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Financement du secteur eau : LA TABLE RONDE DE LA RELANCE

Cette rencontre qui  se tient ce mois-ci à Bamako, concrétisera les annonces de mobilisation des ressources promises par les bailleurs de fonds  

L'accès à l'eau potable est une composante majeure de la politique générale du gouvernement. Cette dynamique est sous-tendue par de nombreuses initiatives qui visent à améliorer la desserte en eau potable du plus grand nombre de nos compatriotes. Le processus de réforme institutionnelle de la société Energie du Mali (EDM) constitue l'un des actes majeurs mené dans ce sens par les pouvoirs publics. La mise en ½uvre de cette stratégie nationale de promotion du secteur eau a conduit en 2009 à la séparation des services « énergie » et « eau » avec la création des Sociétés maliennes de patrimoine de l'eau potable (SOMAPEP) et de gestion de l'eau potable (SOMAGEP). Ces deux entités ont désormais en charge la promotion et le développement du secteur de l'eau dans notre pays.

« L'objectif de la réforme institutionnelle de EDM est de contribuer à l'amélioration de la desserte en eau. Cela passe aussi par le renforcement des capacités productives en eau, elles-mêmes tributaires d'un financement conséquent pour la conduite des travaux coûteux pour le budget national », analyse un responsable du département de l'Energie et de l'Eau. Il explique le bien-fondé du processus de réforme institutionnelle du secteur « énergie et eau » par un besoin urgent d'améliorer le taux d'accès de nos populations aux services hydriques. Le processus est aussi destiné à aider à la mobilisation de bailleurs de fonds pour le financement des deux secteurs.

La réforme institutionnelle des secteurs eau et énergie a retenu l'attention aussi bien des autorités que des partenaires au développement. Les accords de partenariat conclu entre notre pays et ses partenaires techniques et financiers totalisent plusieurs milliards de Fcfa au cours de cette dernière décennie. Ces relations de coopération bilatérale et multilatérale sont à l'origine de la mise en ½uvre de projets de renforcement des capacités productives grâce à la réhabilitation et la construction d'ouvrages hydriques dans le cadre du processus de la réforme institutionnelle.

Parmi ces projets, l'on peut citer entre autres la construction de stations compactes à Missabougou et Kalabancoro. Ces deux projets sont en cours de réalisation à travers un financement respectivement de l'Agence française de développement (AFD) pour 8,1 milliards de Fcfa et  de la Banque islamique de développement (BID) pour 8,4 milliards de Fcfa.

Les infrastructures issues de ces projets s'inscrivent dans la stratégie d'urgence et sont destinés à soulager le stress hydrique. Ce dispositif devra être consolidé dans les mois à venir par la mise ½uvre de l'ambitieux « Projet d'approvisionnement en eau potable de la ville de Bamako à partir de la localité de Kabala ».

Ce dernier projet a bénéficié de l'engagement des partenaires techniques et financiers au cours des différentes rencontres qui se sont déroulées ici à Bamako. La dernière en date est celle d'avril 2012. Au cours de ces assises, les bailleurs de fonds se sont engagés à apporter environ 165 milliards de Fcfa pour implanter une station de pompage dans la zone de Kabala dans le cadre du projet du même nom. Parallèlement, la construction de stations compactes a été entreprise à Kalabancoro et Missabougou pour produire 30.000 mètres cubes en sus à la production journalière d'eau potable de la capitale.

 

UN RALENTISSEMENT CERTAIN. Les bailleurs de fonds sont restés constants dans leur démarche en faveur de notre pays dans la quête du mieux être des populations par l'amélioration de la desserte en eau potable. Mais la lenteur des décaissements contraste avec leur constance.

Aujourd'hui le taux de décaissement pour les projets de Missabougou et de Kalabancoro est, respectivement, de l'ordre de 18 et 14 %. Quant au projet structurant de Kabala, l'on est encore au stade des annonces. Pour le moment, aucune ligne de crédit n'a été ouverte par les bailleurs de fonds.

Le président directeur général de la SOMAPEP, Adama Tiémoko Diarra, impute cette situation aux événements de mars dernier qui ont provoqué la suspension de la coopération au développement en direction de notre pays. La faiblesse des taux de décaissement pour la conduite des projets constitue un handicap majeur. Car, il faut préciser que le mécanisme de financement répond aux règles de contrat de marché qui lie la SOMAPEP aux adjudicataires des marchés. Les décaissements ou les règlements des créances s'effectuent en fonction des décomptes adressés aux bailleurs. Les documents relatifs aux accords de coopération avaient été élaborés et envoyés par le gouvernement aux conseils d'administration des bailleurs pour approbation. Ce mécanisme fonctionnait à merveille jusqu'aux événements de mars qui ont privé notre pays d'importantes ressources extérieures, explique Adama Tiémoko Diarra.

Les PTF, assure-t-il, tiennent toujours leurs engagements. D'ailleurs une table ronde est prévue à Bamako en ce mois d'avril. Cette rencontre avec les bailleurs constitue une ultime étape pour la concrétisation des annonces faites par les PTF lors des dernières rencontres, souligne le patron de la SOMAPEP. « La rencontre d'avril devrait aboutir à la signature d'accords de prêt, un préalable à l'entame du mécanisme de décaissements. Ce qui donnera un coup de fouet aux différents projets, notamment ceux de la construction des stations compactes de Missabougou et de Kalabancoro. Ces ouvrages doivent être opérationnels en 2013 », annonce-t-il.

Les travaux de ces infrastructures sont en bonne voie. Les projets se déroulent en deux phases. Toutes les énergies sont pour le moment concentrées sur la construction des ouvrages de production (stations compactes). Cette première phase sera suivie dans les mois à venir des travaux de construction d'infrastructures de stockage, comme les châteaux d'eau et des ouvrages de distribution à travers la réalisation et l'extension des réseaux de canalisation, indique le PDG de la SOMAPEP.

La mise en ½uvre de ces projets traduit l'engagement des pouvoirs publics pour un secteur qui, de par sa nature, s'inscrit dans une logique de respect du droit élémentaire d'accès à l'eau potable. Nos compatriotes du septentrion en résument l'importance en ses termes : « Aman, iman » (l'eau, c'est la vie, ndlr). Un droit à l'existence pour lequel sont désormais engagés les partenaires aux côtés de notre pays.

L. DIARRA

L'essor

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