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«Il n’y a rien d’anormal dans la redistribution des richesses, l’essentiel est qu’elle soit équitable»

- Plusieurs syndicats de différents secteurs ont décidé de recourir à des protestations pour réclamer des augmentations de salaires et une justice sociale. Pourquoi cela monte en puissance en ce moment ?   Toute société humaine est par essence dynamique. Il n'existe pas ainsi de société amorphe, figée. Le calme qu'on peut observer parfois est toujours trompeur. L'actuelle «ébullition» est, à mon sens, induite par un «ras-le-bol» de certains segments de la société. La recherche d'une «justice sociale» est louable et légitime, quand on sait que la «justice» est un système qui fonctionne selon des principes consacrés par la Constitution. Quant aux revendications liées aux augmentations salariales, il faut admettre qu'elles étaient attendues, surtout après que l'Etat ait procédé à des réajustements pour certaines catégories de fonctionnaires, tandis que d'autres ont été oubliées. Les protestations provenant de divers secteurs font partie de la logique des luttes des salariés.   - La grogne est générale, mais le fait nouveau est l'émergence du mouvement de protestation dans le Sud...   Les mouvements sociaux venant des populations des régions du Sud, par contre, sont un événement majeur qu'on ne saurait minimiser. Il y a réellement une certaine équité territoriale à mettre en ½uvre. Il y avait un «plan de développement» pour ces régions. Certes, il y a eu des réalisations, mais nous n'avons pas eu, à ce jour, l'opportunité de faire une évaluation de ce programme. Je ne pense pas que ces régions soient passives, disons qu'elles évoluent selon leur dynamique propre, elles ont été très combatives par le passé.   - Sur le plan social, les pouvoirs publics débloquent, chaque année, de l'argent, mais la contestation est permanente. A votre avis, a quoi est dû cela ?   L'aisance financière actuelle autorise, certes, des largesses et aussi beaucoup d'initiatives économiques, sociales et culturelles. N'importe quel pouvoir aurait agi de la sorte. Il n'y a rien d'anormal dans la redistribution de la richesse, l'essentiel est qu'elle soit équitable.   - Mais chez nous, l'injustice se situe, selon les protestataires, à ce niveau ; il n'y a pas d'équité dans la distribution de la richesse...   Vous savez, dans aucune société, il ne peut y avoir une «égalité des salaires» encore moins une égalité entre les «couches sociales». Les salaires sont établis en fonction d'une grille «hiérarchisée», de même que les «couches sociales». Elles sont hiérarchisées selon des échelles : il y a des discriminations. Absence d'équité dans le traitement ou dans l'allocation des ressources qu'on peut dénoncer et traduire devant les tribunaux.   - Actuellement, nous assistons à un déballage des affaires liées à la corruption, au détournement... Ces phénomènes ne sont pas pour quelque chose dans ce regain de grogne sociale ?   Les affaires de corruption et autres s'inscrivent dans un nouveau mode de gouvernance (j'espère) qui se met petit à petit en place en Algérie. Ces pratiques immorales ne sont pas généralisables. Je ne pense pas que les mouvements sociaux présentent les mêmes motivations. Au contraire, l'observation du social montre une très forte indignation devant de tels dépassements.   - Les pouvoirs publics font la sourde oreille et par la suite ils se retrouvent contraints de chercher des solutions dans l'urgence. Ne pensez-vous pas que le pouvoir n'a aucune visibilité ?   Je ne pense pas. Vous convenez qu'elles sont nombreuses les revendications qui ont été satisfaites. D'autres restent encore en suspens, ce qui provoque un certain malaise social. Y a-t-il réellement une «surdité» des autorités ? Ou alors il y a des contraintes réelles ? Tant que ces luttes restent dans le monde du travail et s'inscrivent dans le cadre des droits sociaux, c'est tout à fait légitime.

El Watan

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