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La violence conjugale reste "un grave problème" en Afrique du Sud

Le danger pour les femmes sud-africaines, toujours victimes de nombreux homicides, vient, plus qu'ailleurs dans le monde, de leur mari, amant, ex-petit ami ou partenaire, selon une étude publiée cette semaine par le Conseil sud-africain de la recherche médical (MRCSA).

"En Afrique du Sud, le meurtre de femmes par leurs partenaires reste un problème grave", souligne l'étude, qui s'appuie sur des données collectées à la morgue, dans les rapports d'autopsie et lors d'entretiens avec la police sur les décès de femmes âgées de 14 ans et plus.

Il en ressort qu'"en 2009, le taux d'homicides féminins était toujours cinq fois plus élevé en Afrique du Sud que la moyenne mondiale".

En 2009, 930 femmes ont été victimes d'homicide. Un chiffre en baisse comparé à dix ans auparavant (1.052 en 1999, soit un taux d'homicide féminin passé de 24,7% à 12,9%) mais la proportion de femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint n'a pas diminué de façon significative (passant de 8,8% en 1999 à 5,6% en 2009).

Le seul changement positif relevé par l'étude a été apporté par la législation sur les armes à feu de 2004, qui a permis d'épargner des vies mais "il semble qu'un effort renouvelé du gouvernement en matière de prévention est nécessaire pour influer sur la proportion de meurtres de femmes".

"Comment promouvoir la non-violence entre partenaires intimes? Mais on sait ce qui marche", a expliqué vendredi à l'AFP l'auteur de l'étude Naeemah Abrahams. La chercheuse cite notamment "le travail avec les parents et les enfants dès le plus jeune âge pour éviter la violence au foyer, ou le travail avec les jeunes garçons avant qu'ils ne développent une conception patriarcale de la société".

La chercheuse suggère aussi que l'accès à la micro-finance ou à l'emploi pour les femmes est bénéfique.

La violence contre les femmes est l'une des facettes de la violence en général dans la société sud-africaine: "La violence est un problème courant dans notre pays. Pourquoi? Il me faudrait un jour entier pour l'expliquer mais je pense que cela tient à l'histoire de l'apartheid qui était un système très brutal, qui a brisé les familles et amené les gens à gérer les conflits d'une certaine manière. Les gens sont très traumatisés. Je crois aussi que notre société a des normes non écrites très strictes sur les différences entre hommes et femmes".

L'étude montre aussi que le risque d'être condamné pour l'auteur d'un meurtre contre sa compagne n'a pas changé entre 1999 et 2009, et que l'impunité a même augmenté quand l'auteur n'est pas le partenaire de la victime.

AFP

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