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Contribution/Offre et Qualité ( Par Dr Amadou Oury Ba)

La commission offre et qualité s?est penchée sur les questions relatives à l?offre d?enseignement et à la qualité des enseignements. C?est en ce sens que j?offre cette modeste contribution :

Premièrement, je pense qu?il est d?abord nécessaire de faire l?état des lieux. A la lecture des discours d?ouverture de hautes factures que nous ont présentés son Excellence, Monsieur le Président de la République (Macky Sall), les brillants professeurs Aminata Sall Diallo et Souleymane Bachir Diagne, mais aussi au vu de l?atmosphère générale qui prévaut dés qu?il s?agit de parler de l?école sénégalaise malade de différents maux, un constat se dégage : c?est le besoin fondamental de repenser le système. Mais en quoi faisant ?
En ma qualité de participant à la commission Offre et Qualité, je m?en vais échanger avec vous quelques pistes, qui somme toute discutables peuvent servir de matière à réflexion.
Deux éléments me permettent d?en parler :
? La connexion entre l?offre d?enseignement et l?emploi
? La jonction indubitable entre l?enseignement et le développement

Selon moi, nous sommes en face d?un problème systémique voire structurel. Le système que nous avons hérité donne la priorité à l?abstraction intellectuelle, là ou le système Anglo-saxon pour ne pas dire germanique, donne la priorité au pragmatisme et à la réalisation : Donc deux cultures et deux prémisses de formations différentes.
Le professeur Souleymane Bachir a souligné un peu la mentalité qui risque d?en découler, celle du fonctionnariat et de la restitution. Donc peu de place à l?innovation et l?entreprenariat !!!
Un regard sur le système francophone démontre qu?après le bac, les étudiants ont l?option d?aller soit dans la formation professionnelle ou à l?université. Le système germanique opte avant le bac pour des passerelles qui ne mènent pas toutes nécessairement vers l?université. Il existe différents parcours en Allemagne dés le secondaire. Ainsi après l?école élémentaire, l?élève allemand, en fonction de ses notes et capacités, va dans une classe de capacitation ou s?il est jugé apte, ira soit dans une Hauptschule (école supérieure/ collège pratique) avec le diplôme nommé Hauptschulabschluss, Realschule (école supérieure/ collège fortement plus pratique) avec le diplôme nommé Realschulabschluß ou soit vers la Gymnasium (destination université). Juste après le BAC pour l?étudiant germanophone il y?a différentes passerelles qui lui permettaient déjà avant le bac d?accéder au monde du travail, ou de faire une formation professionnalisante ou d?aller à l?université. Bénéfice du système : le goulot d?étranglement qui nous a réunit ici, c?est à dire, la massification des étudiants au niveau de l?UCAD pourrait être évitée. Deux choses sont cependant à remarquer :

o En France la Formation est mal perçue
o En Allemagne elle est positivement perçue

Ceci est dû au fait que dans le monde germanophone, la formation est pilotée par les entreprises qui prennent presque 60% des formés. Ceci est fondamental, car cela renverse les paramètres de départ. La demande émane des entreprises, du milieu concret de l?emploi.

I) DE L?OFFRE

L?offre doit être évaluée et questionnée dans sa finalité et son impact social et sociétal avec des instruments d?évaluations précis. En ce sens les offres doivent répondre à différents indicateurs de qualités:

? Voir si l?offre d?enseignement est diversifiée
? Définir l?orientation de la recherche (appliquée ou fondamentale)
? Vérifier le recrutement d? enseignants de haut niveau
? Jauger sa capacité à répondre au besoin de la société
? son accessibilité (démocratisation)
? Définir la valeur de la recherche (rigueur)

II) DE L?EVALUATION

L?Evaluation doit servir de Road-Map, de boussole en vue de vérifier les performances du système et en vue de leur optimisation. Pour ce faire, l?Evaluation doit être légitimée par une structure légitime, telle que L?autorité nationale d?assurance qualité de l?enseignement supérieur (ANAQ-SUP) et doit utiliser des instruments découlants de Pré-requis suivants :

? Eveiller le besoin d?évaluation dans les structures
? conquérir la collaboration des structures concernées pour toute évaluation
? exécuter sérieusement les recommandations
? contrôler fermement leurs applications
Instruments :
? Utiliser diverses techniques telles que les interviews, les check-lists, les sondages, les Benchmarking
? Vérifier les modalités et finalités des offres d?enseignements
? le professionnalisme des acteurs (Enseignants et PATS)
? la gestion des structures (le Management)
? le climat de travail en général
? la visibilité et les relations avec l?extérieur

III) DES MECANISMES DE MISE EN APPLICATION

Insister sur le financement supplémentaire orienté résultats :

? C?est à dire établir entre les structures une compétition aux ressources en fonction de leurs capacités à répondre aux demandes de la société qui peuvent être aussi bien « STEMS » que LETTRE ET SCIENCE HUMAINE.
? Décerner des primes et des prix à des individualités tels que le prix du chef de l?état, mais aussi à des structures publiques ou privées pour les pousser à l?excellence.
? Créer des accréditations avec un Label qualité tel que je l?ai proposé au prof. Papa Gueye de l?ANAQ-SUP et qui s?intitule « OEQE » (prononcé OK) et qui signifie (offres d?enseignements qualitativement évaluées).

IV) FINALITE/INSERTION

Des questions que nous avons abordées dans les pages précédentes découlent ce point final. En effet les universités au delà d instruire l?homme, donc lui apprendre 2+2=4, ont la mission de l?éduquer. C?est à dire, en faire un citoyen maître de son destin, mais aussi responsable, donc une double mission. La première, c?est à dire, instruire, cherche à donner une plus-value à l?apprenant qui poussera une entreprise, un organisme à le rétribuer mensuellement. Ce faisant, il faudra qu?il prouve qu?il mérite largement ces émoluments. Mais le diplôme pour le diplôme de nos jours n?attire presque personne. Donc, pour insérer toute cette masse de jeunes diplômés, il faudra créer de nouveaux métiers ou en créer le BESOIN. Un petit exemple : Au Sénégal, l?autosuffisance alimentaire n?est pas atteinte. La majeure partie des produits est importée. Pourquoi ne pas développer tout un métier autour de l?agriculture qui dépasse seulement la PRODUCTION-VENTE, mais inclut plutôt les métiers de la transformation des produits agricoles, les services pour agricultures (exemple location de tracteurs, logistique, maintenance), automatisation des processus, etc. L?idée ici, c?est de se baser sur du concret pour assurer la formation et non former pour laisser les entreprises picorer le nombre qu?ils veulent et laisser le surplus de diplômé en rade. Donc il s?agira de faire des enquêtes sur les métiers d?avenir d?ici 10 ans mais aussi éliminer les filières vieillissantes.

Mesdames et messieurs, c?est en ces quelques lignes que j?ai voulu partager avec vous, une réflexion sur l?offre et la qualité.

Dr. Amadou Oury Ba
Dépt. Langues et civ. Germaniques/Ucad
Diplômé des sciences administratives de Spire/RFA
Webmaster du site www.rur-apr.com
RUR/APR
[email protected]


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