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Directeur des etudes de l’Institut national des arts : Un as de la magouille

Dans nos précédentes parutions, nous avions publié certaines gaffes du directeur des études de l'Institut national des arts (Ina) Oumar Coulibaly dit Barou. Mais ce n'était absolument rien du tout par rapport à d'autres pratiques malsaines du Sieur Coulibaly que nous avons pu découvrir pour vous en faire écho.

Pour préserver son empire financier, le directeur des études de l'Ina serait prêt à tout faire. Nous vous annoncions que pour passer au concours d'entrée à l'Ina sans avoir le niveau requis, il faudrait passer par le directeur des études avec quelque chose dans la poche. Plus précisément, le candidat doit payer 200.000 Fcfa pour être admis au cours. Pour satisfaire ses «clients»,  le directeur des études demande aux candidats de noter la première et la dernière phrase de leur copie d'examen sur des feuilles pour les lui remettre.  A son tour, il remet ces notes aux correcteurs qu'il a lui-même choisis.
Nous avons eu d'autres précisions sur ces pratiques. Au lieu de 200.000F, «le trafiquant de concours de l'Ina», demande désormais 750.000F à ses clients. Un prix à discuter. Il faut noter qu'il  fait partie des correcteurs du concours d'entrée à la Fonction publique de l'Ina, en technicien des arts. Pourtant, professeur de psychologie de son état, notre cher Coulibaly n'ayant  aucune notion en animation, a corrigé les épreuves d'animation. Selon nos sources, les deux autres correcteurs qui l'accompagnaient ont corrigé les copies de sculpture, peaux et cuirs. Le hic, c'est que le directeur des études a marginalisé les professeurs titulaires pour la correction. Ce qui pousse ces enseignants à dire qu'ils ne se reconnaissent pas dans ces résultats car ils n'ont ni fourni de sujets, encore moins participé à la correction des épreuves. Ils estiment aussi que ce sont les piètres candidats qui ont été retenus comme ayant réussi avec succès.
Qui a corrigé l'épreuve de la Cora ?
La question que tous les enseignants de l'Ina se posent est la suivante : qui a corrigé l'épreuve de la cora. C'est parce qu'aucun professeur de musique titulaire ou vacataire n'a corrigé cette épreuve. Pourtant, une candidate a composé dans cette matière et a même été déclarée admise à l'examen. Ce qui irrite davantage les professeurs de musique. Ils affirment que celle-ci, durant tout son cursus scolaire,  n'a jamais su tenir correctement la cora.
S'agissant des frais de correction du concours d'entrée à l'Ina, certains enseignants de l'Ina soulignent que n'eut été le gonflement de l'état financier, les 63%, soit 6 millions Fcfa environ qui leur ont été versés, pouvaient couvrir  la totalité des frais de correction.
Paiement des membres de jury de délibération, un autre fiasco inégalé
Depuis 2 ans, en complicité avec le directeur national de l'action culturelle, (Dnac) le directeur des études a réussi à octroyer une prime de 50.000 Fcfa à chacun  des membres du jury de délibération. «Depuis la création de l'Ina, la délibération qui ne prend pas 5 minutes n'a jamais été payée.  C'est le Secrétariat seulement qui le mérite et bénéficie de 40.000 Fcfa pour chacun d'eux et pour toute la période du Secrétariat.  Mais ce n'est pas par hasard que le directeur a accordé cette prime de 50.000Fcfa pour un travail de moins de 5 minutes. C'est parce que lui-même est membre de jury de délibération et le directeur de la Dnac en est le président», a laissé entendre une source. Rappelons, selon nos interlocuteurs, que ce travail de délibération consiste essentiellement à lire la liste des admis à l'examen.
Des classes qui composent sans surveillant
Même l'inimaginable se passe à l'Ina où certaines classes composent sans surveillant.  Car, nous explique un proche du dossier, lors des examens de fin de cycle et lors des concours, le directeur des études fait appel aux vacataires parce que la surveillance et la correction de ces activités sont payées. Par contre, s'il s'agit des compositions, il sollicite les professeurs titulaires, pour la surveillance gratuite de celles-ci. La plupart d'entre eux, se sentant frustrés, refusent de répondre à sa sollicitation. Pour arranger la situation, le directeur Coulibaly demande souvent l'appui des vigiles et autres personnes trouvées devant la porte de l'Institut. Souvent, les quelques titulaires qui acceptent la surveillance, s'efforcent de veiller sur deux classes de façon simultanée. Dans le pire des cas, des classes qui attendent plus de 2 heures les surveillants, finissent souvent par composer sans être surveillées. Imaginez les notes qui sortiront de ces compositions !
Terrorisme à l'Ina ?
D'après les témoignages, le directeur Coulibaly serait en train de terroriser les enseignants. Depuis son arrivée à la tête la Direction des études, en 2008, il a juré, pour qui veut l'entendre, qu'il va se venger de tout ce qu'il a subi pendant sa quinzaine d'années d'enseignement. Et il travaille dans ce sens. A cause de ses pratiques, plusieurs enseignants ont quitté l'institut. D'autres, privés des avantages qu'un enseignant doit avoir, sont obligés, pour arrondir les fins de mois, de se lancer dans la vente de cartes de recharge téléphonique et de l'encens devant la porte de l'Ina.  Il a  aussi réussi à diviser le corps professoral en deux clans. Ceux qui sont de son clan bénéficient de tous les avantages. Cette pratique a abouti à la création de deux syndicats à l'Ina. Très remontés, certains demandent même la fermeture de cette structure.
En attendant, les enseignants de l'Ina demandent au Département de tutelle l'annulation des résultats des techniciens des arts au concours d'entrée à la Fonction publique de l'Ina et l'audit des heures supplémentaires, de 2008 à nos jours.
Approché au téléphone par  nos soins pour avoir sa version des faits, le directeur des études nous dira que les questions de concours ne doivent pas être divulguées. Et qu'il n'est pas responsable de ce qu'on lui reproche. «Je ne peux pas empêcher les autres de me salir. Mais en me salissant, c'est l'image de tout l'institut qui est terni», ajoutera M. Coulibaly.
Au sujet de la correction de l'épreuve de la Cora, très remonté, il affirmera qu'il ne veut pas avancer quoi que ce soit, en  nous raccrochant le téléphone au nez. Qu'attendent donc les autorités pour remettre sur orbite cette structure jadis si prestigieuse ?
Oumar KONATE

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