SlateAfrique

mis à jour le

L'armée égyptienne censure et condamne un blogueur

La cour militaire égyptienne de Nasr City (au Caire) a condamné  le 11 avril 2011 un blogueur, Maikel Nabil, à trois ans de prison pour avoir critiqué et «insulté» les forces armées sur sa page Facebook. Ses commentaires et les informations qu'il y a publiées ont été utilisées contre lui lors du procès, d'après l'organisation Human Rights Watch (HRW). Le conseil suprême des forces armées gère le pays depuis que l'ex-président Hosni Moubarak lui a remis le pouvoir en démissionnant le 11 février 2011.

Selon l'avocat du blogueur, Maître Gamal Eid:

«Les avocats n'étaient pas présents», précise-t-il, ajoutant que «le verdict a été prononcé pratiquement en secret.»

La police militaire a arrêté le blogueur le 28 mars 2011. L'organisation Reporters sans frontières s'est dite «profondément choquée» par cette condamnation, qui fait du blogueur «le premier prisonnier d'opinion en Egypte depuis la révolution». «Un sérieux revers pour la liberté d'expression», a jugé HRW. «Le verdict n'est pas seulement sévère, il a été imposé par un tribunal militaire après un procès inéquitable», a affirmé Joe Stork, le directeur adjoint de l'ONG pour le Moyen-Orient. Depuis le départ d'Hosni Moubarak, «l'armée a arrêté au moins 200 manifestants et a jugé des dizaines d'entre eux devant les tribunaux militaires», précise HRW.

Ce lundi 10 avril 2011, des parlementaires américains ont appelé le chef égyptien des armées, le maréchal Mohamed Hussein Tantawi, à libérer le blogueur :

«S'il veut que l'on fasse davantage confiance à l'Egypte, alors le gouvernement ne doit pas prendre des décisions qui attirent l'attention internationale de façon aussi négative», ont écrit le sénateur Mark Kirk et le représentant Frank Wolf, deux élus républicains.

Alors que la chute de l'ex-président Moubarak devait marquer le début d'une nouvelle ère de liberté d'expression, cette condamnation révèle l'emprise militaire sur la population égyptienne qu'elle était censée protéger et accompagner dans son processus de démocratisation. Le 8 avril 2011, de nouvelles manifestations contre l'armée égyptienne ont eu lieu place Tahrir.

Lu sur Al-Masry Al-Youm, allAfrica.com