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A Rabat, Hollande salue des "pas décisifs" du Maroc vers la démocratie

RABAT (AFP) - (AFP)

Le président français François Hollande a salué jeudi à Rabat les "pas décisifs" accomplis par le Maroc vers la démocratie, même si des "attentes" demeurent, au second jour d'une visite effectuée sous la pression croissante du scandale de la mise en examen de l'ex-ministre Cahuzac.

Le Maroc accomplit "chaque jour" des "pas décisifs" vers la démocratie et s'affirme comme "un pays de stabilité et de sérénité", a déclaré M. Hollande dans un discours au Parlement.

Il a notamment évoqué l'adoption, à l'été 2011, d'une nouvelle Constitution, dans le contexte du Printemps arabe, qui garantit "la tolérance" et "reconnaît le caractère multiple de l'identité marocaine".

"Je sais aussi, malgré ces progrès, ce que sont encore les attentes des Marocains", a ajouté M. Hollande."Il y a des impatiences partout (...) mais je sais que vous avez la volonté de faire face et de réaliser ce que vous avez promis aux Marocains", a-t-il estimé.

Selon le président français, "il y a toujours des critiques, des améliorations, c'est votre responsabilité.Et notre devoir, c'est de vous accompagner".

"Le Maroc maîtrise son propre changement, et ce n'est pas facile", a-t-il poursuivi, en référence aux Printemps arabes "qui sont prometteurs et en même temps porteurs de risques".

D'ici son départ du Maroc, en soirée, François Hollande a rendez-vous avec des représentants de la société civile pour évoquer les droits de l'Homme, comme l'y ont exhorté les ONG Human Rights Watch et Reporters sans frontières.

HRW a regretté récemment que les garanties de respect des droits humains proclamées par la Constitution "n'ont toujours pas été incorporées dans le droit marocain ni dans les pratiques du gouvernement", alors que RSF déplore que des dispositions d'un projet de loi sur les médias "constituent des limites inquiétantes à la liberté de la presse".

Avant de quitter le royaume, où il effectuait son premier déplacement en tant que président, M. Hollande doit aussi tenir une conférence de presse (vers 17H30 GMT).Il ne pourra pas éviter d'évoquer l'affaire Cahuzac, du nom de son ancien ministre du Budget qui a avoué mardi disposer depuis vingt ans d'un compte bancaire secret à l'étranger.

Ces aveux ont entraîné un tsunami politique à Paris, mais le président français n'y a pas fait allusion mercredi.

Les ministres qui l'accompagnaient ne cachaient pas, en revanche, leur inquiétude sur ce scandale qui éclabousse l'exécutif.

Avant de quitter Paris pour le Maroc, François Hollande a voulu déminer le terrain en annonçant une série de mesures pour garantir une "exemplarité totale" des responsables publics, mais elles ont été jugées largement insuffisantes par la droite.

Parenthèse à ces tracas, le président français a pu savourer l'ovation debout que lui ont réservé les parlementaires marocains lors du passage de son discours sur le Sahara occidental, ex-colonie espagnole contrôlée par le Maroc mais que revendique les indépendantistes du Polisario.

"La crise au Sahel rend encore plus urgente la nécessité de mettre fin à cette situation", a souligné M. Hollande, et "la France soutient la démarche du secrétaire général des Nations unies pour parvenir à un règlement politique acceptable" sur la base des résolutions de l'ONU, a-t-il dit.

Mais il a surtout réaffirmé le soutien de Paris au plan d'autonomie proposé par Rabat.Ce plan, "présenté en 2007", "prévoit un statut de large autonomie pour la population" de cette région et, "je le redis ici, c'est une base et sérieuse et crédible en vue d'une solution négociée", a-t-il lancé.

D'ici la résolution de ce conflit, qui entrave le développement de l'Union du Maghreb arabe (UMA), "tout doit être fait pour améliorer les conditions de vie de la population dans cette région", a-t-il noté.

A Rabat, lors de sa journée marathon, le président français s'est également entretenu avec le chef du gouvernement islamiste Abdelilah Benkirane, des chefs d'entreprises français et marocains et des étudiants.

Après la signature mercredi d'une trentaine d'accords et de contrats bilatéraux, pour un montant de 300 millions d'euros, en particulier dans le domaine des transports, M. Hollande a exhorté les patrons français à investir au Maroc, alors que Paris a perdu en 2012 sa place de premier fournisseur.

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