mis à jour le

Les remous au sein de la majorité font la Une des quotidiens

La presse juge mercredi que le ton monte entre l'ancien Premier ministre Idrissa Seck et certains membres de la majorité présidentielle qui réagissent en abondance aux dernières déclarations du maire de Thiès concernant la marche du nouveau régime.

A l'occasion du Premier anniversaire de l'accession du président Macky Sall à la magistrature suprême, l'ancien Premier ministre Idrissa Seck a fait une sortie dans la presse pour dire que le pays ne marchait pas comme il faudrait, à cause notamment de banquiers (le Premier ministre et le ministre de l'Economie et des Finances) peu au fait selon lui de la question des finances publiques.

Cette sortie a suscité de nombreuses réactions au sein de la majorité présidentielle dont il continue à faire partie, mais n'a pas arrêté le maire de Thiès qui a récemment réitéré ses critiques qui semblent l'installer de plus en plus dans une posture d'opposition à mesure que ses déclarations l'éloignent de ses alliés.

Il a ainsi déclaré, lors de sa dernière sortie, que Me Abdoulaye Wade, le prédécesseur de Macky Sall, avait laissé dans les caisses de l'Etat la somme de 417 milliards 907 millions de francs CFA, une façon de dire que les arguments des tenants actuels du pouvoir selon lesquels les caisses de l'Etat étaient vides à leur arrivée au pouvoir ne tenaient pas plus que cela la route.

Ainsi, le ministre de l'Economie et des Finances ''corrige le calcul d'Idrissa Seck'', rapporte Le Populaire. Les 417,907 milliards avancés par M. Seck ''couvrent les billets et monnaies, les dépôts à la BCEAO, dans les banques et les obligations cautionnées'', précise le journal citant Amadou Kane. En fin de compte, note-t-il, l'Etat central ''ne détenait que 12,617 milliards, soit le quart de la masse salariale mensuelle et traînait une dette de 166,818 milliards.

Suffisant pour que les parlementaires de la majorité appellent ''Idrissa Seck à être un peu plus responsable'' dans sa démarche, indique le quotidien Enquête. Mais selon ces députés de la majorité interrogés par le journal, il n'y a cependant ''pas lieu d'exclure le président de Rewmi de la mouvance présidentielle''.

''L'escalade !'', s'exclame pour sa part le quotidien Walfadjri à travers sa manchette évoquant en particulier les relations entre le parti Rewmi dirigé par le maire de Thiès et l'Alliance pour la République (APR), le parti présidentiel, devenues de moins harmonieuses au fil de leur compagnonnage. ''Avis de tempête au groupe Bennoo Bok Yaakaar'', souligne même le journal dans ses pages intérieures.

''Tout n'est pas rose au groupe parlementaire Bennoo Bokk Yaakaar. Loin de là. Et le dernier communiqué du président Moustapha Diakhaté demandant l'exclusion d'Idrissa Seck de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar risque d'envenimer les choses'', écrit le quotidien Walfadjri.

''Le président Macky Sall continue d'encaisser les coups de son allié, Idrissa Seck, sans broncher. Mais, pour combien de temps encore lui et son parti vont résister à la manoeuvre du maire de Thiès, le principal rival en 2017'', ajoute-t-il en allusion aux élections présidentielles prévues cette année-là.

Selon Moustapha Diakhaté, cité à sa Une par Direct Info, les ''attaques'' de l'ancien Premier ministre ''sont franchement méchantes, mensongères et rancunières''. ''Entre Idy et l'APR, ce n'est plus le parfait amour'', constate ce quotidien dans son billet du jour, avant d'ajouter : ''la question qui taraude les esprits est de savoir : quelle sera la réaction des deux ministres rewmistes que sont Pape Diouf et Oumar Guèye ?''.

Alors que Le Pays au quotidien annonce que le parti Rewmi compte créer un groupe parlementaire propre à l'Assemblée où ce parti était jusque-là membre de celui de la majorité présidentielle, le quotidien L 'Observateur souligne que le président de la République Macky Sall est en train de concocter un ''plan'' pour ''isoler'' le maire de Thiès.

''Entre Macky Sall et Idrissa Seck, c'est la guerre totale. Le fossé qui sépare les deux ex-fils de Wade et alliés dans le cadre de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar s'approfondit de jour en jour. Chaque déclaration du président de Rewmi perturbe le réveil du chef de l'Etat et ses partisans de l'Alliance pour la République'', souligne le quotidien du groupe Futurs médias.

''Les critiques de Idrissa Seck suscitent les réactions radicales des +apéristes+ qui appellent à mettre fin à l'alliance avec Idy. Seulement, cet appel ne fait pas l'unanimité au sein de BBY où les positions divergent essentiellement. Mais, en sourdine, Macky Sall cache son jeu pour mettre Idrissa Seck hors d'état de nuire'', rapporte le même journal.

''Il semble suivre la voie alors tracée par des responsables de l'APR qui avaient théorisé le slogan : +Se taire ou sortir+. Les jeux sont ouverts. Qui des deux anciens Premiers ministres de Wade va remporter la bataille ?'', conclut le quotidien L'Observateur tout en s'interrogeant.

Un certain nombre de quotidiens ouvrent sur le volet de la traque des biens dits mal acquis intéressant Karim Wade, le fils de l'ancien chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade. ''Karim reste en rade au port'', affiche Le Quotidien. ''La guerre de la communication se poursuit entre le camp de Karim Wade et l'Etat du Sénégal'', avance ce journal.

''Après la sortie des dirigeants de la multinationale DP World, les autorités sénégalaises, via le ministre de la Justice, ont rebondi en chargeant à nouveau Wade-fils, mis e n cause dans la concession du terminal à conteneurs du Port autonome de Dakar'', dont de grandes parts lui appartiendraient. Ce que démentent les autorités de Dubaï.

Mais il se trouve que ''DP World n'a pas dit la vérité'' et peut donc ''craindre un retour de bâton !'', tranche Libération. ''Contrairement aux apparences, écrit le journal, la récente sortie médiatique (...)" des responsables de la société dubaïôte "est loin d'être un exercice de vérité", écrit-il.

Le journal revient également sur le communiqué endossé par DP World FZE, "pour se blanchir de toute magouille dans l'affaire de la concession du terminal à conteneurs du Port autonome de Dakar, et par ricochet détruire l'accusation selon laquelle Karim Wade est actionnaire de la société chargée de l'exploitation (...)''.

''Au moyen de propos fallacieux, lénifiants et soporifiques, ils se sont attelés à déverser des seaux de chaux sur la face visible et déjà blanchâtre de l'iceberg, omettant soigneusement d'évoquer tout ce qui touche de près ou de loin au troisième larron de l'affaire : DP World Sénégal Limited, la société planquée aux Iles Vierges britanniques'', ajoute Libération.

''Ces témoins qui mouillent Karim à DP World'', titre L'As, citant la notaire Me Tamaro Seydi et l'expert comptable Mansour Gaye. ''Presqu'une semaine après la parution du communiqué du président de DP World FZE Mohammed Sharaf, une source proche de l'enquête (...) est sortie de son mutisme pour persister et signer que DP World Dakar SA est bel et bien la propriété de Wade qui joue avec les homonymies'', souligne ce journal.

Sud Quotidien, à son tour, renseigne que ''deux gros éléments contenus dans le dossier permettrait aux enquêteurs d'établir le lien entre Wade fils et la filiale sénégalaise du groupe dubaïote'', en dépit des déclarations écrites des autorités de DP World FZE ''visant à + décoller+ Wade-fils de l'actionnariat de'' cette société.

Aps

Rewmi

Ses derniers articles: Remaniement ministériel du 1er Septembre : Comment Mimi Touré a court-circuité Eva Marie Coll  Aliou Cissé:  Nécrologie- Décès du journaliste Abdoulaye Sèye