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Résultats sociétés cotées : La Sonasid affectée par une vive concurrence des importations

"Le secteur de la sidérurgie mondiale est dans un contexte chahuté sur fond de surcapacité sans précédent, de dépression économique au niveau européen», a d'emblée expliqué M. Ayoub Azami, Directeur Général de la Sonasid. Ce contexte sectoriel difficile a été accentué au niveau national par l'impact du démantèlement douanier qui s'est traduit par une hausse des importations et, par ricochet, par une forte pression sur les prix de vente du rond à béton et du fil à machine. A cela s'ajoute la forte concurrence que se mènent les opérateurs locaux sur la ferraille et le rallongement des délais de paiement (120 jours et plus) du fait des problèmes de trésorerie des entreprises et de liquidités des banques.

En clair, le secteur de la sidérurgie est dans une mauvaise passe. Et si les opérateurs ibériques qui inondent le marché local sont dans le rouge, les sidérurgiques nationaux ne sont pas mieux lotis, guerre des prix oblige.

Ainsi, au titre de l'exercice 2012, selon les chiffres distillés par M.  Abdelilah Fadili, Directeur Financier, la Sonasid a vu son chiffre d'affaires reculer de 11,85 % pour s'établir à 4 747 MDH, du fait de la conjoncture économique nationale (baisse de régime des investissements en infrastructures, difficultés d'accès aux crédits pour certains opérateurs du BTP, etc.), de la hausse des importations qui ont représenté 15 % de la consommation du marché en rond et fils machines et de la baisse des prix consécutive à la rude concurrence entre les acteurs locaux. Il est aussi à noter aussi que le chiffre d'affaires à l'export a fortement baissé, reculant de 485 MDH (80 000 tonnes) en 2011 à 172 MDH en 2012, soit une baisse de 64,54 %. Les exportations ont été absorbées essentiellement par l'Algérie et la Mauritanie. Le résultat d'exploitation a affiché un déficit de -92 MDH contre un résultat positif de 164 MDH, essentiellement à cause de la guerre des prix qui a prévalu durant le second semestre, poussant Sonasid à faire des sacrifices importants sur ses prix pour conserver sa part de marché. De ce fait, le résultat net s'est aussi inscrit en déficit de -78  MDH contre un bénéfice de 148 MDH en 2011.

Poursuite de la politique de redressement

En comptes consolidés (Sonasid SA et Longométal Armatures), le chiffre d'affaires du Groupe s'est établi à 4 775 MDH, l'Ebitda (résultat opérationnel avant dépréciation et amortissements) s'est établi à 72 MDH et le résultat net consolidé est en déficit de -93 MDH contre un bénéfice net de 104 MDH en 2011. En conséquence, les capitaux propres consolidés se sont amoindris de -4,63 % à 2 161 MDH. Selon le management, tout le passif de Longométal Armatures a été provisionné en 2012 et l'entreprise repart sur de bonnes bases à partir de 2013.

En dépit de la conjoncture difficile du secteur, Sonasid a dégagé une capacité d'autofinancement de 47 MDH et a réduit son endettement net à 100 MDH, contre 362 MDH en 2011, ramenant son taux d'endettement à 6 %.

Face aux importations, et après la saisie du Gouvernement par la profession dans le but de sécuriser le marché, des mesures de sauvegarde seront prises très prochainement par les autorités via la mise en place de dispositions tarifaires (droits de douane) temporaires. Ce qui ne manquera pas de réduire la tension sur les prix à un moment où le secteur commence à retrouver une certaine amélioration sur ces indicateurs.

Enfin, pour 2013, la Sonasid compte poursuivre son plan de redressement lancé en 2012 en mettant l'accent sur plusieurs axes stratégiques : diversification en ferraille autour de l'investissement du broyeur (la Sonasid a consommé 40 % de la ferraille totale locale), rationalisation des coûts fixes, optimisation des coûts de transformation, substitution énergétique et renforcement de la nouvelle stratégique commerciale, axée en particulier sur le développement de la distribution en direct, via le canal Sonasid Distribution. Sur ce dernier point, outre l'écoulement d'une partie de la production via Longométal Armatures et la filiale du groupe spécialisée dans la distribution des matériaux de construction, le sidérurgiste compte contrôler en propre environ 30 % de l'écoulement de sa production dans les années à venir.

Grâce à cet ensemble d'actions, le leader du secteur compte améliorer ses principaux indicateurs de rentabilité grâce à l'évolution favorable du prix de vente et à la baisse relative du coût d'achat de la ferraille.

Moussa Diop

La Nouvelle Tribune

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