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Rapport de HRW sur les sites d’orpaillage au Mali : UNE MISSION NATIONALE REFUTE LES ALLEGATIONS CONCERNANT LES ENFANTS

Mieux vaut tard que jamais, dit un adage. En décembre 2001, l'ONG internationale Human Right Watch publiait un rapport  dans lequel elle portait de graves accusations  relatives à l'utilisation des enfants sur les sites d'orpaillage dans notre pays et l'usage du mercure sur lesdits sites. Le rapport intitulé « Un mélange toxique, travail des enfants, mercure et orpaillage au Mali », avait évidemment fait réagir les pouvoirs publics à l'époque qui avaient dépêché sur le terrain, une équipe pluridisciplinaire afin de vérifier les allégations de l'ONG.

C'est pour rendre compte de cette mission que le ministère des Mines a organisé hier une conférence de presse à la Maison de la presse. La rencontre a réuni  les représentants de  plusieurs départements et organismes dont le colonel-major Allaye Diakité du ministère de la Défense et des Anciens Combattants, Moussa N'Tji Coulibaly du ministère de la Justice et membre de l'Association malienne des droits de l'homme (AMDH), Mohamed Ag Aklini de l'Administration territoriale et de l'Aménagement du territoire, et Ousmane Diallo de la Chambre des mines.

Dans son rapport de 124 page, HRW dénonçait le travail des enfants dans les sites d'orpaillage en soutenant qu'au moins 20 000 enfants travaillaient dans les mines d'or artisanales dans des conditions extrêmement dures et dangereuses et que des enfants qui n'ont parfois pas plus de six ans creusaient des puits de mine, travaillaient sous terre, remontaient des charges de minerai pesantes, et transportaient, concassaient et procédaient au panage du minerai.

Toujours selon l'ONG, de nombreux enfants travailleraient également en utilisant du mercure, une substance toxique, pour séparer l'or du minerai. Le mercure, en effet,  attaque le système nerveux central et s'avère particulièrement nocif pour les enfants.

Le colonel-major Allaye Diakité a expliqué que la mission pluridisciplinaire qui  était allée vérifier les réalités sur le  terrain, était constituée de responsables des ministères en charge des Mines, du Travail, de l'Environnement, de l'Assainissement, de la  Santé, de la Promotion de la Femme, de l'Enfant et de la Famille, du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, de l'Administration territoriale, de la Sécurité intérieure et de la Protection civile.

Des organismes comme l'AMDH, le Bureau international du travail (BIT), l'UNICEF étaient aussi représentés. Du 22 décembre 2011 au 8 février 2012, la mission s'était s'est rendue dans les régions de Kayes, Koulikoro et Sikasso, plus précisément dans les cercles de Kangaba, Kéniéba et Yanfolila. Sur les sites, l'équipe avait procédé par observation directe et par des interviews.

Les animateurs de la conférence de presse d'hier ont confirmé la présence d'enfants sur les sites d'orpaillage. Mais ils ont démenti les allégations de HRW quant aux travaux assignés à ces enfants. Ceux-ci accompagnent leurs parents sur leur lieu de travail comme il est de tradition dans nos sociétés. Il arrive qu'ils imitent les grandes personnes travaillant. Il faut alors parler de socialisation des enfants et non d'exploitation.

L'un des conférenciers s'est dit convaincu que l'initiative de Human Right Watch est un complot contre l'or  du Mali. « C'est juste pour dire que l'or du Mali est tâché de la sueur et du sang des enfants », a-t-il dénoncé.

En ce qui concerne, l'utilisation du mercure dans les mines traditionnelles, les conférenciers en confirment la réalité. La vente de ce produit est d'ailleurs libre surtout sur les sites dans les cercles de Kangaba et Kéniéba et aux abords des  fleuves Falamé, Bagoé et Sankarani.  Mais, assurent-ils, les enfants ne détiennent ni ne manipulent le mercure.

A la conférence de presse, une même question taraudait les esprits : pourquoi les pouvoirs publics ont-ils attendu tout ce temps pour rendre compte de la mission ? La raison simple, ont répondu les conférenciers : le coup d'Etat du 22 mars 2012 qui a plongé notre pays dans une crise sans précédent.

L'Essor pour sa part avait publié un article le 21 février 2012 sur le rapport de Human Right Watch et sur la contre-enquête des pouvoirs publics. Cet article qui avait pointé les faiblesses des accusations portées par l'ONG avait suscité à l'époque un droit de réponse de Human Right Watch (l'Essor du 27 février 2013), lequel droit de réponse n'apportait aucun élément nouveau par rapport au rapport contesté.

Fatoumata NAFO

 

 

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