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Uhuru Kenyatta prend officiellement ses fonctions de président du Kenya

Un mois après son élection, Uhuru Kenyatta a officiellement été investi à la tête du Kenya. Le quatrième président depuis l'indépendance du pays est toutefois mis en examen par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité.



"Moi, Uhuru Kenyatta, conscient du poids des responsabilités qui m'incombent en tant que président de la République du Kenya, je jure fidélité et allégeance à la République du Kenya", a déclaré le nouveau numéro un kényan, mardi 9 avril, sous les acclamations de quelque 60 000 de ses partisans. Un mois après son élection, le quatrième chef de l'État, inculpé de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI), succède ainsi à Mwai Kibaki, 81 ans, en promettant "de protéger et de faire respecter la souveraineté, l'intégrité et la dignité du peuple kényan".

Rassemblée dans le temple du foot national, le stade de Kasarani, à une quinzaine de kilomètres de la capitale kényane, la foule, vêtue de rouge, couleur de la coalition Jubilee, a accueilli un "fils du pays".

Jour de fête

"C'est un grand jour. Les gens pensaient qu'Uhuru ne pouvait pas être président, mais nous leur avons montré que nous croyions en lui. C'est un jour de fête", s'est réjoui, peu avant la cérémonie, à l'AFP un étudiant de 23 ans. "Nous sommes venus accueillir le fils du pays au palais présidentiel", a expliqué pour sa part Jairus Koech, un instituteur de 35 ans.

Il y a près de 50 ans, en effet, c'était le père d'Uhuru Kenyatta, Jomo Kenyatta, qui prêtait serment pour prendre le pouvoir.



Pour l'occasion, 15 chefs d'État et de gouvernement ont fait le déplacement. Parmi eux, un grand nombre de représentants africains : notamment, les président sud-africain Jacob Zuma, zimbabwéen Robert Mugabe, rwandais Paul Kagame, congolais Joseph Kabila et nigérian Goodluck Jonathan.

Invité d'honneur de la cérémonie, le chef d'État ougandais, Yoweri Museveni, a pour sa part évoqué l'inculpation d'Uhuru Kenyatta par le tribunal de La Haye au lendemain des violences post-électorales de 2007 qui ont fait plus de 1 200 morts, estimant que des entités et personnalités avaient "détourné" la CPI de sa mission originelle.

"Ils utilisent maintenant [la CPI] pour mettre en place les dirigeants de leur choix en Afrique et éliminer ceux qu'ils n'aiment pas", a estimé Yoweri Museveni sous les applaudissements de la foule.

Plus réservés, les pays de l'Union européenne et les États-Unis, qui étaient représentés par leurs ambassadeurs, ont prévenu qu'ils réduiraient aux "contacts essentiels" leurs relations avec le nouveau pouvoir kényan. Outre Uhuru Kenyatta, le futur vice-président, William Ruto, est également visé par la CPI.

Un président 2.0

Cette épée de Damoclès ne semble guère préoccuper le principal intéressé, qui avait réussi à transformer son inculpation en atout lors de la campagne présidentielle, dénonçant un complot de l'Ouest.

Le nouveau président a même déjà envisagé la possibilité de diriger le gouvernement à distance depuis La Haye, grâce à Internet. Une hypothèse qui lui a valu la réputation d'être un président 2.0...

FRANCE 24

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