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Un morceau de bravoure

Mustapha Toumi, le trouvère, le ménestrel, l'orpailleur et l'orfèvre des mots, est l'auteur mythique du standard du chaâbi immortalisé par le cardinal, le légendaire cheikh El Hadj M'hamed El Anka. Sobhane Allah Ya Eltif (Louanges à Dieu). Tout un patrimoine ! Un texte magistralement interprété. Un bijou ! Un trésor ! Voici quelques extraits : Il était un jeune pigeon gracieux/ ô ! toi l'homme d'expérience dont je vais te conter l'histoire et qui, à la fleur de l'âge, /au printemps resplendissant, rendu présomptueux par son plumage neuf, vint me provoquer, dégaina son épée et me dit : «Nous avons un différend/ affronte-moi si tu es de noble naissance et de ceux qui possèdent le sceau du pouvoir/ montre-moi où t'ont conduit tes solides relations.»/ je lui répondis en ces termes : «comment peux-tu m'adresser des propos pleins de colère ?/pourquoi ce courroux et cette fureur ?/on s'imagine que tout est accessible, qu'il suffit d'y faire main basse et l'on traite d'impotent le dernier arrivé./ louanges à Dieu, la bonté même/toi Seul détiens la connaissance/ certains prennent pour de la peur le respect qu'on leur témoigne/tu ne vins pas à moi pour une question d'honneur, l'air déterminé; c'était par jalousies accumulées; car j'ai fait beaucoup d'envieux/ je te croyais mon allié et fier de moi; en réalité, tu creusais des fosses me menant à l'abîme/ quand ce serait de ta part de l'avidité, tu devrais avoir honte/ tu sais combien de mers j'ai traversées et parcouru de contrées.../On croit le maître inutile; on le considère comme un radoteur; sa chandelle serait morte, éteinte/ du maître, toi qui écoutes ce chant, la lumière ne peut disparaître /les gens le constatent du matin au soir/ on croit le maître inutile; on le considère comme un délirant/on dit que son épée est usée, émoussée/ le maître, toi qui écoutes ce chant, est toujours lucide et son épée étincelante reste célèbre dans la contrée/ on croit le maître inutile, comme un vieux taureau /on a secrètement aiguisé le couteau/ le maître, toi qui écoutes ce chant, ne porte pas d'entraves; ce n'est ni un agneau, ni un mouton promis au sacrifice/ on croit le maître fini, sa vitalité tarie, mais tous les efforts (pour lui nuire) sont restés impuissants/ Le maître, toi qui écoutes ce chant, répond par le silence et la patience/ rien ne lui échappe; à toute perte il est une compensation...» 

El Watan

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