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100.000 charrues pour les agriculteurs burkinabè

L’opération «100.000 charrues» lancée en juin 2011 par le gouvernement burkinabè va permettre d’équiper près de 75% des ménages ruraux d’ici 2015. C’est en tout cas le souhait des autorités qui ont mis en place cette initiative, qui répond à un besoin depuis longtemps exprimé par les agriculteurs.

Le président de la Confédération paysanne du Faso (CPF), qui s’est réjoui de cette action, a déclaré à IPS:

«La difficulté de notre agriculture est qu’elle n’est pas mécanisée. Or la mécanisation permet de réduire considérablement le temps de travail. Au lieu d’avoir cinq personnes sur deux hectares pendant toute l’année, une personne peut labourer la même surface en quatre jours, et les quatre autres personnes feront autre chose.»

L’agriculture, qui contribue pour 40% au PIB du Burkina Faso est très peu mécanisée: près de 50% dans les zones cotonnières et seulement entre 1 et 2% ailleurs.

Le Fonds international pour le développement agricole (Fida) a indiqué lors du premier G20 de l’agriculture, qui s’est tenu à Paris en juin 2011, qu’oublier les petits producteurs pourrait aggraver l’insécurité alimentaire et l’instabilité des prix des denrées. Or, toujours selon le Fida, la hausse actuelle des prix de ces dernières a fait basculer 44 millions de personnes dans la pauvreté.

Une pauvreté qui pourrait être combattue deux fois plus vite avec la croissance du PIB. On peut donc penser que l’initiative des autorités burkinabè fait écho à cet appel.

En effet, depuis les manifestations contre la vie chère en 2008, le gouvernement a accordé une aide de 7 milliards de francs CFA (11,1 millions d’euros) aux agriculteurs. Il accorde également une subvention de 80% aux bénéficiaires de l’opération «100.000 charrues».

Pourtant, SOS Sahel, une ONG locale, apporte un bémol à toutes ces actions gouvernementales. Dans un entretien à IPS, Alfred Sawadogo, responsable de l’ONG exprime ses réserves:

«Il faut encourager cette initiative qui profite aux familles. Nous sommes, par contre, opposés à celui qui, avec son argent, achète 150 hectares de terre et un Caterpillar pour terrasser tous les arbres et faire du coton ou du maïs», a-t-il déclaré, critiquant ainsi le choix des autorités d’encourager les opérateurs de l’agrobusiness ces dernières années.

Lu sur IPS