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ABDOU AZIZ MBACKE DAROU TANZIL :"LE SÉNÉGAL A LA POTENTIALITÉ DE SE DÉVELOPPER"

LE SÉNÉGAL A LA POTENTIALITÉ DE SE DÉVELOPPER
Le Sénégal est bordé à l'ouest par l'océan Atlantique, au nord par la Mauritanie, à l'est par le Mali, au sud par la Guinée-Bissau et la Guinée. Dans le sud du pays, la Gambie constitue une enclave tout en longueur. Ça va faire bientôt un demi-siècle depuis son indépendance (déclarée en 1960), pourtant l'économie de ce pays aux énormes potentialités tarde toujours à connaître son décollage. Au même moment, d'aucuns citent l'exemple des pays qui émergent aujourd'hui alors qu'ils n'étaient pas plus dotés en ressources naturelles que ne l'était le Sénégal au lendemain des indépendances. Cela pour dire que le « facteur naturel » peut constituer un avantage économique mais son absence ou insuffisance n'est pas une fatalité. Donc faudrait -il voir les causes du blocage du système économique sénégalais ainsi que ses perspectives de s'extirper du cercle vicieux du sous-développement. Le retard du Sénégal sur le plan économique s'explique, entre autres, par l'insuffisance de formation professionnelle des jeunes sur les créneaux de développement, la désarticulation des secteurs d'activité et l'inadéquation des politiques économiques mises en place par le gouvernement.

En effet, depuis les indépendances, le Sénégal a hérité d'un système d'éducation et de formation qui satisfait peu ou pas du tout les demandes des créneaux de la croissance économique tels que l'agriculture, l'élevage, la pêche... . Ainsi, existe-t-il sur le territoire national peu de centres de formation en ingénierie agronome et de programmes semblables en économie rurale qui permettraient véritablement d'optimiser les rendements agricoles.

En plus, les secteurs primaire et secondaire sont désarticulés : c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'interdépendance entre eux. L'industrie sénégalaise, avec ses 23% du PIB, s'approvisionne essentiellement en matières premières de l'extérieur et n'emploie que 7,5 % de la population active. Pendant que le secteur primaire ne produit que 16% du PIB mais sa part est prépondérante dans la population active, soit 76%. Le reste des pourcentages revient au secteur tertiaire : 61% du PIB et 16,5% de la population active.

Donc, l'inexistence de système de production consolidé entre ces secteurs entraine l'absence de débouchés pour les produits agricoles, et par ricochet, rend la pauvreté chronique surtout dans le monde rural. Même les quelques transactions qui existent entre les industriels et les agriculteurs se font au détriment de ces derniers. Comme en témoigne la fréquence des problèmes de paiement auxquels ils sont confrontés.

Il s'y ajoute que les politiques économiques mises en place par le gouvernement bien qu'étant ambitieuses manquent de pertinence. En effet, dans le dessein de lancer l'économie, l'Etat a baissé le taux d'impôt sur les sociétés à 25%, mis en place une agence pour la promotion de l'investissement, engagé des grands travaux.... Aucune de ces mesures n'a permis d'atteindre de manière effective les objectifs escomptés. L'essentiel des investissements qui ont été réalisés (grâce à ces politiques) vise les industries extractives dont les retombées économiques sur le niveau de vie de la population dans son ensemble sont presque négligeables.

Malgré tous ces problèmes que nous avons cités, le Sénégal a toujours la possibilité d'être un pays émergent.



Nombreuses sont les possibilités pour véritablement booster l'économie sénégalaise : la dynamisation du secteur primaire, l'articulation des différents secteurs économiques, et la valorisation de la laïcité et de la stabilité politique, etc.

D'emblée, il convient de dynamiser tout le secteur primaire (l'agriculture, la pêche, l'élevage, le maraîchage, l'artisanat...) notamment par l'intensification de l'agriculture.

En effet, le Sénégal a une superficie de 196 722 km2. Il est traversé par le sahel au nord, les savanes au centre et les forêts denses et humides à l'extrême sud du pays. L'hydrographie est constituée essentiellement de fleuves, le Sénégal au nord, le Sine-Saloum au centre, la Gambie et la Casamance au sud. Ces fleuves sont sujets aux variations saisonnières, en particulier le Sine-Saloum. Tout cela forme autant d'avantages pour permettre l'irrigation sans citer la plénitude du relief et l'importance des réserves de surfaces cultivables. Ainsi, l'irrigation est-elle déterminante dans l'intensification et l'extension de l'agriculture en ce sens qu'elle permettrait de combler le déficit des récoltes dû par le climat tropical caractérisé par une longue saison sèche. Encore faudrait-il qu'il y ait une parfaite implication de l'Etat dans la formation et l'encadrement des agriculteurs, la facilitation des crédits agricoles, l'instauration de circuits de production efficaces...

Après avoir fait du secteur primaire le socle de la croissance, l'effort doit continuer en amont avec les autres secteurs économiques. Il s'git de faire de l'agriculture une activité périphérique autour de laquelle vont se créer des industries agroalimentaires. Avec la dynamique entraînée par une telle synergie, la croissance va effectivement se manifester au niveau du PIB et du revenu par tête d'habitant, étant donné que le secteur primaire regorge en lui seul 76% de la population active. A terme, il y'aurait une remontée des filières : passage d'une économie agricole à une économie industrialisée comme c'est le cas en Korée.

L'application de ces mesures économiques suppose l'existence d'un climat sociopolitique propice ; d'où la nécessité de valoriser la laïcité et la stabilité politique. Si le Sénégal est épargné jusqu'ici à des crises politiques, c'est, entre autres grâce, à ces valeurs. Ainsi, leur préservation et leur promotion deviennent une obligation de tout patriote. Il y va de l'intérêt national.

Globalement, nous pensons que ces facteurs sont des conditions sine qua non pour mettre notre cher pays sur le chemin de la croissance économique et du développement.



ABDOU AZIZ MBACKE DAROU TANZIL source dioumada.com

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