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L’Essor supplément du quotidien national : Analyse : L’AVENIR SORT DES NUAGES

Depuis un an, notre pays suscite des jugements définitifs ou apitoyés souvent mérités mais qui font peu cas de nos capacités démocratiques de rebond. A condition d'améliorer un leadership décevant jusqu'ici

L'Histoire est une discipline paradoxale : de sa matière première constituée de faits passés, donc théoriquement irréfutables, elle tire pourtant des analyses qui se contredisent, des interprétations qui s'opposent frontalement, des points de vue qui se tournent radicalement le dos. Même à la lisière de l'actualité, lorsque la masse d'informations disponibles et fiables est conséquente, la réflexion peine à accorder ses violons. Dans ce cas, qui est celui du Mali de ces derniers mois, le recul moindre conduit à l'éparpillement des vérités. Le coup d'Etat du 22 mars 2012 et son interminable chapelet de conséquences directes et indirectes ont ainsi donné lieu à une aussi longue procession de jugements lapidaires, verdicts expéditifs et sentences caricaturales. On en a entendu de vertes sur « l'échec de 20 ans de démocratie », « l'imposture malienne », « la démocratie en trompe l'½il » et, tout dernièrement, « la fiction de démocratie ». Les pourfendeurs de l'expérience démocratique et des élites qui l'ont animée (et en ont largement profité) avaient de solides raisons de commander cette montée à l'échafaud, comme nous le verrons un peu plus loin, mais une part de leurs motivations était vraisemblablement dictée par le sentiment d'avoir été floué, la colère de l'admirateur trompé par un modèle séduisant qui n'a pas tenu ses promesses.

Leur dépit s'est accentué au spectacle des réactions suscitées par le putsch et des lamentables errements qui ont émaillé la Transition.

UN AIRBAG REPUTE. Les Maliens dans leur grande majorité ont aussi cédé à la facilité de jeter le bébé avec l'eau du bain sous le coup d'une double déception. La première est venue du coup d'arrêt infligé à une expérience politique à laquelle ils s'étaient accoutumés et voulaient croire en dépit de ses lacunes. Le triste spectacle infligé par ceux à qui ils avaient confié leurs destinées a achevé de plomber leur moral sur ce point. La seconde déception, plus lourde, a accompagné le crash de la plus grande fierté malienne : le séculaire « vivre ensemble », un airbag réputé amortir tous les chocs sociaux. Celui-ci n'a pu résister à la violence de la bourrasque balayant le nord si bien que le pays, orgueilleux de la cohabitation de ses communautés, a été coupé en deux de la pire des manières : à la suite d'une défaite militaire. Le traumatisme a été profond car les Maliens ont alors été meurtris à un endroit particulièrement sensible de leur psyché : l'estime de soi. Rien n'arrive par hasard, aime-t-on professer dans notre pays. Cette conviction et une forme de conformisme intellectuel ont tressé une grille de lecture des évènements privilégiant une espèce de déterminisme, une sombre fatalité commandant un enchainement inexorable jusqu'au putsch et à l'occupation du nord du pays. La mauvaise gouvernance, le délitement de l'Etat, les carences de la démocratie, les fautes des dirigeants, la corruption et l'impunité, l'affaiblissement de l'armée, la rébellion au nord s'emboiteraient dans une relation logique de cause à effet jusqu'au big bang du 22 mars ? L'explication est commode, pas fausse et plutôt rassurante car elle établit, qu'un an plus tard, on a tout compris. Est-ce le cas ? Non, si on ne fait pas la différence entre les facteurs qui ont miné l'Etat, facilitant ce qui allait survenir, et les éléments qui ont directement provoqué son effondrement. Les premiers ne sont pas l'apanage de notre pays. Il suffit d'observer nos voisins pour relever aussi des dérives graves dans la gouvernance, un exercice solitaire du pouvoir au plus haut sommet de l'Etat, des niveaux

L'essor

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