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79 millions d’euros bloqués : les fonds de Saipem en Algérie gelés

Les autorités algériennes ont gelé les comptes de Saipem Contracting Algérie. Selon l'agence Reuters, l'entreprise de services pétroliers, actuellement au c½ur d'une enquête sur des pots-de-vin ayant entaché une série de contrats passés avec Sonatrach, a annoncé mercredi dernier le gel de ses fonds en Algérie lesquels se montent à 79 millions d'euros, soit l'équivalent de 101 millions de dollars, en plus de reconnaître implicitement les faits qui lui sont reprochés. La filiale du groupe pétrolier et gazier italien ENI a précisé ainsi que dans le cadre de l'enquête lancée en 2010 «portant sur les prix gonflés des services sur les contrats que la compagnie énergétique nationale a attribués à Saipem, grâce à l'intervention de hauts responsables algériens», les comptes de celle-ci avaient été gelés. Et d'ajouter que si certains comptes ont été débloqués, deux comptes en dinars algériens, dont le solde au 25 janvier 2013 équivaudrait à 79 millions d'euros, demeurent gelés. Somme toute une goutte d'eau dans l'océan de pots-de-vin versés et à la valeur des contrats dont a bénéficié le groupe italien en Algérie. La firme confirme également que des perquisitions ont été menées, le 24 mars dernier, dans les locaux de Saipem Contracting Algérie à Sidi Yahia, à Alger, et ce, en application de la commission rogatoire demandée par la justice italienne. Rappelons dans ce sens que l'enquête des services de sécurité algériens concerne des contrats attribués à Saipem en 2009, dont celui ayant trait à la réalisation du gazoduc GK3 devant relier Hassi Messaoud à El Kala. Au-delà du process d'attribution du marché portant sur la réalisation du lot n°3 à la firme italienne, l'évaluation du projet jugé trop coûteux pose problème. Lot que la filiale d'ENI aurait d'ailleurs sous-traité à l'entreprise OGEC, derrière laquelle se cache nul autre que Farid Bedjaoui. Le même Farid Bedjaoui soupçonné par la justice italienne d'avoir joué l'intermédiaire entre ENI et sa filiale Saipem, et les responsables algériens du département de l'Energie, à leur tête l'ex-ministre Chakib Khelil. Une intermédiation qui a abouti au versement de 197 millions d'euros de commissions à Pearl Partners Limited, une société intermédiaire basée à Hong Kong et dirigée par Farid Bedjaoui, contre l'obtention en 2007 et 2009 de 8 contrats pour une valeur de 11 milliards d'euros. C'est d'ailleurs l'instruction judiciaire ouverte par le parquet de Milan au mois de février dernier qui a permis de lever le voile sur les faits. Dès lors, les événements se sont précipités et ont conduit à la démission du plus haut dirigeant de Saipem, Pietro Franco Tali. Le scandale n'a pas tardé à toucher ENI qui détient plus de 43% des parts dans Saipem, dont l'administrateur délégué, Paolo Scaroni, aurait rencontré à plusieurs reprises Farid Bedjaoui. A Alger, le parquet a ordonné, le 10 février dernier, l'ouverture d'une information judiciaire dans le cadre de l'affaire Sonatrach 2. Depuis, des commissions rogatoires internationales ont été lancées, tandis que plusieurs cadres du secteur ainsi que d'anciens dirigeants de la compagnie nationale des hydrocarbures sont auditionnés depuis peu.

El Watan

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