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Hollande débute une visite au Maroc ternie par le scandale Cahuzac en France

CASABLANCA (Maroc) (AFP) - (AFP)

Le président François Hollande a débuté mercredi une visite d'Etat au Maroc destinée à raffermir les bonnes relations entre les deux pays mais qui se trouve ternie par le retentissant scandale politique en France lié à la mise en examen de l'ex-ministre du Budget.

M. Hollande, accueilli à son arrivée à Casablanca par le roi Mohammed VI, a tenté avant son départ de Paris de déminer le terrain, au lendemain des révélations fracassantes de Jérôme Cahuzac, qui a avoué disposer depuis 20 ans d'un compte à l'étranger et a été inculpé pour fraude fiscale.

Dans une retransmission télévisée, le chef de l'Etat a annoncé plusieurs mesures pour assurer une "exemplarité totale" des responsables publics.Il a en outre affirmé que M. Cahuzac n'avait "bénéficié d'aucune protection de l'Etat".

Mais les aveux de cet ancien pilier du gouvernement de Jean-Marc Ayrault ont provoqué un énorme choc dans l'ensemble de la classe politique à Paris.

Le Premier ministre a essuyé dans l'après-midi à l'Assemblée nationale le feu roulant des questions de l'opposition, qui lui demande désormais des comptes et juge insuffisante la réaction de l'Elysée.

Si François Hollande a condamné dès mardi "une impardonnable faute morale", impossible pour lui d'éviter que l'affaire Cahuzac ne pollue sa visite d'Etat au Maroc.

Malgré un retard d'une heure à l'arrivée, ce séjour n'a pas été chamboulé, y compris dans son objectif : la France entend conforter "une relation de haut niveau" avec son principal allié au Maghreb.

Mais toute prise de parole de M. Hollande était guettée : il devait ainsi s'exprimer devant la communauté française vers 18H00 GMT, avant la conférence de presse jeudi soir à Rabat, au terme de sa visite.

Mercredi, le président français a eu le droit à un "accueil populaire" sur une place du centre de Casablanca recouverte pour l'occasion de tapis marocains, qu'il a parcourue pendant un quart d'heure sous la pluie et les acclamations d'une foule assez clairsemée.

Les deux chefs d'Etat ont ensuite pris la direction du palais royal, pour un entretien, avant la cérémonie de signature d'une trentaine d'accords et contrats, en particulier dans le domaine des transports (ferroviaire, tramway, métro, ligne à grande vitesse), de l'agroalimentaire, du traitement de l'eau et des énergies renouvelables.

La France est le premier partenaire économique du Maroc et, outre un cortège de ministres, le chef de l'Etat est accompagné d'une soixantaine de patrons.Il devait inaugurer en fin de journée une station d'épuration des eaux gérée par une filiale de GDF-Suez, la Lydec.

Quelque 750 entreprises françaises, dont 36 des 40 sociétés du CAC 40, sont présentes dans le royaume.

Jeudi, après une visite de la grande mosquée Hassan II de Casablanca, François Hollande se rendra à Rabat, où il développera devant des chefs d'entreprises français et marocains l'idée de "colocalisation", sorte de partenariat censé générer des emplois dans les deux pays.

Après des entretiens avec le chef du gouvernement islamiste Abdelilah Benkirane, M. Hollande prononcera un discours devant le Parlement.

"Il utilisera cette tribune pour s'exprimer sur les grands sujets de l'heure" : Syrie, Mali, Printemps arabes, processus de paix au Proche-Orient, a indiqué son entourage.

Le président français devrait en particulier souligner que "le Maroc a trouvé sa voie dans un contexte où les Printemps arabes offrent beaucoup de potentiels mais aussi des risques", selon un diplomate.

Il devrait également saluer "les positions très nettes" du roi en faveur de l'intervention française au Mali.

Concernant le Sahara occidental, ex-colonie espagnole que Rabat contrôle mais qui est revendiquée par les indépendantistes du Front Polisario, la position de la France reste la même : Paris soutient le plan d'autonomie marocain comme "base sérieuse et crédible" de discussion et souhaite une "solution négociée dans le cadre de l'ONU".

En prélude à ce voyage, les ONG Human Rights Watch et Reporters sans frontières (RSF) ont de leur côté exhorté François Hollande à aborder la question des droits de l'Homme avec ses interlocuteurs marocains.

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