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Médias en ligne : Internautes, ayez pitié des journalistes !

« Kôrô yamyélé », « Un Citoyen », « Burkindi »...Ils sont autant connus que les journalistes qui signent les articles. Sur la toile, des internautes sont devenus les bras armés des rédacteurs en chef. La moindre erreur, le moindre faux pas dans la rédaction d'un article se paie cache. « La formation, le professionnalisme, le bon sens du journaliste » est sans cesse valorisé ou remis en cause par ces nouveaux gendarmes.

Fini donc le temps où le journaliste ne rendait compte qu'à sa rédaction. Les empoignades, les critiques dépassent actuellement le cadre des rédactions. En plus des engueulades des rédacteurs en chef, les journalistes sont désormais sommés de prendre en compte les critiques des internautes.

Professionnels, accrocs de l'information ou animés par leur volonté de participer au débat national, ils s'imposent. Ce qui ne manque pas de créer des situations nouvelles pour les hommes de médias. Par exemple l'accroissement de l'auto-censure. Rendre compte est devenu un exercice plus que jamais difficile avec les internautes. Entre les contraintes déontologiques, la primeur de l'information et l'entière satisfaction des lecteurs, le journaliste de la presse électronique où opérateur web a bien de soucis.

Sans compter le fait qu'écrire uniquement pour plaire aux internautes peut mener un journaliste dans le décor. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), notamment les forums de discussions ont donc réduit la superpuissance des journalistes.

Autrefois semblables à des dictateurs qui dictent leurs plumes aux lecteurs, ils font le dur apprentissage de la démocratie qu'offre l'internet. « Si tu écris bien, on te félicite, dans le cas contraire, on t'insulte et il n'y a rien en face ». Et je reste convaincu que la mauvaise gouvernance, la corruption, les triches diminueront considérablement le jour ou le peuple burkinabè sera aussi exigeant que ces internautes.

Ils doivent donc bien rire toutes ces personnes qui ont essuyé pendant longtemps les diatribes des plumitifs qui volaient sans vergogne dans les plumes des autres.

Heureusement il n'y a pas que du mauvais dans les réactions des internautes qui instruisent, rappellent et proposent des sujets. Leurs exigences du meilleur imposent plus de sérieux dans le traitement de l'information. Peut être que dans la longue liste des journées nationales on pourrait instituer celle des « forumistes » afin qu'internautes et journalistes se croisent et discutent en toute amitié.

Ousséni BANCE
Lefaso.net

Le Faso

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