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Autant le dire… : Salia Sanou, son entourage et ses ambitions

Dès le début de son mandat en 2006, beaucoup d'observateurs avaient critiqué négativement l'entourage du maire Salia Sanou qui l'empêchait de prendre de grandes initiatives de développement. Malheureusement, le maire de la commune n'avait pu faire le moindre « remaniement ».

Aussi, sont-ils également nombreux à attribuer les résultats « mi-figue mi-raisin » de son premier mandat à cet entourage dont certains membres étaient visiblement venus pour « se servir » et non servir la communauté. Malgré tout, Salia Sanou a été reconduit à son poste. Ce qui constitue pour lui une ultime chance et l'occasion à ne pas rater pour donner une autre personnalité de lui-même. Et cela passe nécessairement par une « recomposition des cartes » dans son entourage.

Le lundi 11 mars, à l'issue de l'élection de l'ensemble des maires, tous les membres du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) dont Soungalo Ouattara, directeur provincial de la campagne ont rencontré les nouveaux maires en présence des militants du parti. Pour leur tenir le langage de la cohésion, du développement mais surtout, des engagements pris devant les populations. Pour cela, le directeur provincial avait déjà indiqué que les « mandats en cours seront encadrés ». Autrement dit, en faisant le point, il s'est sans doute rendu compte de la capacité des uns et des autres à relever tout seul les défis. Aussi, a-t-il soutenu que « des experts et une administration forte seront mis à contribution pour accompagner les maires dans leurs actions de développement ». En clair, il s'agira de faire en sorte que les maires soient entourés d'hommes et de femmes probes, responsables, crédibles et sincères. Résolument tournés vers les vrais enjeux du développement et dont la seule ambition sera de travailler pour la communauté.

A titre indicatif, la voirie de la commune de Bobo ne sera pas à la hauteur des attentes des populations que si on y inclut des hommes et des femmes qui ½uvrent pour le développement de leur commune. Devenue aujourd'hui un véritable « panier à crabes », presqu'un « fourre-tout », et on se demande exactement à juste titre le rôle qu'elle joue dans le développement de la commune. Pratiquement tous les engins qui s'y trouvent sont « sur cale » et les agents semblent se « tourner les pouces » à longueur de journée.

La recette municipale que le maire de la commune veut mettre au centre des actions de son nouveau mandat ne lui sera utile que si elle est tenue par des personnes qui veulent le développement de la commune. Les Bobolais ne paieront pas un seul impôt ou une seule taxe s'ils ne savent pas où iront ces sous-là. Si les gens se sont opposés aux lotissements, c'est tout simplement parce que certains, dans l'entourage des maires, en avaient fait un véritable « fonds de commerce » à partir duquel ils se sont enrichis. Pendant que beaucoup d'autres citoyens voulaient juste une seule parcelle pour se bâtir un petit logis. Quand on fait un tour à l'état-civil, on se rend compte de ce que la commune de Bobo n'a, jusqu'à présent pas une véritable direction centrale de l'état civil. Pire, les agents qui y travaillent se débrouillent comme ils peuvent avec les usagers pour que chacun soit satisfait. Quand on est face à de telles situations, on a tout de suite envie de dire que plus rien ne devra être comme avant car, il faut que ça bouge.

Aussi, le maire de la commune, tout comme les autres maires d'arrondissement et même le nouveau président du conseil régional, ont totalement intérêt à s'entourer de personnes de confiance à eux d'abord, et qui ensuite, de façon désintéressée, veulent travailler pour asseoir les bases du développement durable de Bobo et de sa région. Salia Sanou, Alfred Sanou et les maires d'arrondissements n'ont pas le choix. Les Burkinabè, et particulièrement les Bobolais, jugeront leurs actions. Tôt ou tard, en fonction de leurs capacités à démontrer qu'on a eu raison ou tort de les mettre là où ils sont. Au cas contraire, il ne serait pas exclu que les Bobolais fassent « bouger les choses » par eux-mêmes.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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