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Otages depuis une année, trois diplomates attendent leur libération

Trois diplomates algériens sont toujours otages, au Mali, du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), depuis une année. Ils font partie des sept diplomates (le consul d'Algérie à Gao et six de ses collaborateurs) qui avaient été enlevés le 5 avril 2012 dans le nord du pays. Le Mujao avait libéré trois diplomates en juillet 2012, mais avait annoncé, un mois plus tard, que l'organisation terroriste avait exécuté le vice-consul, Tahar Touati, après le refus des autorités algériennes d'accéder à ses revendications. Une information jamais infirmée ni confirmée par les officiels algériens. Depuis, les informations sur les trois diplomates encore aux mains du Mujao sont distillées au compte-gouttes. «Nous sommes estomaqués par la façon dont ce pays communique sur cette affaire, estime Soufiane Djillali, président du parti Jil Jadid. Même les familles des diplomates encore otages au Mali ne sont pas plus informées. Selon certaines familles, elles n'ont le droit à aucun suivi de la part des responsables des Affaires étrangères. Les familles sont livrées à elles-mêmes. Nous avons l'impression que le gouvernement algérien attend que les choses se règlent d'elles- mêmes.» Abdelaziz Rahabi, ancien ministre et ambassadeur, tient à rappeler que le président algérien n'a toujours pas reçu les familles des otages et rappelle que Bouteflika a été plus prompt à envoyer «un message de condoléances aux autorités helvétiques lors d'une avalanche de neige qui a fait de nombreuses victimes, qu'à réconforter les familles des diplomates algériens». Responsabilité Mais l'ancien diplomate refuse que cette affaire devienne un enjeu de politique intérieure à une année de l'élection présidentielle. «Il est trop tôt pour entamer un débat sur la gestion de cette crise et de ses conséquences, estime Abdelaziz Rahabi. Il faut d'abord tout faire pour relâcher nos diplomates. Le temps des récriminations viendra plus tard.»  La semaine dernière, Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, a explicitement désigné le Mali comme responsable de la prise d'otages et du sort des diplomates. Il a tenu à rappeler à ce pays ses obligations en matière de protection des missions diplomatiques. Selon le ministre des Affaires étrangères, la libération des diplomates algériens «nécessite les efforts des Maliens eux-mêmes», et a rappelé que les Algériens enlevés, dont le principal souci était de servir et d'aider le Mali, étaient sous la responsabilité de ce même pays. «Ce rappel aux autorités maliennes est tout à fait normal, juge Abdelaziz Rahabi. Dans la pratique internationale, le pays d'accueil est responsable de la protection des édifices diplomatiques. Le problème avec le Mali, c'est qu'il n'y avait plus d'Etat ni d'armée au moment de l'enlèvement. Il n'y avait plus aucune autorité sur le territoire.» Par ailleurs, l'ancien ministre de la Communication et ambassadeur en Espagne estime que la prise d'otages au Mali est la conséquence d'une défaillance de notre diplomatie qui a perdu beaucoup de positions en Afrique : «Nous ne connaissons plus la température dans la région de l'Afrique. L'Algérie est plus préoccupée de faire les yeux doux aux Occidentaux durant ces dernières années que de consolider sa position sur le continent africain.» Pour plusieurs observateurs, l'Algérie a perdu sa force de dissuasion. Elle n'est plus ce pays craint pour sa force de réaction. «Il y a encore quelque temps, aucun groupe ne se serait permis d'attaquer les intérêts algériens de peur de la réaction immédiate de notre Etat. Ce n'est plus le cas», affirme un diplomate sous le couvert de l'anonymat. Le dernier enlèvement de diplomates algériens remonte à juillet 2005 : Ali Belaroussi et Azzedine Belkadi avaient été enlevés le 21 juillet 2005 en Irak puis assassinés le 28 juillet. Le groupe armé Al Qaîda de l'organisation du djihad au pays des deux fleuves, dirigé par le Jordanien Abu Musab Al Zarqawi, avait revendiqué l'enlèvement et l'assassinat des deux diplomates qu'il considérait comme «deux émissaires de l'Etat algérien qui n'applique pas la charia et s'est allié aux juifs et aux chrétiens».

El Watan

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