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Le grand scandale des surcoûts

D'une capacité de 1200 MW chacune, les centrales électriques de Terga, à Aïn Témouchent, et de Koudiet Edraouech, à El Tarf, ont coûté à l'Etat 5,5 milliards de dollars. Pourtant sur le marché, le coût de ces dernières dépasse rarement un milliard de dollars et c'est le ministre de l'Energie en personne qui le confirme publiquement, 5 ans après l'octroi des deux marchés à Alstom et à General Electric. Les déclarations de M. Youcef Yousfi devant la presse, en marge des travaux de l'Assemblée populaire nationale, ont suscité de lourdes interrogations. En annonçant un programme de réalisation de 12 000 MW d'ici 2017, le ministre avait affirmé que chaque 1000 MW coûtera à l'Etat un milliard de dollars d'investissement. Le hic, parce qu'il y a un hic, c'est qu'en 2007, la réalisation de deux centrales de 1000 MW chacune, à Terga et à Koudiat Edraouech, ont coûté à l'Etat presque le triple de leur valeur. En effet, en 2007, Sonelgaz avait lancé un avis d'appel d'offres international restreint, plusieurs fois modifié, pour la réalisation de deux centrales électriques de type cycle combiné et de même capacité. Les soumissionnaires en lice étaient le groupe français Alstom et l'américain General Electric, dont les offres étaient excessives par rapport au plafond fixé par Sonelgaz, à savoir 3,4 milliards de dollars. Mise devant une telle situation, la commission d'évaluation a demandé aux deux soumissionnaires de revoir à la baisse leurs offres, en leur accordant quelques heures de réflexion. Les deux compagnies refusent, mais finissent par obtenir chacune un marché. Alstom décroche la construction de la centrale de Terga pour un montant de 2,2 milliards de dollars, dans un délai de réalisation de 45 mois, alors que General Electric se fait attribuer la réalisation de la centrale de Koudiet Draouech pour une enveloppe de 2,3 milliards de dollars, dans un délai de 48,5 mois. N'étant pas spécialisées en construction, les deux compagnies ne peuvent assurer que le volet engineering équipements. De ce fait, elles ont fait appel à des sous-traitants. Ainsi, Alstom, qui avait à l'époque de graves difficultés financières, a sous-traité avec Orascom Construction et General Electric avec le groupe espagnol Iberdrola. En réalité, les deux entreprises ont remis à Sonelgaz des centrales électriques clés en main. Or, si nous comparons ces deux marchés à celui attribué au groupe canadien SNC-Lavalin pour un montant de 826 millions de dollars, de nombreuses interrogations s'imposent. Pour la même capacité, c'est-à-dire 1200 MW, la centrale de Hadjret Ennous, à Tipasa, a coûté 826 millions de dollars et sa réalisation a été confiée à la société Sharikat Kahraba Hadjret Ennous (SKH), une forme de partenariat public et privé entre Sonelgaz (10%), Sonatrach (10%), la société commune Sonatrach-Sonelgaz AEC (29%) et la joint-venture SNC-Lavalin et Moubadala de Abu Dhabi aux Emirats (51%). Comment expliquer l'écart entre le coût des centrales électriques, pourtant de la même capacité, et avec comme avantage l'implication de sociétés algériennes, et de ce fait de l'emploi pour des cadres algériens ? Certaines sources proches du dossier n'écartent pas la thèse «de la corruption» dans ces contrats conclus durant la période où l'ancien ministre de l'Energie, Chakib Khelil, décidait de tout dans le secteur de l'Energie et qui aurait, selon nos sources, joué un grand rôle dans l'octroi de ces marchés à General Electric et à Alstom à des prix excessifs. Le juge d'instruction de la 9e chambre près le pôle judiciaire pénal spécialisé de Sidi M'hamed a déjà entendu les responsables de SNC-Lavalin Algérie en tant que témoins, mais aussi d'autres personnalités, comme le PDG de Sonelgaz, Noureddine Boutarfa, ou encore Abdelmadjid Attar et Nazim Zouiouech, anciens PDG de Sonatrach. De nombreux mandats de perquisition (on parle de 17) ont été délivrés par le magistrat instructeur pour fouiller les bureaux et domiciles de plusieurs hauts cadres du secteur de l'énergie, mais aussi des personnes citées dans les scandales de Sonatrach à la lumière des informations contenues dans des commissions rogatoires délivrées aux tribunaux suisses, italiens, français et émiratis. Parmi les domiciles perquisitionnés, ceux de Chakib Khelil, Réda Hamèche, l'ancien chef de cabinet de l'ex-PDG de Sonatrach, Mohamed Méziane, et homme de confiance de Chakib Khelil, ainsi que Nouria Meliani, la patronne du bureau d'études privé CAD, placée sous contrôle judiciaire dans le cadre du dossier Sonatrach 1 (actuellement au niveau de la Cour suprême).  

El Watan

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