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Algérie-Maroc : un oued qui charrie des tensions

Les eaux usées entraînées par l'oued Bouchtate au Maroc oriental est à l'origine de la pollution des terres algériennes frontalières (Maghnia). Un problème récurrent à chaque fois qu'il y a des pluies importantes. Un débordement déplorable qui porte préjudice à la qualité de la nappe phréatique avoisinant certaines cultures maraîchères, aux conditions sanitaires et d'hygiène de la population, à l'élevage et à l'aspect environnemental», témoignent avec courage des habitants de cette région de l'est marocain, au journal marocain l'Economiste du 8 avril dernier. Ils expliquent que «ces eaux saumâtres, aux miasmes putrides ont submergé terres agricoles et réseaux routiers et se déversent au-delà de la frontière algérienne (à proximité de Maghnia, ville située à 24 km d' Oujda) ce qui crée des tensions avec nos voisins». Au niveau de l'oued Mouillah, sur le territoire algérien, en aval d'Oujda (Maroc) la pollution des eaux est visible à l'½il nu. La cause principale est, selon des investigations menées il y a quelques mois de l'autre côté de la barrière, due à ce boom «économique» de 1990 où il a été implanté pas moins de 6 fabriques aux abords de l'oued Bounaïm (des usines de détergents, de batteries et des tannerie). «Toutes ces fabriques déversent leurs déchets toxiques vers notre pays. Des métaux lourds ont été détectés au niveau du barrage de Hammam Boughrara, pollué à un degré très élevé», a indiqué un responsable de l'environnement de la wilaya de Tlemcen. Et d'ajouter : «L'Etat algérien a déboursé pas moins de 22 millions de dollars pour les systèmes d'irrigation de cette région et maintenant on constate que les nappes phréatiques ont été aussi touchées par les produits toxiques.» Les habitants marocains corroborent ces assertions. «Les cultures sont touchées, des animaux sont morts et il existe des nuisances sur la santé et des nuées d'insectes dans toutes les localités.» Et si du côté algérien on n'a dénombré que très peu de pertes chez les animaux, en revanche, les nuisances de toutes natures sont bien perceptibles dans cette région de l'extrême Ouest algérien. L'Economiste, qui ne met pas de gants pour dénoncer cette situation alarmante précise que : «Les eaux usées contiennent tous les micro-organismes secrétés avec les matières fécales : bactéries, virus, protozoaires et helminthes. Pourtant, les eaux rejetées dans l'oued Bouchtate peuvent être traitées à la station d'épuration au lieu de se perdre ainsi dans la nature.» Ce problème, qui dure depuis 23 ans et qui pourrit les relations entre les deux pays, est-il volontaire ou est-il dû aux caprices de la nature ? Des  responsables de la Régie autonome intercommunale de distribution d'eau et d'électricité d'Oujda, se gardant de provoquer qui que ce soit, s'en défendent : «L'eau transvidée dans l'oued Bouchtate est une eau pluviale. Mais il est possible que l'eau pluviale, en cas de fort débit, entraîne avec elle des eaux usées. Cela ne représente que 10% de la totalité des eaux déférées», 10% que les agriculteurs et les citoyens de la région de Maghnia reçoivent en plein visage.    

El Watan

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