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Mozambique : le chef de la Renamo menace à nouveau d'attaquer

GORONGOSA (Mozambique) (AFP) - (AFP)

L'ancien commandant rebelle de la guerre civile au Mozambique Afonso Dhlakama a de nouveau menacé, mercredi, d'attaquer les forces gouvernementales si le président Armando Guebuza ne leur donnait pas l'ordre de s'éloigner de son camp de base.

"S'il ne se replie pas dès aujourd'hui, j'ordonnerai une attaque", a-t-il affirmé, depuis son campement fortifié situé en brousse, dans le centre du Mozambique.

Le chef des ex-rebelles de la Renamo a reconnu qu'il avait commandité l'attaque du 4 avril contre un poste de police qui avait couté la vie à quatre policiers, dans la localité de Muxungue (district de Chibabava, centre).

Il a indiqué que l'attaque constituait une riposte à l'arrestation de 15 membres de la Renamo lors d'une descente de la police dans des bureaux de cette formation.

"J'étais au courant et j'ai autorisé" cette attaque, a dit l'ex-commandant rebelle, ajoutant qu''il avait demandé à ses militants de "faire la guerre".

M. Dhlakama a nié, en revanche, toute responsabilité dans une attaque durant le week-end au cours de laquelle trois civils ont été tués, la qualifiant d'"accident".

La tension ne cesse de monter entre l'ancien chef rebelle et le président Guebuza qui avaient signé à Rome en 1992 un accord de paix, mettant fin à une guerre civile de 15 ans.Ce conflit avait ensanglanté ce pays de 23 millions d'habitants aujourd'hui, en faisant un million de morts.

Les analystes ont minimisé jusqu'à présent la portée des menaces proférées par ce leader d'opposition politiquement affaibli et qui a repris le maquis avec une poignée de vétérans nostalgiques de la guerre civile.

En novembre, l'ex-rebelle, reconverti à la vie politique depuis le retour de la paix, s'était dit prêt à "détruire le Mozambique" si le parti au pouvoir, le Frelimo, ne consentait pas à des réformes du système électoral pour partager davantage le pouvoir et la manne économique issue des gisements de charbon et de gaz.

Les récents accrochages font désormais craindre que ces menaces puissent être mises à exécution.

Répondant à des journalistes, M. Dhalakama a lancé : "je ne suis pas là pour subir un interrogatoire, je ne suis pas le commandant d'un bataillon, je suis un dirigeant, le président".

L'ex-commandant a également dit avoir reçu il y a trois jours une proposition de pourparlers de la part du président Guebuza.

Mais, il a écarté la possibilité d'un tête-à-tête, réclamant au préalable la libération des 15 membres arrêtés de la Renamo.

Africa n°1

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