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Pape Diouf : "La société française est discriminatoire"

L'ancien président de l'Olympique de Marseille (élite française), Pape Diouf, a déclaré, jeudi à Dakar, que la polémique sur les quotas dans le football français et l'absence de Noirs et d'Arabes dans les instances dirigeantes du football français doivent être liées au côté ''discriminatoire de la société française''.

''En vérité, c'est la société française (en elle-même) qui est discriminatoire'', a déclaré Pape Diouf, invité jeudi du Club de la Presse, de l'Association nationale de la presse sportive du Sénégal (ANPS).

Regrettant l'absence de débat de fond dans ce qui avait été appelé l'affaire des quotas dans le football français, l'ancien reporter sportif a toutefois laissé entendre que la société française a souvent fait appel aux Noirs et aux Arabes.

''Mais à chaque fois que le besoin ne se faisait plus sentir, ces derniers ont été rejetés'', a-t-il dit, rappelant l'histoire des troupes coloniales pendant les deux grandes Guerres mondiales.

Pape Diouf, qui présentait son livre autobiographique ''C'est bien plus qu'un jeu'', a rappelé que ces anciens combattants africains percevaient de maigres pensions, comparés à leurs collègues français.

Il a ajouté au traitement discriminatoire vis-à-vis des anciens combattants africains, le cas des ouvriers que la France avait fait venir pour construire son parc immobilier et pour ses usines de montage automobile dans les années 1960-1970.

''A la fin, ces familles se sont retrouvées dans les cités, à la périphérie des grandes agglomérations françaises'', a résumé l'ancien reporter sportif, estimant que sans les footballeurs noirs et arabes, il n'y aurait pas de football actuellement en France.

Pape Diouf a pointé du doigt la contradiction entre le nombre important de Noirs et d'Arabes dans les clubs français et leur absence dans les instances de décision.

L'affaire des quotas, si elle avait été bien posée, aurait pu servir, mais les gens ont préféré l'évacuer par paresse, lâcheté et/ou par commodité, a-t-il analysé.

''Il ne s'agissait pas d'évoquer, de dire oui ou non si Laurent Blanc (l'ancien sélectionneur de la France) était raciste, mais de poser le vrai débat'', a-t-il par ailleurs ajouté.

En 2011, le site Mediapart avait révélé que des dirigeants de la Direction technique nationale (DTN) et de la Fédération française de football (FFF) dont l'ancien sélectionneur, Laurent Blanc, voulaient instaurer des quotas à l'entrée des centres de formation.

Pour l'ancien agent de joueurs et ancien président de l'OM, les questions pertinentes étaient de savoir pourquoi dans un pays comme les Etats-Unis où 60 ans plus tôt, la ségrégation raciale avait court, un Noir ou un métis peut être élu à la présidence de la République, alors qu'en France on ne peut pas voir un Noir occuper une fonction de premier plan dans l'Armée ou dans une entreprise du CAC 40.

APS

Rewmi

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