mis à jour le

Honneur à toi ,Caïd Ali Ben Khalifa

Par Ridha Ben Kacem

Les mois de mars et avril sont fertiles en événements historiques en Tunisie. Le 20 mars on a célébré le 57è anniversaire de l’indépendance et hier, 6 avril, nous avons célébré le 13ème anniversaire de la disparation de Habib Bourguiba, le premier et dernier, à nos jours, Président de la République tunisienne. Demain et après demain, 8 et 9 avril nous célèbrerons le 75ème anniversaire des émeutes de 1938. Etrangement, nous sautons, ainsi, une autre date importante de notre histoire récente, celle d'aujourd'hui, 7 avril, sans lui accorder la moindre importance, alors que c'était, réellement, à cette étape du calendrier que le sort de la Tunisie fut scellé. En effet, si l'on doit dater, avec précision, la colonisation de la Tunisie, c'est cette date qu'il faut, à mon sens, retenir. Le 7 avril 1881 est une date dont il faut se souvenir et que nous nous devons d'enseigner à nos enfants en perte de repères et de symboles. Ces symboles que vous allez rencontrer dans la suite de cet écrit.

Retour sur une chronologie

En 1881, cela faisait, déjà, cinquante ans que la France était installée et Algérie. La France n'avait jamais caché son intention de puissance coloniale, d'annexer la Tunisie. Mais un prétexte internationalement acceptable était nécessaire à une telle entreprise et la France allait l'obtenir avec l'aide de ses agents agissant en Tunisie. Même si ce fait n'était pas, totalement, établi historiquement, mais l'on ne peut ne pas voir la main manipulatrice de la France, derrière l'attaque lancée le 31 mars et le 1er avril 1881, par la tribu des Ouled Khmir, établie, à ce moment-là, dans la partie tunisienne Kroumirie, contre la tribu des Ouled Nahed, en territoire algérien, sous domination française. En fait, la tribu des Ouled Khmir était une tribu nomade dont le territoire de circulation s'étendait sur toute la Kroumirie, y compris, en territoire algérien. D'après les chroniqueurs de l'époque, tous français comme il se devait, cette l'attaque avait mobilisé entre 400 et 500 personnes ce qui en faisait, en fait, une petite armée. Gageons que ce nombre était un tantinet exagéré. Disons qu'il avait été, exagérément, gonflé pour donner à l'incident son assise internationale tant à Londres qu'à Rome ou Berlin.

D'après ces mêmes chroniqueurs, la victoire a été du côté des « justes » comme il convenait de les appeler, puisqu'ils étaient du côté de la puissance coloniale porteuse, des valeurs universelles, comme vous le savez. Quoiqu'il en fût, l'histoire a retenu que les Ouled Nahed, malgré l'effet surprise (le portable n'existait pas à l'époque, ni tous les autres outils modernes de communication), avaient repoussé l'attaque avec l'aide des troupes françaises qui, malgré l'immense étendue du territoire algérien, s'étaient trouvées, comme par hasard, concentrées au bon endroit, au bon moment. A l'époque, l'armée française avait déploré quatre morts dans ses rangs. On ne connait pas le nombre de victimes dans les tribus des Ouled Khmir et des Ouled Nahed. Mais le plus important, n'était-il pas que la France tenait, enfin, son prétexte et son alibi ?

La classe politique française se mobilisa instantanément. Le président du Conseil, Jules Ferry, dont la stratégie politico-militaire d'’annexion, pure et simple, de toute la Tunisie, était connue de tous, soumit, immédiatement, la question au parlement et obtint de lui, en toute urgence, le vote d'un crédit de 5,7 millions de francs, pour envahir la Tunisie. Ce fameux vote a eu lieu le 7 AVRIL 1881. Voilà, donc, la date qui doit marquer notre chronologie de la colonisation de la Tunisie.

Trois semaines plus tard, Le 27 avril 1881, le ministre français de la Guerre donne l'ordre au général Forgemol de Bostquénard de s'emparer de Tabarka, capitale de la Kroumirie tunisienne, et de rejoindre, le plus vite possible, Tunis. Quatre jours plus tard, soit le 1er mai 1881, les troupes françaises pénétraient, à Bizerte, sans avoir rencontré de résistance notable. C'est à ce demander où était passée la petite armée des Ouled Khmir qui avait attaqué, un mois plus tôt, les Ouled Nahed. A mon avis, il n'y a que deux explications possibles à ce déficit chronologique historique. Ou cette petite armée n'avait jamais existé, ou, alors, il faut situer à cette date ce fameux mal qui ronge, aujourd'hui encore, les mâles de Tunisie et qui les fait mourir, prématurément, de crise cardiaque, à l'image de Lotfi Nagga, Maitre Fawzi Ben M'rad et C° et accessoirement, de balles de pistolet comme Chokri BelAid.

Nous voilà arrivés au point où l'histoire est connue de tous : le 12 mai 1881. Menacé de mort, Sadok Bey, et le général Jules Aimé Bréart signent le traité du Bardo, au palais de Ksar Saïd. Aux termes de ce traité, la France devait contrôler la sécurité et la politique étrangère du pays, pour une « période temporaire, mais indéterminée ». La France n'avait pas, pour autant, la partie gagnée. Quelques mois plus tard, en effet, les troupes françaises étaient, déjà, sollicitées pour faire face à des révoltes, dans tout le pays. En juin 1881, Ali Ben Ben Khalifa, Caïd de la tribu des N'feftat, mobilisait, à la Grande Mosquée de Kairouan, la Mosquée Okba, les représentants des tribus de toute la région, qui proclamèrent, à cette occasion, leur détermination à s'opposer aux Français, par les armes. La résistance nationale au colonialisme venait de prendre naissance, là, à l'intérieur de ce grand symbole de l'unité des tunisiens qu'est la Mosquée Okba. Remarquez l'intelligence de ce Caïd qui choisissait, non pas un lieu discret, hors de portée des troupes françaises, pour tenir une si grande assemblée, mais le lieu le plus symptomatique de l'Islam et du pays, au risque d'être arrêté ou tué par l'armée française. Ce peuple a du génie, je vous dis. C'est d'autant vrai que je n'arrive pas à comprendre ces deux grandes exceptions, dans notre histoire plurimillénaire, que sont Ghannouchi et Marzouki. Pourquoi, mon Dieu a-t-il fallu que ça tombe sur notre tronche, à nous, nous qui vivions bien heureux sur les acquis de Bourguiba. A quand le (ou la) prochain(e) génie de ce pays ?

L'armée française n'avait pas le temps de souffler, ni de s'installer correctement que, déjà, les principales villes, du pays entraient en rébellion et se révoltaient contre l'occupant. La France qui croyait avoir affaire à une partie de plaisir et un parcours de santé, dut réviser ses calculs. Très vite, elle mobilisa quelque 50 000 soldats et dut, même, leur adjoindre une puissante flotte, capable d'en découdre avec les révoltés des villes côtières, en... les bombardant, à distance, sans risque pour les pauvres soldats français. C'était ainsi, que la ville de Sfax a été bombardée et pilonnée, des jours durant. Elle a été, finalement, prise le 16 juillet 1881 presque trois mois après l'entrée de l'armée française, en Tunisie. Largement supérieure en nombre et en équipement, l'armée française mettra, pourtant, plusieurs mois pour investir des villes comme Gabès, Monastir ou Kairouan. En vérité Il avait fallu une dizaine d'années d'efforts militaires constants, pour occuper, complètement, le pays du nord au sud.

Deux ans après la signature du traité du Bardo/Kassar Saïd, le 8 juin 1881, Ali II Bey et Paul Cambon signaient les conventions de la Marsa. Ces conventions officialisaient et renforçaient le régime du protectorat en accordant, à la France, le droit d'intervenir dans la politique étrangère et de défense ainsi que dans les affaires internes de la Tunisie. Le pays conservait, symboliquement, son gouvernement, mais, l'administration, était placée, désormais, sous le contrôle d'un Secrétaire général français. De même, la France obtenait le droit de nommer de hauts fonctionnaires français, à la tête de tous les services locaux, régionaux et centraux de l'administration. Enfin, cerise sur le gâteau pour la France, de nommer un Résident général, pour avoir la haute main sur le gouvernement. La Tunisie perdait, ainsi, toute souveraineté. La France représentait, dès lors, la Tunisie sur la scène internationale et ne tarda pas à abuser de ses droits et prérogatives de protecteur, pour administrer, directement, et exploiter le pays, comme une véritable colonie, en contraignant le bey à abandonner la quasi-totalité de ses pouvoirs au profit du résident général français qui devenait, de la sorte, le véritable dépositaire du pouvoir, dans le pays. Mais ce pouvoir n'avait, jamais, été de toute tranquillité, car la mèche de la révolte, allumée, à Kairouan, par Ali Ben Khalifa, Caïd de la tribu des N'feftat, le déclencheur du mouvement de résistance nationale à la colonisation, ne s'était jamais éteinte.

Qui était Le Caïd Ali Ben Khalifa ?

Le Caïd Ali Ben Khalifa était surnommé, par les Français, « Le vieillard Résistant ». C'était, en effet, à l'âge de 74 ans qu'il prit les armes pour défendre son pays, envahi par des étrangers. Quand je pense que l'on reproche son âge, à Béji Caïd Essebsi ! Tiens, encore un Caïd ! Serait-ce un signe du destin ? Serait-ce l'homme du destin ? Ali Ben Khlifa était né en 1807 et c'est quatre ans après l'établissement du protectorat qu'il décida, de porter les armes, en 1885, à l'âge de 78 ans, ce qui était considérable, pour l'époque. Il était issu de la grande tribu Semi-nomade des N'feftat, et du clan des Banou Selim. La Famille Ben Khalifa était, depuis des siècles, à la tête du clan et de la tribu. En tant que fils de notable, Ali Ben Khalifa avait fait ses études dans les villes du centre du pays. Avant même l'établissement du protectorat, Ali Ben Khalifa faisait de la politique et appelait à une réunification de tous les pays musulmans dans ce qu'il appelait, l'Union Musulmane. C'est, peut-être, dans ce parcours, un peu particulier, qu'il faut voir l'une des raisons de sa non reconnaissance par l'Histoire officielle, du pays, comme grand résistant, patriote et déclencheur du mouvement national. Sous le régime beylical, Ali Ben Khalifa était « Wali », Caïd et Gouverneur de plusieurs localités, au centre de Tunisie, territoire des N'feftat. De plus, il avait, officiellement, un haut grade dans l’armée beylicale : « Amir Liwa », soit l’équivalent du grade de colonel.

Après avoir réussi à réunir les chefs des tribus du Sud et du centre Tunisien et les chefs religieux et les hommes influents, à la Mosquée Okba Ibn Nefaa, à Kairouan, en juin 1881, Ali Ben Khalifa s’était tourné vers le gouverneur de Tripoli et le Calife ottoman, à Istanbul, pour les appeler à armer les membres de sa tribu. Après cela, il avait lancé une lutte de guérilla, de quatre ans, contre l'armée française et les colons européens, venus, en nombre, pour mettre la main sur les richesses du pays. Et c'était sans surprise que l'on retrouvait la bête noire des français, l'Omar El Mokhtar tunisien, « Le vieillard Résistant », à Sfax, où il entama son premier combat contre l'armée française. Dieu est grand, ce fut une victoire et le Cheikh vénérable (celui-là était vrai) écrasa les troupes françaises, venues occuper Sfax. Loin d'avoir été de simples spectateurs les habitants de Sfax, représentés par la tribu des Mhedhba, donnèrent le coup de main décisif pour l'obtention de cette précieuse victoire qui amena, comme il se devait, l'adhésion de plusieurs autres tribus de Tunisie, à la cause du Caïd Ali Ben Khalifa, qui justifia, ainsi, son grade de colonel, contrairement, à cet autre colonel qui viendra gouverner le pays voisin du sud, un siècle plus tard.

Vous, qui me lisez, vous ne connaissez pas ce magnifique épisode de notre histoire contemporaine, ce haut fait resté gravé, mais ignoré dans les annales du mouvement national, n'est-ce pas ? alors ouvrez les yeux et lisez ce témoignage saisissant de l'historien français Martel : « Les valeureux chevaliers du Cheikh se sont opposés, avec bravoure, à l’armée française qui était bien plus supérieure, avec ses canons et ses armes, l’obligeant à se cacher dans les casernes et les bateaux de guerres, 15 jours de suite…..et sans la fin des munitions des rebelles et l'arrivée des renforts Français, Sfax et ses environs auraient pu être une grande tombe pour les soldats Français ». Que dire de plus, mes braves gens ? Réveillez-vous, chers lecteurs et saluez bien bas le Caïd Ali Ben Khalifa et ses troupes, car se sont vos grand- pères qui ne s'étaient pas laissés dominer par plus forts qu'eux ! Allez-vous suivre leur exemple, ou bien, allez-vous laisser le Qatar et ses sous fifres vous dominer, sans lever le petit doigt ? Vous vous lamentez, à longueur de nuit et surtout de jour, sur facebook. Vous croyez que c'est suffisant et que cela vous sauvera? Allez, ouste, allez faire de la politique et de la résistance civile, sur le terrain !

A la bataille de Sfax, le Caïd Ali Ben Khalifa a été, cruellement, blessé à la jambe. Il en gardera les séquelles durant les quelques années qui lui restaient à vivre. Cela ne l'avait pas, pour autant, empêché de réorganiser son armée, au sud de Sfax, avant d'en envoyer une partie faire route sur Tunis. Il voulait punir le Bey pour avoir osé signer le traité du bardo/Kessar Saïd. C'était dans les environs de la capitale qu'il engagea une bataille décisive, contre l’armée du Bey. Ce qui était drôle, c'était que cette marche, de plus de 300 kilomètres, et cette intrusion dans ce qui était considéré, à l'époque, comme le domaine propre du Bey, d'une véritable armée de 500 cavaliers et de 2000 membres de l’infanterie, n’avait, même pas, pu être détectée et interceptée par l'armée française, ni ses agents du renseignent et encore moins, par ses éclaireurs autochtones. C'est que le Caïd Ali Ben Khalifa n'était pas novice et connaissait parfaitement son métier. N'oubliez pas qu'il était, entre autres, colonel dans l'armée du Bey. Oui, mes braves (?), le Caïd Ali Ben Khalifa n'était pas un amateur et la France a dû être, drôlement, surprise de découvrir ce visage, insoupçonné des, tunisiens. Ses troupes s'était organisées, dans l'urgence, pour défendre et protéger le Bey, ses terres et ses domaines, comme elle s'y était engagée par le traité du bardo/Kessar Saïd. Les braves français !!

Le Caïd Ali Ben Khlifa, garda des troupes pour défendre Sfax et envoya le reste à Gabès assiégée, de terre et de mer, par l'armée française. Les Hommes du vénérable Cheikh avaient défendu Gabès, plusieurs jours durant, en juillet 1881. Cependant, après plusieurs jours de bombardement maritime, la ville, qui était sous blocus terrestre, capitula. La bataille avait coûté la vie à plus de 50 résistants tunisiens. Les troupes françaises détruisirent le quartier général du Caïd Ali Ben Khalifa, à Gabès. Chose étrange, ce quartier général portait un nom, non pas arabe, non pas musulman, mais un nom qui rappelle la grandeur passée de ce pays : « DAR LIFRIK », La Tunisie était, en effet, l'Africa proconsulaire romaine et l'Ifrikya Arabe. Tout un symbole, des symboles comme devait les aimer, décidemment, ce vénérable Cheikh, très cher à mon c½ur. Les défaites, logiques, de Gabès et de Sfax, pour une armée dispersée aux quatre coins du pays, sans logistique et sans moyens de communication, ne pouvaient qu'advenir, devant un adversaire supérieur en nombre et en moyens. C'était ainsi que vers la fin de l’année 1881, le Caïd Ali Ben Khalifa, à la tête d'une véritable armée de 4000 hommes, a été obligé d’émigrer en Lybie, ou près de 140 000 civils tunisiens avaient choisi de le suivre. Dès lors, Le Caïd Ali Ben Khalifa allait faire de la résistance, depuis les terres Libyennes contre les forces armées françaises, au sud de la Tunisie.

A la suite du départ, en Libye, du Cheikh vénérable, le Bey se chargea d'organiser une campagne de dénigrement, systématique, à son encontre. C'était ainsi que des dizaines de personnes avaient été achetées afin de lancer des rumeurs pour démoraliser les troupes de Caïd Ali Ben Khalifa et leur faire perdre espoir. Les journaux ont été mis à contribution et des articles paraissaient, régulièrement, dans la presse tunisienne, parlant de la capitulation du Vénérable Cheikh. Le Caïd Ali Ben Khalifa était, bien sûr, au courant de ces tentatives de déstabilisation. Je vous livre la traduction de sa réponse écrite en arabe au journal « El Jawerib ». Elle mérite le détour: « J’ai lu, dans le numéro 1077 de votre journal, une information qui m’a laissé perplexe, ce devait être un article écrit par des Vendus. Ils ont dit que nous avons capitulé aux Français. Mais la réalité est autre : Nous ne cesserons jamais la résistance pour notre Patrie, pour notre religion et notre Honneur Arabe. Nous ne reconnaissons qu’une seule autorité, celle du Calife (d'Istanbul) et nous avons abandonné nos enfants, nos maisons et notre pays pour pouvoir atteindre notre objectif ».Cela ne vous rappelle rien ? Les vendus et les mercenaires de la plumes ne sont pas une invention récente, loin s'en faut. Tout au plus, peut-on noter l'augmentation vertigineuse de leur nombre, à la faveur de l'invention des réseaux sociaux. La légende raconte que Le Caïd Ali Ben Khalifa était mort sur son cheval, alors qu'il galopait, à la tête de son armée, en direction de la Tunisie. Il était né libre et libre il mourut. Comme le vent. Levez-vous bande de fainéants et mettez vous debout pour rendre hommage au Caïd Ali Ben Khalifa qui a été le premier à donner sens et contenu à cette expression magique : « être tunisien ». De plus, n'ayez cesse de faire en sorte pour que le pays reconnaisse en lui, l'un des siens, l'un de ses grands. Je vous propose et je propose à ses descendants, si jamais, ils me lisent de le fêter et de commémorer sa mémoire, le 7 avril de chaque année.

Par Ridha Ben Kacem 7 avril 2013

Tunisie Focus

Ses derniers articles: Dimanche , Ban Ki-moon a reçu le rapport des enquêteurs de l’ONU en Syrie  Une météorite tombe  Journée internationale de la démocratie . Bla-bla-bla chez les arabes 

Ali

AFP

Tunisie: un proche de l'ex-président Ben Ali interpellé

Tunisie: un proche de l'ex-président Ben Ali interpellé

AFP

Tunisie/corruption: enquête ouverte sur le témoignage d'un proche de Ben Ali

Tunisie/corruption: enquête ouverte sur le témoignage d'un proche de Ben Ali

AFP

Tunisie: le président déchu Ben Ali de nouveau condamné

Tunisie: le président déchu Ben Ali de nouveau condamné