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ABDOUL AZIZ DIOP CONSEILLER SPECIAL DE MACKY : «Idrissa Seck prend les médias en otage»’

Ceux qui revendiquaient que des membres de la mouvance présidentielle montent au créneau chaque fois que de besoin, pour défendre le Président de la République, doivent être à présent satisfaits. De plus en plus, des proches de Macky se font entendre, même si certains d'entre eux étaient plus connus pour leur préférence du silence plus propice aux grandes réflexions, comme le politologue Abdou Aziz Diop qui donne ici son point de vue sur les motivations de la sortie du maire de Thiès
Le 25 novembre 2011, quatre mois avant l'issue de l'élection présidentielle la plus incertaine et la plus courue de notre histoire politique, la rédaction du journal Le Quotidien me demanda mon point de vue sur les communications des candidats Idrissa Seck et Macky Sall. En dépit de ma proximité, connue maintenant de tous, avec Macky Sall, je pris le recul nécessaire, en écrivant qu'«à la différence d'Idrissa Seck qui escompte des dividendes communicationnelles, Macky Sall ne fait aucun calcul pouvant exiger de lui une débauche communicationnelle aux retombées incertaines». Et, pour résumer le tout, j'ajoutais qu'il y a, d'un côté, «l'exubérance d'Idrissa Seck, obsédé par le paraître [et] de l'autre, le calme de terroir» de Macky Sall, arcbouté à son parcours. Une année de self-control du maire de Thiès n'y changea rien : Idy, s'appropriant la réflexion de Cotteret - «gouverner c'est paraître» - doit se convaincre qu'il gouverne le pays (« Rewmi »), en gouvernant les médias. Mais, l'examen objectif de la rhétorique du paraître, inhérente à la fringale du pouvoir, montre que le rhéteur flaire la réussite plutôt que l'échec économique d'un élu (imperturbable) préférant travailler plutôt que d'ajouter à la polémique sans portée pour le pays.
Le 29 janvier 2013, le site d'information Nettali ne se priva pas d'un commentaire qui en dit long sur la suite : «Longtemps enfermé dans son mutisme, depuis sa défaite à la présidentielle du 26 février 2012, Idrissa Seck a décrété "l'an zéro de sa carrière politique". » La suite ? D'abord, le décapage par les larmes - pour solder les comptes antérieurs à « l'an zéro » - d'un certificat, plutôt défraîchi, de virginité politique. Au passage, les anciens camarades du Parti démocratique sénégalais (Pds) en prennent pour leur grade du fait de leur « propagande monstrueuse» qui ternit l'image du « frère (...)
Idrissa Seck préfère s'émouvoir de «la vie [qui] reste chère, [des] délestages [qui] continuent [et de] l'emploi [qui] est un problème». C'est, s'insurge Idy, la faute aux «banquiers» dont «la profession (...) est incompatible avec les finances publiques». Si la banque et la fonction de banquier étaient incompatibles avec les finances publiques, les liens entre la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (Fmi) seraient rompus depuis longtemps déjà avec les finances des Etats membres. Idrissa Seck lui-même fait le bilan de son action à la tête du gouvernement dont il coordonna l'action en rappelant les satisfécits glanés auprès des deux institutions. Il n'est pas acceptable d'obstruer l'horizon d'un homme ou d'une femme au motif qu'ils ont exercé une fonction plutôt qu'une autre.
(...).
On peut donc dire, sous le contrôle d'un économiste reconnu, que les perspectives pour l'emploi sont bonnes au Sénégal, après un an seulement de présidence de Macky Sall. Idy, lui, ne s'en réjouit pas, préférant le maniement de chiffres fantaisistes pour aménager un large boulevard au seigneur autoproclamé de «l'an zéro». Les mêmes causes produisant les effets, il est peu probable qu'Idrissa Seck sorte indemne d'un jeu (peu brillant) dont il est l'unique acteur. Mais, rien ne l'empêche de se raviser, encore qu'il est temps et d'aller à Canossa. Les médias qu'il pense avoir pris au piège, lui faciliteront-ils la tâche ? Là est le problème !"
Propos rassemblés par Cheikh Ba
REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

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