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Aprés la sortie de Idy contre le gouvernement Latif COULIBALY tire à bout portant sur l'ancien PM

Le leader du parti Rewmi avait dressé un bilan peu reluisant des douze mois de la gestion de Macky Sall. D'aucuns disent même qu'il n'a fait que dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Une opinion pas du tout partagée par le porte-parole du gouvernement, Abdou Latif Coulibaly, qui dans un long entretien qu'il a accordé à Rewmi.com, Rewmi FM et Rewmi Quotidien, a tenu à apporter une cinglante réplique au maire de Thiès.



Cela fait un an que votre équipe gouvernementale est à la tête de l'Etat, la santé bat de l'aile et l'école est dans une instabilité, quelles solutions préconisez-vous ?

D'abord, vous dites que l'école n'est pas stable, c'est une réalité et encore qu'il faille comparer avec la situation que nous avons trouvée ici. Vous dites que l'école n'est pas stable, cela veut dire qu'elle fonctionne, quand on arrivait, l'école avait cessé de fonctionner, avec une grève de 5 mois. Le gouvernement qui a été mis en place a réussi à redémarrer l'école et l'année scolaire a été sauvée et les examens ont été faits. Mieux, on a réussi à faire bacheliers 30 mille sénégalais. Vous parlez d'instabilité, c'est vrai, mais l'instabilité vaut mieux que l'arrêt. Aujourd'hui, dans l'enseignement supérieur, un vaste programme national de concertation a été mis en ½uvre pour que les acteurs s'entendent sur des mesures pour l'avenir. Et sur ça, le gouvernement n'a pas attendu pour que ces concertations aboutissent. Le gouvernement a décidé de combattre la saturation de nos structures de formations supérieures par la construction d'une nouvelle université dans la banlieue et la construction d'une autre dans le Sine et le Saloum. Le gouvernement a aussi décidé la construction de nouvelles unités de formations professionnelles pour une autre dimension à la formation professionnelle. Dans l'enseignement secondaire et primaire, des préaccords ont été signés sur des questions importantes. Il faut savoir que quand nous sommes arrivés, le 25 mars dernier, il y'avait une quarantaine d'accords signés par le précédent régime avec les syndicats, qui n'ont pas reçu un début d'exécution, ni de mise en ½uvre. Il faut solder ce contentieux que nous avons hérité. Et vous avez entendu des syndicalistes dire, qu'ils ont reçu des offres et des propositions concrètes du gouvernement et qu'ils sont en train d'étudier pour revenir à la table de négociation.
Malgré ces efforts, les enseignants continuent à aller en grève, peut-être, ne vous font-ils pas confiance ?
Le problème dans une démocratie, c'est ce qui fait vivre la démocratie qui pose un problème : la liberté. Substantiellement, c'est la liberté des travailleurs qui est l'un des symboles les plus vivants de la société qui pose plus de problème à la société. C'est étonnant que pendant 5 mois, des enseignants étaient en grève et qu'on les paye régulièrement des salaires. Il y'a quelque chose qui ne fonctionne pas et quelque chose qui n'est pas normale : le principe de la grève, c'est une cessation du travail, le salaire c'est une contrepartie de ce qui a été fait. Si on s'amusait à faire des calculs de ce que l'Etat sénégalais a subi pendant cinq mois que les enseignants n'ont pas enseigné, c'est des milliards et des milliards que ne peut pas rattraper dans 20 ans. En plus, un autre fait, dans un pays où la démocratie fonctionne normalement, la grève ne peut pas être des séries de débrayage à répétition, finalement, c'est le rapport que nous avons avec le rapport avec le bien public, le rapport que nous avons avec notre propre citoyenneté. Et ça, ce n'est pas seulement le gouvernement, c'est tout le monde et il faut qu'on soit très précis par rapport à ça. Comment acceptez-vous que quelqu'un ne fait pas son travail et qu'à la fin du mois, il se présente pour recevoir son argent et sans état d'âme et comment se fait t-il également qu'un gouvernement paye quelqu'un qui ne fait pas correctement son travail. Les gens ne se rendent pas compte que c'est ni plus ni moins un bien mal acquis que de ne pas travailler et d'aller percevoir son salaire, à la fin du mois.
Idrissa Seck a fait deux sorties médiatiques, fustigeant l'actuel régime, disant que les choses ne bougent dans ce pays, partagez-vous cet avis ?
Naturellement, non. Je pense qu'il y a des gens, en l'occurrence Idrissa Seck, avec beaucoup de respect que je lui dois, qui soulèvent des débats qui ne sont pas à la hauteur de nos responsabilités. Il y a des choses, quand on est responsable, on les pose de façon responsable. Je ne crois pas que la polémique médiatique soit nécessairement preuve de responsabilité. Idrissa fait le choix de ses armes qu'il pense être les armes les plus efficaces pour exister, parce qu'à un certain moment, on vous oublie et vous avez envie d'exister. La meilleur existence, c'est celle que Macky Sall avait faite, quand il avait démissionné du parti démocratique sénégalais, c'est d'aller vers les sénégalais, d'être présent auprès des sénégalais et de réussir sa brillante élection, alors qu'il n'était pas nécessairement a priori, deux ans avant sa sortie du gouvernement, le mieux indiqué.

Quid des 417 milliards dans les caisses de l'Etat que vous disiez vides, à votre arrivée ?

Honnêtement, j'ai beaucoup d'amitié pour Idrissa Seck mais parfois, j'ai le sentiment qu'il a quasiment un rapport névrotique avec l'argent. Toutes les fois qu'Idrissa Seck s'est placé au c½ur d'une polémique dans le pays, c'est quasiment l'argent. C'est rarement sur une analyse prospective de la situation du pays. Souvenez-vous : la première polémique qu'il a déclenchée comme Premier ministre, c'est d'aller dire à Ziguinchor 'je suis très riche alors que je suis un enfant de pauvres', la deuxième polémique la plus essentielle ça a été également de dire 'la première chose que Wade m'a dite c'est nos soucis d'argent sont terminés', la troisième fois que je l'ai entendu franchement dire des choses qui captent l'attention des citoyens sénégalais, c'était de revenir pour dire 'ce qui m'oppose à Abdoulaye Wade...il m'a donné des fonds politiques'. Idrissa Seck a voulu faire croire que le constat qui a été fait n'est pas un constat conforme à la vérité des faits. Il parle des avoirs de l'Etat sénégalais qui sont parfaitement différents des avoirs du Trésor public sénégalais. Il faut que les gens le comprennent, quand vous allez dans les comptes de la Banque Centrale, tout ce qui est déposé dans les banques, en termes de billets, monnaie, d'avoirs, est comptabilisé pour le compte de l'Etat du Sénégal. Par exemple, l'argent que la Caisse des consignations des dépôts a, dans les banques, facturé au compte de l'Etat du Sénégal. Quand il parle de 417 milliards, c'est l'ensemble des avoirs de toutes les entités publiques, parapubliques et le Trésor public sénégalais. Ça n'a rien à voir avec un avoir budgétaire. Je crois qu'il le sait, s'il l'ignore, c'est grave car, c'est un homme qui a exercé de hautes responsabilités ; c'est vrai qu'il n'a pas duré là-bas, il a rarement duré dans des fonctions d'ailleurs, même dans le privé, je ne crois pas qu'il ait trop duré dans un cabinet.
Mais, ce n'est pas une excuse. Il sait très bien que l'ensemble de ces avoirs là ne peut pas être comptabilisé en termes d'avoirs du Trésor public sénégalais. Sur l'ensemble du magma d'argent qui est soulevé, Idrissa Seck sait très bien que le Trésor public sénégalais ne disposait que de 12 milliards. Mais, ces 12 milliards ne signifient absolument rien par rapport à l'endettement de 587 milliards de l'Etat du Sénégal. Vous avez 12 milliards, vous avez une dette de 587 milliards, sans compter les cautions auxquelles le Sénégal faisait face pour une valeur quasiment de 150 milliards, des emprunts sur lesquels le Sénégal avait fait des cautionnements. Ça n'a rien à voir avec le contentieux qui a généré des sommes importantes à payer par l'Etat du Sénégal, pour à peu près 96 milliards. Donc, si vous additionnez tout, les avoirs du Sénégal de 12 milliards et le niveau d'engagements auxquels le Sénégal fait face, vous avez un déficit énorme de plus de 500 milliards que le Sénégal devait au moment où le président Macky Sall est arrivé au pouvoir.
Tout de même, il y a soit une mauvaise foi manifeste ou bien une ignorance ou une volonté de faire effet, par un mensonge translucide. Ni l'un ni l'autre, aucun de ses objectifs n'est louable, pour un homme politique de son niveau, parce qu'on trompe le peuple, on cherche à tromper le peuple. Je crois honnêtement, s'il n'a pas eu la chance d'être le quatrième président du Sénégal, c'est sans aucun doute à cause de ces stratégies-là. Si toutefois, il rate la posture de cinquième président, ce sera certainement également à cause de ça. C'est inexact ce qu'il dit, ça ne reflète pas la réalité et ça procède d'un souci d'exister en trompant. Je ne crois pas que ça soit la meilleure des choses à faire.
Entretien réalisé par Ibrahima Khalil DIEME

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