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Le président congolais Sassou Nguesso reçu à Paris malgré les "biens mal acquis"

PARIS (AFP) - (AFP)

Le président congolais Denis Sassou Nguesso a entamé lundi une visite de trois jours en France, au grand dam d'opposants et militants anti-corruption qui ont dénoncé l'accueil officiel réservé à un chef d'Etat visé par une enquête judiciaire sur son patrimoine en France.

Présent à Paris depuis samedi, le président Sassou Nguesso a été reçu lundi pendant plus d'une heure à l'Elysée par son homologue François Hollande, qui l'a toutefois fraîchement accueilli, lui réservant une poignée de main brève et s'abstenant de le rejoindre au bas du perron.

Le chef de l'Etat français a néanmoins "remercié son homologue congolais pour le soutien politique et logistique apporté aux forces africaines et à la France dans le cadre de l'opération de libération du nord du Mali", selon un communiqué diffusé par l'Elysée.

Les deux hommes ont également échangé sur la situation en Afrique centrale, en particulier les crises en Centrafrique et en République Démocratique du Congo.

En revanche, le communiqué de l'Elysée ne précise pas si le dossier des "biens mal acquis" sur lequel une enquête judiciaire a été ouverte en France contre le président congolais et son entourage a été évoqué.

Tout au plus les deux chefs d'Etat ont-ils "convenu de poursuivre le développement des relations économiques entre la France et le Congo, dans un cadre de transparence renforcé", selon le communiqué français.

A sa sortie de l'Elysée, le président Sassou Nguesso a déclaré qu'il refusait à la justice française "le droit" d'enquêter sur les "biens mal acquis", estimant qu'il s'agissait d'une entorse au principe de "non-ingérence".

"Figure emblématique de la Françafrique"

Ce principe doit être "respecté pour que la justice en France ne se sente pas le droit de traiter de questions qui intéressent les problèmes intérieurs aux autres Etats", a-t-il insisté.

Cette enquête, menée par deux juges parisiens, vise les conditions dans lesquelles trois chefs d'Etat africains, Denis Sassou Nguesso mais aussi Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale), le défunt Omar Bongo (Gabon) et leur entourage auraient acquis, grâce à des deniers publics, un important patrimoine mobilier et immobilier en France.

Lors de sa dernière visite en France, le 8 février 2012, le président congolais avait également été reçu à l'Elysée par Nicolas Sarkozy.La gauche, alors dans l'opposition, avait vigoureusement critiqué ce rendez-vous.

Le socialiste Kader Arif, aujourd'hui ministre aux Anciens combattants, avait raillé le "caractère hautement symbolique" de cette visite, "alors que l'enquête sur l'affaire des +biens mal acquis+ dans laquelle il serait impliqué se poursuit en France".

Lundi, des représentants de l'opposition congolaise en exil en France et d'ONG ont critiqué le revirement opéré par les socialistes au pouvoir.

Quelques dizaines de Congolais s'étaient rassemblés dans la matinée près de l'Elysée pour protester contre l'accueil réservé à cette "figure emblématique de la Françafrique".

Dans un communiqué, l'ONG Survie a condamné "la légitimation du régime congolais par le gouvernement socialiste"."La France continue par l'entremise de son président et de son ministre des Affaires étrangères à consolider ses intérêts économiques en Afrique au détriment de ceux des peuples africains", écrit Survie.

Le président congolais devait être reçu lundi par le chef de la diplomatie française Laurent Fabius pour parler de questions économiques, avant de voir les ministres de l'Intérieur Manuel Valls et de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Mardi, il doit rencontrer une délégation du Medef, la principale organisation patronale française, et des responsables économiques, notamment le PDG du groupe Bolloré, Vincent Bolloré, et le patron du groupe pétrolier Total, Christophe de Margerie.

Bolloré vient de rénover le port congolais de Pointe Noire et le Congo vend 62% de sa production pétrolière à Total.

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