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Une membre des Femen brûlant le drapeau salafiste, Paris, 3 avril 2013 / AFP
Une membre des Femen brûlant le drapeau salafiste, Paris, 3 avril 2013 / AFP

Des Femen brûlent le drapeau salafiste en plein Paris

Elles voulaient manifester leur solidarité envers la Tunisienne Amina, menacée de lapidation par les islamistes.

Trois féministes du mouvement des Femen ont brûlé aujourd'hui le drapeau salafiste devant la Grande Mosquée de Paris pour exprimer leur solidarité avec une militante tunisienne et dénoncer les atteintes aux droits des femmes dans les pays arabo-musulmans.

Les trois jeunes femmes, deux Françaises et une Tunisienne, ont déployé le drapeau noir des salafistes barré de la «chahada», la profession de foi des musulmans, sur le parvis de la Grande Mosquée, située en plein centre de Paris. Elles l'ont ensuite enflammé, alors que des membres du service de sécurité de l'édifice tentaient de les chasser à coups de pied.

Selon leur mode opératoire habituel, les trois Femen ont agi seins nus. «Arab women against islamists», «Freedom for women», «Fuck your morals», avaient-elles écrit sur leur torse.

«Nous voulons dénoncer l'extrémisme religieux» musulman, a expliqué à la presse Inna Shevchenko, une des fondatrices ukrainiennes du mouvement, présente pendant l'événement qui n'a duré que quelques minutes. Pour la jeune femme, la Grande Mosquée de Paris a été prise pour cible car il s'agit d'un "lieu symbolique" de la religion musulmane.

«Nous voulons aussi exprimer notre solidarité avec la militante tunisienne Amina que des salafistes ont appelé à lapider», a-t-elle ajouté.

Une jeune fille, qui s'est identifiée sous le nom d'Amina Tyler, a fait scandale en Tunisie en publiant mi-mars sur internet des clichés d'elle la poitrine nue barrée des mots «mon corps m'appartient, il ne représente l'honneur de personne», ou encore «Fuck your morals». En théorie, en agissant de la sorte, elle s'expose à des poursuites pour "atteinte aux bonnes moeurs", un délit passible de 6 mois de prison.

«Pourquoi se mettre nue comme ça? C'est choquant!», a réagi auprès de la presse une fidèle venue prier à la Grande Mosquée. «Pour parler du salafisme, il faut le connaître, et non pas montrer ses fesses», a dénoncé un autre fidèle, qui s'est présenté comme un «musulman pratiquant».

Les Femen, un groupe de féministes ukrainiennes désormais installé à Paris et qui a fait des émules dans plusieurs pays du monde, est connu depuis 2010 pour ses actions "topless" pour dénoncer le sexisme, l'homophobie, la prostitution et la religion.

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