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L'affaire CAHUZAC et Nous

L'actualité française est marquée indubitablement par les affaires politico-judiciaires d'une telle « magnitude sur l'échelle de richter » sans précédent dans la classe politique depuis la Constitution de 1958.

Si l'on excepte la mise en examen de l'ancien Président Nicolas SARKOZI qui exclut, a priori, en raison de la présomption d'innocence, toutes formes de culpabilité, en revanche, les aveux fracassants de Monsieur Jérôme CAHUZAC, ancien Ministre socialiste du Budget viennent mettre un terme à quatre mois d'enquêtes et de révélations du site d'informations MEDIAPART et qui lui ont valu tant de récriminations injustes venant même des rangs des journalistes.

Au-delà de l'infraction de blanchiment de fraude fiscale pour laquelle place nette doit être faite à la justice, comment, à l'extrême, un français qui ne vit que des minima sociaux, peut-il comprendre que son ministre du budget, de surcroît social-iste, peut-il détenir un compte bancaire occulte en Suisse sur lequel dorment paisiblement 600 000 euros au taux minimum de 3% ? De quoi couper le souffle des militants socialistes, médusés...

Et combien de milliers d'euros pourrait-il détenir sur d'autres comptes logés dans d'autres pays comme par exemple Hongkong ? L'enquête judiciaire n'a certainement pas encore dit son dernier mot et il est indispensable, au nom du principe de la séparation et de l'indépendance des pouvoirs (exécutif et judiciaire) qu'elle progresse sans désemparer au nom de la démocratie simplement.

Et dire que tant, aussi bien devant le Président de la République, M. François HOLLANDE, le chef du Gouvernement, Monsieur Jean-Marc AYRAULT, que devant la représentation nationale et le monde médiatique, cet homme, Médecin Chirurgien, qui justifie être pris dans une forme de « spirale du mensonge » a pu contester, la main sur le c½ur, une telle forfaiture !

Les partisans du « tous pourris » auront de quoi plancher, et du grain à moudre, toutes choses concourant à faire maladroitement le jeu des extrêmes politiques, bref, une affaire à faire certainement pleurer dans les chaumières de France et de Navarre au moment d'ailleurs où les autorités françaises recherchent des solutions idoines pour faire face à la crise économique actuelle.

Cependant, quoi qu'il en soit de l'ampleur d'une telle allégation mensongère de l'ex-ministre socialiste, l'heure n'est certainement pas au décompte des brebis « galleuses » mais à un sursaut collectif national afin que de tels faits ne se réitèrent point.

Au Burkina Faso, combien sont-ils, les hommes politiques, à détenir des comptes occultes ou avérés à l'étranger et / ou dans des paradis fiscaux alors que nombreux sont nos compatriotes qui n'arrivent pas, en dépit de leurs efforts vains, à satisfaire leurs besoins vitaux d'éducation, de nourriture, de soins médicaux et d'eau potable ? Est-il concevable que des fonds (honnêtes ou mal acquis d'ailleurs) dorment dans des paradis fiscaux ou tout simplement dans des banques occidentales alors que nos PME/PMI ont de sérieux besoins en capitaux vitaux pour le développement de leurs activités économiques et de notre pays ?. Et que dire de nos populations rurales ?

Enfin, sans verser dans une quelconque démagogie, cette affaire franco- française devrait nous inciter au pays du « Yelkabe » à plus de vigilance et de comportement patriotique sur le plan socio politico économique, notamment en veillant scrupuleusement à la solidarité nécessaire avec la frange partie de nos compatriotes les plus vulnérables si nous voulons, sans conteste, un monde juste et épris de paix. Le dire humblement, sans démagogie est aussi un impérieux devoir patriotique.

Paul KÉRÉ, avocat au barreau de Nancy, (France)

Le Faso

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