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Les ministres camerounais connaissent la chanson

Au Cameroun, il semble de bon ton pour les célébrités nationales de se lancer dans la chanson. Les vendeurs de disques à Yaoundé, la capitale, ou à Douala, la métropole économique, proposent aux habitants des cassettes ou des CD de quelques personnalités le plus souvent au-devant de la scène politique, économique ou sportive.

Ainsi, Jean-Marie Asséné Nkou, ancien député du Rassemblement démocratique du peuple Camerounais (RDPC), le parti au pouvoir au Cameroun, pousse la chansonnette tous les week-ends à La réserve, célèbre cabaret branché de Yaoundé.

«La musique est pour moi un hobby, un passe-temps. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai acheté un important matériel de sonorisation. J’aime du bon son, de belles mélodies», soutient l’ancien député, devenu un homme d’affaires influent dans le secteur de l'exploitation forestière.

Asséné Nkou joue aussi de la guitare, tout comme le docteur Félicien Ntonè, l’un des psychiatres les plus réputés du pays. Parmi ces instrumentistes dont le public découvre aujourd'hui les talents, il y a le non moins célèbre patron de l’Agence de régulation des marchés publics, Jean-Jacques Ndoudoumou. Ce haut fonctionnaire, présenté comme un virtuose du balafon (sorte de xylophone en bois ou bambou), explore les rythmes traditionnels fang-béti (centre-sud du Cameroun).  En janvier 2011, lors du Comice agro-pastoral tenu à Ebolowa, le public a pu voir Gervais Mendo Zé, ancien ministre de la Communication et ancien patron de la télévision nationale, chanter et danser avec les membres de La voix du cénacle, la chorale qu’il a créée il y a quelques années.

Si certaines personnalités se découvrent une âme de musicien, d’autres semblent hésiter à reprendre le micro. C’est le cas de l’ancien footballeur Roger Milla, dont le single Sondi avait fait un carton en 1991, mais aussi de Bidoung Mpkwatt, ancien ministre de la Jeunesse et des sports. Humoriste, il s’est rendu célèbre grâce à son personnage Mini-Pampam. Parmi ceux que le public n’est pas sûr de revoir bientôt sur scène, il y a Pierre Moukoko Mbonjo. L’ancien ministre de la Communication rachète et fait détruire tous les albums de l’époque où il chantait sous le nom de Peter Mukoko. Un vendeur de disques suppose:

«C’est peut-être une manière d’effacer toute trace de la période où il faisait des chansons contre le régime en place.»

Lu sur Mutations