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Selon une étude algéro-française : la capitale menacée par les catastrophes naturelles

Des risques d'inondations catastrophiques, de séismes à forte intensité : la menace plane. Encore plus fort depuis la fameuse crue qui a fait plus de 1000 morts à Bab El Oued en 2001 et le tremblement de terre de Boumerdès en 2003 où plus de 1500 personnes ont péri. Les souvenirs de ces désastres restent vivaces, les craintes aussi. Quelles sont les limites de ces risques et quelles sont les zones les plus exposées ? Les dangers se précisent désormais grâce à une étude sur la vulnérabilité aux risques naturels et au changement climatique dans la wilaya d'Alger, qui vient tout juste d'être finalisée et qui a été rendue publique, hier, lors d'une rencontre tenue au siège de la wilaya d'Alger. Financée par la Caisse des dépôts et des consignations (France) et copilotée par la Centre pour l'intégration en Méditerranée (France), cette étude réalisée avec le concours de la Banque mondiale, en association avec les autorités algériennes (ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et de la Ville), serait la première étape d'un long projet d'actions de prévention dans le domaine. Elle explore les risques de séisme, d'inondation, d'érosion côtière, de submersion marine, de pénuries d'eau qui planent sur la wilaya d'Alger. Si les risques d'érosion côtière et de submersion marine restent limités, tout autant que les pénuries d'eau, le péril des inondations et des séismes reste important et s'amplifie dans la capitale, région marquée par la forte densité de sa population et son taux élevé d'urbanisation. Le Sahel et Blida zone sismique à haut risque Plusieurs scénarios ont été élaborés : le Sahel et Blida présentent les plus grands risques de séisme, générant également des risques de tsunami à une hauteur d'eau au rivage de 2 m pour une probabilité de survenance de quelques décennies. Les risques d'inondation sont tout aussi importants : oued El Harrach, oued El Hamiz et oued Réghaïa sont les plus exposés. Pour ce qui est du réseau d'assainissement pluvial, «des risques d'inondation catastrophiques ont été diagnostiqués pour les collecteurs de M'Kacel et Baranes (Bab El Oued), ceux de Mahelma, mais aussi oued Ouchaïeh, Bab Ezzouar, Bordj El Kiffan et Alger-Plage». Que faire face à tant de risques ? «Cette étude nous permet d'avoir une visibilité sérieuse d'ici 2030 qui nous permettra de répondre et de se préparer à tous ces risques naturels. Les autres étapes du projet délimiteront le plan d'action à entreprendre avec exactitude. L'Algérie en a les moyens», répond Saïd Benmerad, directeur général de l'aménagement et de l'attractivité du territoire au ministère de l'Environnement, en charge du suivi de ce projet. L'anticipation serait le maître mot, mais c'est justement là que le bât blesse. Selon Yves Ennesser, chef de projet du groupement des bureaux d'études en charge du projet, «l'Algérie a les moyens d'intervention efficaces, mais elle n'a pas d'approche d'anticipation et de prévention opérationnelle». Les bidonvilles, facteurs aggravants Une seconde étude est en préparation par les mêmes équipes de recherche pour mesurer l'impact économique de toutes ces catastrophes, cette analyse sera suivie d'un plan d'action. A quoi pourrait ressembler ce plan de prévention ? Les premiers éléments de réponse se dessinent déjà dans les conclusions de ce premier rapport en mettant le doigt sur un des problèmes les plus cuisants de ces dernières années : l'habitat précaire, les bidonvilles, les stratégies d'urbanisme et l'application rigoureuse des normes en matière de construction. «Alger doit poursuivre sa politique de consolidation des espaces fragiles, soit par la résorption de l'habitat précaire et des bidonvilles, soit par la consolidation du patrimoine de La Casbah et du vieux bâti», est-il noté dans le rapport. Et d'ajouter : «Les larges espaces d'habitat informel, construit en dehors des normes de la construction, constitue un des enjeux forts de la prévention face aux risques naturels. Au-delà de la qualité des constructions qui doivent être remises aux normes, c'est aussi l'aménagement de ces quartiers qui doit être pris en considération : les espaces publics très réduits, les sous-équipements (santé, éducation, sécurité), le manque d'espaces de dégagement pour des réfugiés et l'exiguïté du réseau de voirie rendant l'accessibilité difficile sont autant de facteurs aggravants». Tout un défi.

El Watan

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