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Déficit budgétaire et coupes sombres : Quand parlent les chiffres…

A propos de la mesure décrétée par le gouvernement en fin de semaine dernière, celle de baisser le Budget d'investissements de 2013 de 25 %, il faut savoir que le montant global de ce budget prévu dans la Loi de Finances 2013 se monte à 61 milliards de dirhams. Mais aussi que celui de 2012, qui était de 50 milliards de dirhams, n'a pas été exécuté dans sa totalité et que 21 milliards ont été reportés sur 2013.

Le calcul qui s'impose pour juger du montant des investissements publics à réaliser en 2013 est donc le suivant: 61 milliards d'investissements prévus par la LF 2013  augmentés du reliquat de 21 milliards de l'année précédente, donnent 82 MMDH en dépenses  d'investissements pour 2013.

Il faut reconnaître qu'il s'agit d'un montant énorme compte tenu des difficultés des Finances publiques qui continuent à afficher un solde ordinaire négatif. D'autant qu'en le diminuant des 15 MMDH, selon le dernier décret du gouvernement, il reste encore très élevé, à 67 MMDH, et bien supérieur au budget de 50 milliards de dirhams de 2012 et de 60 MMDH de 2013.

C'est pourquoi il semblerait qu'en décidant la diminution de son budget d'investissements, l'Etat procède plus à un réajustement nécessaire car de toute façon, il n'aurait pas pu le réaliser dans sa totalité. Et, par la même occasion, il réajuste quelque peu le déséquilibre du Budget public en réduisant le déficit ordinaire et global …

Pour une meilleure compréhension de la décision en question, voici les derniers chiffres du Bulletin mensuel des Statistiques des Finances publiques publié par la Trésorerie Générale du Royaume pour le mois de février.

Ils prouvent les difficultés d'exécution de la Loi de Finances en cours avec les données suivantes :

Une augmentation des recettes ordinaires de 2,1% seulement provenant :
1) De la baisse des recettes douanières de 9,2% , de celle des droits de douane de -27,4 %, de la TVA à l'importation de -5,2 % et des taxes intérieures de consommation (TIC) sur les produits énergétiques de -3,4 %.
2) De la hausse de 3,3 % des autres TIC en raison essentiellement de l’augmentation de la TIC sur les tabacs manufacturés de +3,4 %, de celle de 4,9 % de la fiscalité domestique : IS (+11,6 %), IR (+5,3 %), TVA intérieure (-4,9 %), droits d'enregistrement et timbre (+15,7 %) et majorations de retard (-16,1%).

L'impôt sur les sociétés s'est établi à 2,1 MMDH à fin février 2013 contre 1,9 MMDH un an auparavant, en hausse de 11,6%.
Les recettes de l'IR à fin février 2013 ont enregistré une hausse de 5,3 % par rapport à leur niveau à fin février 2012 (6,6 MMDH contre 6,2 MMDH).

Par contre les recettes générées par la TVA intérieure à fin février 2013 ont atteint 4,3 MMDH contre 4,5 MMDH un an auparavant, soit une diminution de 4,9 %.

Au niveau des dépenses, les dépenses ordinaires sont en hausse de16,4,%, résultant de l'augmentation des dépenses des autres biens et services de 72,9 %, des dépenses de personnel de 9,5 %, conjuguée à une baisse des charges en intérêts de la dette de 6,7 % et des charges de la compensation de 3,6 %.

deficit-maroc-se-creuse-(2013-03-12)

deficit au Maroc (source : la vie eco) 

Les dépenses du Budget général ont atteint 51,4 MMDH à fin février 2013, en hausse de 18,3 % par rapport à leur niveau à fin février 2012, qui s'explique par une augmentation de 18,4 % des dépenses de fonctionnement et de 42,6 % des dépenses d'investissement conjuguée à une baisse de 2,9 % des charges de la dette budgétisée.

Les dépenses de fonctionnement se sont établies à 33,4 MMDH, dont 18,5 MMDH ont concerné les traitements et salaires qui enregistrent une hausse de 9,5 %.
Les dépenses de matériel sont en hausse de 39,9 % (8 MMDH contre 5,7 MMDH) et les charges communes ont augmenté de 23,5 % (7 MMDH contre 5,7 MMDH).

Les émissions au titre de la compensation ont été de 5,3 MMDH contre 5,5 MMDH un an auparavant.
Quant aux dépenses d'investissement du Budget général, elles se sont élevées à 10 MMDH à fin février 2013 contre 7 MMDH un an auparavant, soit une augmentation de 42,6 %.

En conséquence, le solde ordinaire continue à être négatif de 9,4 MMDH contre un solde négatif de 4,7 MMDH à fin février 2012, démontrant ainsi que les ressources ordinaires de l'Etat ne couvrent pas ses dépenses ordinaires. Et bien sûr, le déficit du Trésor se creuse à 10,9 MMDH, contre 7,9 MMDH à fin février 2012.

Afifa Dassouli

La Nouvelle Tribune

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