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Tunisie-FMI : Souveraineté à l’encan

Par Soufiène Ben Farhat

Un document de la première importance a été récemment mis au jour . Il s'agit du projet d'un courrier confidentiel adressé par le ministre tunisien des Finances et le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie à Mme Christine Lagarde, directrice générale du FMI.

Il s'agit bien d'un scoop. Pris de court, ayant découvert sa teneur sur les ondes de radio Shems fm, le ministre des Finances n'en revenait pas. Contrarié, il s'en est pris à l'auteur du scoop (en l'occurrence votre dévoué serviteur), coupable à ses yeux d'avoir mis au jour ledit document.

N'empêche. Les faits sont là. Et ils révèlent deux donnes fondamentales. En premier lieu, la Tunisie compte bien, pour la seconde fois dans son histoire, contracter un prêt faramineux auprès du FMI. Il y a déjà eu un précédent, en août 1986. Les finances du pays étaient alors à plat et l'on était sous la menace d'une banqueroute. Les prêts contractés auprès du FMI sont appelés par les spécialistes « prêts du dernier recours ». Et pour cause.

Aujourd'hui, il faut bien souscrire qu'il y a péril en la demeure pour que l'on réédite l'action. Qui n'est guère sans risques et périls. Supposé officier comme régulateur économique et financier, le FMI a ses exigences. Il applique des traitements de choc là où il sévit. Et il intervient toujours en position de force. Surtout lorsque les Etats s'y adressent en quelque sorte le couteau sous la gorge.

Le plus frappant c'est l'absence de communication gouvernementale à ce propos. La teneur sobre et à la limite de la servilité des documents mis au jour tranche net avec le ton triomphaliste tenu vis-à-vis de l'opinion interne. A l'extérieur, c'est à peine si on ne se met pas à quémander. A l'intérieur, on campe les matamores.

En second lieu, les chiffres annoncés au FMI sont bien différents de ceux clamés à cor et à cri à l'intérieur. Ainsi en est-il des taux de croissance pour les années 2012 et 2013 ou du déficit budgétaire. A ce niveau aussi, on gonfle à l'intérieur et l'on donne des chiffres différents au FMI.

Ceci sans parler des projets particulièrement controversés et aux effets escomptés pour le moins dévastateurs telle que la réduction des subventions énergétiques. Idem de la révision du système des subventions ou du régime des pensions et retraites.

Çà et là, des projets qui s'inscrivent dans la droite lignée des mesures ultralibérales aux effets sociaux contestables. C'est d'autant plus frappant que la Tunisie est le pays précurseur du Printemps arabe. Et il semble bien que le capitalisme financier transnational se soit enquis d'instrumentaliser le Printemps arabe à ses fins économiques bénéficiaires.

C'est le pendant économique et financier du système politique impérial américain qui s'est imposé aux gouvernants dans les pays du printemps arabe. Tel est le cas en Tunisie, en Egypte et en Libye particulièrement.

Finalement, l'on se demande s'il y a lieu de parler de révolutions arabes. Tout cela ne favorise-t-il pas les desseins stratégiques des grandes puissances nord-atlantiques économiques, financières et militaires ?

Chez nous, toute critique de l'establishment se voit opposer l'argument de la légitimité. Or saurait-on au nom d'une légitimité électorale restreinte hypothéquer l'avenir de générations entières de Tunisiens, actuelles et à venir ?

Les questions de souveraineté doivent faire l'objet d'un débat de fond. Toute décision à ce propos doit d'être consensuelle. La majorité relative de quelque parti, faction, coterie ou coalition ne saurait légitimer les choix controversés. Le tout-libéral dans la lignée du capitalisme nord-atlantique propre aux mouvances islamistes arabes et à leurs alliés préfigure des pentes irréversibles. Celles de voir de nouveau hypothéquée la souveraineté nationale et la perpétuation des relations de sujétion à l'endroit des Américains et du capitalisme financier transnational.

Par S.B.F

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