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L’armée nord-coréenne obtient le feu vert pour déclencher des opérations militaires contre les Etats-Unis

L’armée nord-coréenne a annoncé ce mercredi 3 avril qu’elle avait reçu l’approbation finale des plus hautes autorités du pays pour déclencher des opérations militaires contre les Etats-Unis, y compris d’éventuelle frappes nucléaires.

Dans un communiqué cité par l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA, l’état-major général de l’armée déclare informer officiellement Washington que les menaces américaines seront « écrasées » par des « moyens de frappe nucléaire ». « L’opération impitoyable » des forces nord-coréennes « a été définitivement examinée et ratifiée », précise  le communiqué.

Déploiement d’un système de missiles américains

Un peu avant, le Pentangone a annoncé que les Etats-Unis allaient déployer un système de missiles antibalistiques THAAD sur l’île de Guam pour parer à toute éventualité. Le système THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), qui équipe l’armée américaine depuis 2008, est conçu pour intercepter les missiles balistiques de moyenne portée. Il comprend un lanceur de missiles mobile, des missiles intercepteurs, un radar et un système de mise à feu intégré.

« Les Etats-Unis restent vigilants face aux provocations nord-coréennes et se tiennent prêts à défendre le territoire américain, nos alliés et nos intérêts nationaux », a déclaré une porte-parole du Pentagone, précisant qu’il s’agit d’une mesure « de précaution ».

Pyongyang s’est déclaré en état de guerre en raison des manoeuvres militaires communes entre la Corée du Sud et les Etats-Unis et a notamment menacé de frapper les îles du Pacifique de Guam et Hawaii ainsi que le continent américain.

Equilibre de la terreur

Les trois objectifs du programme nucléaire de Pyongyang, sont « dissuasion », « prestige international » et « diplomatie coercitive ». C’est ce qu’a expliqué le 12 mars dernier, lors d’une audition au Sénat, James Clapper, le directeur du renseignement national, chargé de coordonner et de superviser les principales agences américaines de renseignements dont la CIA, à propos de la crise dans la péninsule coréenne.

Lorsqu’un pays se dote du nucléaire, c’est en général pour sa sécurité et sa cohésion interne. Si le régime nord-coréen met en place une diplomatie coercitive sur la base d’une force nucléaire de dissuasion, c’est sans doute en partie pour sa propre sécurité. Le prestige international que lui confère le fait de compter parmi les dix nations possédant du nucléaire et des fusées à longue portée est aussi lié à l’objectif de cohésion interne.

« Faire de Séoul et Washington une mer de feu »

Au début de l’année 2011, l’administration Obama avait estimé que les missiles nucléaires nord-coréens pouvaient désormais atteindre le continent américain. Le New York Times avait alors remarqué qu’il fallait dès lors choisir entre négocier avec les Nord-Coréens, quitte à ce qu’ils en profitent pour obtenir des concessions sans renoncer à leur nucléaire, ou, au contraire, prendre le risque, en refusant de négocier, de voir la tension croître dans la péninsule coréenne à cause du nucléaire. Washington a finalement laissé se mettre en place la deuxième option, sans l’avoir vraiment adoptée.

Et en ce printemps 2013, la tension militaire dans la péninsule est digne de celle qui a précédé la guerre de Corée [1950-1953]. Pyongyang menace chaque jour de « faire de Séoul et Washington une mer de feu ».

Ces provocations verbales risquent de se poursuivre et même d’être accompagnées, pour que l’effet soit optimal, de quelques actions militaires. Les Nord-Coréens s’activent en effet en entretenant l’hypothèse d’un tir de missile et d’un essai nucléaire. Dans les rues de Pyongyang, les véhicules circulent camouflés comme en temps de guerre. S’il s’agit d’une mise en scène, elle est parfaite.

Joutes oratoires

Les analystes japonais doutent que les Nord-Coréens mettent leurs menaces à exécution, leurs objectifs réels étant de négocier [directement] avec Washington et de renforcer la cohésion interne du pays. En revanche, l’Institut international pour les études stratégiques [IISS, à Londres], lui, n’exclut pas cette hypothèse dans son célèbre rapport annuel, intitulé « Military Balance ». Bref, il est difficile de prédire ce qui va se passer.

En avril 2012, les deux Corées s’étaient livré à des joutes oratoires. Kim Jong-un [qui venait de prendre la succession de son père au Nord] avait alors déclaré, en qualité de commandant suprême de l’armée du peuple, qu’il allait lancer une opération contre la capitale sud-coréenne et que le gouvernement sud-coréen allait voir de quoi le Nord était capable. En réponse, le gouvernement sud-coréen de Lee Myung-bak avait évoqué la possibilité de frapper le premier.

En décembre dernier, Pyongyang a violemment réagi à l’illumination par des protestants sud-coréens d’un gigantesque sapin de Noël à la frontière intercoréenne [interprétée comme une manifestation de la "guerre psychologique" du Sud contre le Nord], mais toujours sans mettre ses menaces à exécution.

L’équilibre par la « dissuasion minimale »

Celles-ci ne semblent pas émouvoir beaucoup la population sud-coréenne. Le ministère de la Défense a même hasardé une remarque provocatrice : « Un chien qui aboie ne mord pas. » Les chefs d’état-major de la marine et de l’armée de l’air n’ont pas annulé leurs parties de golf malgré les menaces de Pyongyang de faire de Séoul une « mer de feu ».

Certes, il est arrivé aux Nord-Coréens de rengainer leur épée sans l’avoir utilisée, mais ils ont aussi bombardé l’île de Yeonpyeong [en novembre 2010], procédé à des essais nucléaires et à des tirs de fusées. S’ils privilégient la dissuasion et la diplomatie coercitive, il n’y a pas de raison qu’ils s’arrêtent. Devenus sceptiques, les Sud-Coréens ne les croient plus, comme dans l’histoire du berger qui criait au loup. Pourtant, le danger n’en est pas moins important.

Convaincus que leur [maîtrise du] nucléaire empêchera que la situation dégénère en une guerre totale, les Nord-Coréens sont tout à fait capables de provoquer des conflits localisés. Ils vont poursuivre la miniaturisation des têtes nucléaires pour pouvoir les charger sur un missile.

Tunisie Focus

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