ai réduit les coups. Je ne tire plus comme avant.»

Kontévi Kouassi, représentant de l’ONG américaine Population Service International/Togo chargée du marketing social et de la distribution de préservatif, a dû négocier deux millions de préservatifs chez son voisin béninois pour approvisionner le pays. La pénurie de préservatifs que connaît le Togo fait suite à celle qu’a connue le Kenya en début d’année.

Lu sur Africain24