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Le Ps aux heurts de la succession de Tanor Dieng

Au Parti socialiste, l'heure est officiellement à la préparation du congrès de juillet prochain. Mais officieusement, le parti vit aux heurts de la succession de Ousmane Tanor Dieng qui a récemment déclaré qu'il ne serait pas candidat à la Présidentielle de 2017. Une difficile réalité qu'on préfère passer sous silence et dont L'Observateur porte sur la place publique.

«Quelle que soit la formule utilisée, je ne serai pas candidat en 2017.» Tanor l'a balancé en pleine lucarne. Un cadeau d'indépendance livré dans une boîte cathodique et en prime time sur la 2STV, un soir de 03 avril 2013. Le peuple socialiste ne pouvait mieux commencer la fête du 53e anniversaire de l'accession du Sénégal à la souveraineté internationale. Sur le coup, on s'est dit que c'était trop beau pour être vrai. On a d'abord cru à un lapsus linguae du Secrétaire général du Parti socialiste. Puis, avec le ton et la fermeté du discours, on était surpris d'avoir entendu la bonne intention du successeur décrié d'Abdou Diouf à la tête du Ps. Quelle délivrance !

Dans les rangs du Parti socialiste sénégalais, les mots ont vite soulagé des maux. Ils ont réouvert la boîte à pandore et relancé les candidatures à la succession de Ousmane Tanor Dieng. Mais après une longue nuit à rembobiner le film de cette déclaration libératrice, le jour s'est levé à Colobane, siège du Ps à Dakar, sur une grande fissure. Un fossé abyssal qui sépare deux camps qui se sont depuis des années regardés en chiens de faïence et dont le laïus émancipateur du chef n'a fait que cloquer les antagonismes, bouffir les sentiments d'adversité entre pros et anti-OTD.

D'un côté comme de l'autre, on a vite fait d'aller chercher du militant pour gonfler les rangs et se préparer à la prochaine guerre des primaires (voir encadré), premier obstacle sur la route de la Présidentielle 2017, au Ps. Une bataille qui se tiendra dans moins de quatre ans, mais qu'il faut engager dès à présent pour avoir une longueur d'avance sur ses possibles adversaires. Mais si, à part les accusations de la rumeur qui fait état des candidatures de Khalifa Sall et Me Aïssata Tall Sall, le seul socialiste, qui a déclaré ouvertement sa candidature à la succession de Ousmane Tanor Dieng, reste Mamadou Faye, cadre socialiste de Fatick et ancien ministre sous Diouf.

A part lui, tous les autres ont émis leur volonté de succéder à Tanor avec des si... Tous de supposés proches de l'actuel Secrétaire général du Ps qui auraient plus fait leur déclaration pour montrer aux autres (les anti-Tanor) que même si le socialiste en chef venait de ne plus être le guide électoral du Ps, la place ne serait offerte à quiconque. Et en attendant l'allongement de la liste et l'ouverture des velléités, 6 grands responsables se sont déjà présentés pour le moelleux strapontin de patron du Parti socialiste sénégalais et probables candidats des verts à la Présidentielle de 2017.

Les potentiels successeurs

KHALIFA SALL. De tous les noms évoqués dans la liste de succession à Ousmane Tanor Dieng, il est celui qui revient le plus. Khalifa Sall, responsable chargé de la vie politique du Ps et maire de Dakar, a toujours été présenté comme l'adversaire de Tanor Dieng et son potentiel successeur aux destinées des socialistes sénégalais. L'allusion a commencé aux lendemains de la cinglante défaite du Ps à la Présidentielle de 2007. Le peuple socialiste qui ne pouvait pas digérer la débâcle a commencé à cogiter sur un potentiel remplaçant de leur guide. Et avec la victoire de Khalifa Sall lors des Locales de 2009 (sous la bannière de Benno Siggil Senegaal), les verts ont cru avoir mis la main sur celui par qui passera leur retour aux affaires étatiques. Depuis, les positions de Tanor et Khalifa divergent sur la place publique et le maire de Dakar est peint sous les traits du premier adversaire de l'actuel Secrétaire général du Ps. Et même s'il n'a jamais fait de déclaration évoquant sa volonté d'être le nouveau guide électoral du parti, Khalifa est présenté comme le probable candidat du Ps à la Présidentielle de 2017.

AISSATA TALL SALL. Tout comme le maire de Dakar, la première magistrate de la ville de Podor est aussi pressentie comme la remplaçante de Ousmane Tanor Dieng. Mais, comme Khalifa Sall, Aïssata Tall Sall ne s'est pas encore manifestée. Seulement, avant la Présidentielle de 2012, l'avocate avait laissé entendre que le Ps n'a pas de candidat naturel. Une déclaration qui avait poussé certains à soupçonner une ambition présidentielle chez la dame de fer du Ps. Aujourd'hui, députée à l'Assemblée nationale et membre du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar, la «Ségolène Royal» du Ps sénégalais n'aurait qu'un seul rêve : devenir candidate du Parti à la prochaine Présidentielle.

SERIGNE MBAYE THIAM. Sa proximité avec Ousmane Tanor Dieng est un secret de polichinelle. L'actuel ministre de l'Education nationale est même considéré comme le bras droit du leader du Ps. Et pour beaucoup de responsables socialistes (anti-Tanor évidemment) si l'actuel Secrétaire général du parti n'a pas encore quitté son fauteuil même s'il a déclaré qu'il ne sera pas candidat en 2017, c'est pour préparer le terrain à Serigne Mbaye Thiam, l'un des rares responsables socialistes qui, selon des indiscrétions, l'obéit à l'½il et au doigt.

BARTHELEMY DIAZ. Dans un entretien accordé à L'Observateur, publié le vendredi 14 septembre 2012 (édition n°2696 Ndlr), le maire socialiste de Mermoz-Sacré C½ur, Barthélémy Diaz, exhortait à être cité parmi les successeurs de Ousmane Tanor Dieng. Bien sûr, si son patron venait à libérer de son propre gré son fauteuil. «Je vous demande de rajouter mon nom et probablement d'autres noms (...). L'ambition est le moteur de la vie. Ce n'est pas parce qu'on se tait qu'on n'a pas d'ambition. J'ai de l'ambition pour le Ps et le Sénégal. Je le dis haut et fort, de 2000, année de l'arrivée du Ps dans l'opposition, à nos jours, je défie n'importe quel responsable de dire qu'il a fait autant, sinon mieux que moi. Personne n'est plus méritant que moi. Je ne suis pas né pour suivre (...)», disait le responsable des jeunes socialistes.

AMINATA MBENGUE NDIAYE.
L'actuelle mairesse de Louga et ministre de l'Elevage, Aminata Mbengue Ndiaye, est aussi partante pour succéder à Ousmane Tanor Dieng avec qui elle est très liée. Comme Barth, elle a émis son v½u lors d'un entretien dans L'Observateur n°2722, paru le lundi 15 octobre 2012. «Moi-même je me positionnerai, si Tanor Dieng nous déclare qu'il veut partir. S'il dit qu'il ne veut plus être à la tête du parti, je me positionnerai comme tous les autres.» La responsable des femmes du Ps est claire dans sa position !

MAMADOU FAYE. C'est le moins populaire de tous les potentiels candidats. Militant socialiste de la 1re heure pour avoir intégré le Bureau politique du Ps à l'âge de 17 ans, l'ancien ministre sous Abdou Diouf veut aussi succéder à Tanor à la faîtière du Ps et devenir probablement son candidat en 2017. Il a profité d'une conférence de presse dans son fief de Fatick, le 13 janvier 2013, pour annoncer sa candidature.

Qui peut être candidat du Ps à une élection ?

D'après les statuts et textes du Parti socialiste (Ps), modifiés en 2007, le Secrétaire général n'est pas forcément le candidat du parti à une élection. Tout responsable qui le désire peut déclarer sa candidature pour une élection présidentielle. Le Secrétaire permanent du Ps, Cheikh Sèye renseigne que la candidature au sein du Ps est libre, même si dans le principe, c'est le Secrétaire général qui est le candidat du parti. «S'il y a au moins deux candidatures, nos textes prévoient des primaires pour les départager, mais en principe, c'est le Secrétaire général qui est le candidat du parti. A toutes les élections, de Senghor à maintenant, c'est le Secrétaire général qui a été le candidat du parti», explique Cheikh Sèye. Il ajoute : «Mais même si la candidature est unique, elle procède d'une émanation de la base qui la valide d'abord par un vote formel au niveau de toutes les coordinations.»

L'OBSERVATEUR

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