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Cité dans l’affaire ENI-SAIPEM : Farid Bedjaoui menace d’impliquer des responsables

Le neveu de l'ex-ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bedjaoui, est devenu durant le règne de Chakib Khelil sur le secteur pétrolier un intermédiaire-clé permettant aux firmes internationales de décrocher des marchés en Algérie. La justice algérienne aura-t-elle les mains libres afin de mener son enquête en toute indépendance pour faire déférer devant les tribunaux les vrais «caïds» de la corruption ? Au c½ur des scandales de malversation qui éclaboussent les compagnies nationales et étrangères, Farid Bedjaoui, neveu de l'ex-ministre des Affaires étrangères, serait une des pièces maîtresses dans le système de corruption dans lequel s'enferre le pays. A seulement 43 ans, il est devenu un milliardaire grâce aux commissions occultes qu'il touchait dans l'octroi des marchés de l'énergie, des travaux publics et de l'hydraulique. Durant le règne de Chakib Khelil sur le secteur pétrolier national, il était le bras «financier», un «facilitateur» permettant à des compagnies étrangères (italiennes, canadiennes et chinoises) d'obtenir de gros marchés en Algérie dans des conditions opaques. Selon le magazine Jeune Afrique, il aurait empoché entre «800 millions à 1 milliard de dollars de commission Selon le magazine Jeune Afrique, il aurait empoché entre «800 millions à 1 milliard de dollars de commissions de 2003 à 2011».  Depuis que la justice italienne enquête sur les conditions dans lesquelles la compagnie Saipem a obtenu des marchés en Algérie, le nom de Farid Bedjaoui est apparu comme un élément central dans les négociations. A la tête d'un cabinet-conseil, Rayan Asset Management, basé à Dubai, il serait le «récipiendaire» des commissions versées à des dirigeants algériens. Il est, aujourd'hui, soupçonné par les justices italienne et canadienne. Qu'en est-il de la justice algérienne ? S'intéresse-t-elle à ce sulfureux intermédiaire des transactions douteuses dont le pilote serait l'ex-ministre de l'Energie, Chakib Khelil, un ami de Bouteflika ? Difficile de le savoir. Car les enquêteurs algériens ne fournissent aucun élément d'information. Farid Bedjaoui est, aujourd'hui, un des éléments-clés dans l'éclatement de la vérité sur la corruption qui émaille l'octroi des marchés aux compagnies étrangères. Installé à Dubai, où il a une résidence bancaire, il aurait «menacé» d'impliquer de hauts responsables algériens s'il est visé par la justice, selon le site électronique TSA. Fait-il du chantage aux dirigeants algériens qui  seraient complices dans les affaires de corruption pour amener la justice à ne pas «aller» trop loin ? Vraisemblablement. Il ne veut pas tomber tout seul, tout comme Chakib Khelil qui avait déclaré au lendemain de l'éclatement du scandale de Sonatrach que si on touchait à lui, «on toucherait au clan présidentiel». Avec l'ouverture de «l'affaire Sonatrach 2», la justice devrait naturellement passer à la vitesse supérieure. Des perquisitions auraient été effectuées aux domiciles d'anciens dirigeants de la compagnie pétrolière nationale. La justice aura-t-elle les mains libres pour aller au bout de son enquête ou bien  reculera-t-elle devant les pressions qu'exerceraient des cercles puissants directement liés aux affaires de corruption et qui tenteraient de «limiter» son champ d'action ? Les exemples en la matière sont légion. Dans les scandales des affaires BRC et Khalifa, les «caïds» ont magistralement échappé à la justice. L'affaire Sonatrach connaîtra-t-elle le même épilogue ? En tout cas, pour le moment, ni  Chakib Khelil ni son conseiller «occulte», Farid Bedjaoui, n'ont pas subi de  perquisition ni ont été auditionnés par le juge instructeur, alors qu'ils étaient au c½ur du dispositif dans l'octroi des marchés aux firmes internationales, monnayant des pots-de-vin   s'élevant à des centaines de millions d'euros. La compagnie canadienne SNC-Lavalin a reconnu officiellement avoir recouru aux services de Farid Bedjaoui pour décrocher plusieurs marchés en Algérie. Pas seulement. Bénéficiant de l'influence de son oncle, Mohamed Bedjaoui, ancien ministre des Affaires étrangères, «le goldenboy» a servi également d'intermédiaire en faveur des Chinois dans l'obtention des marchés de la réalisation du mégaprojet de l'autoroute Est-Ouest. Il aurait empoché, selon Jeune Afrique, la somme de 230 millions de dollars. Le chef de l'Etat, qui s'est exprimé récemment sur les affaires de malversation qui ont émaillé la réalisation de certains projets d'envergure, s'est engagé : «L'Etat n'hésitera pas à demander des comptes à toute personne coupable aux yeux de la loi de tentative d'enrichissement illicite et au préjudice des deniers publics, tout en veillant à recouvrer les droits spoliés et à demander des comptes à ceux qui ont failli à leur mission, quels que soient leurs postes.» Cet engagement permettra-t-il à la justice, dont l'indépendance est sujette à caution, de frapper la tête du système de la corruption ? Ou va-t-elle organiser une parodie de procès mettant en cause des «lampistes» et laissant libres les organisateurs de l'escroquerie. L'opinion publique nationale, qui suit avec beaucoup d'intérêt et d'inquiétude ces scabreuses affaires, est dans l'attente de voir de hauts responsables venir rendre compte de leurs actes. L'affaire Sonatrach constitue un sérieux test pour la justice. 

El Watan

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