mis à jour le

François Hollande au sommet de la Méditerrannée le 5 octobre 2012. REUTERS/Bertrand Langlois
François Hollande au sommet de la Méditerrannée le 5 octobre 2012. REUTERS/Bertrand Langlois

Au Maroc, la France ne veut pas «se reposer sur ses lauriers»

Le président Hollande y effectue une visite d'Etat de deux jours.

François Hollande effectue comme prévu sa visite d'Etat de deux jours au Maroc. Et cela en dépit de l'aveu du ministre du budget Jérôme Cahuzac. Avec ce voyage, le président français espère consolider les liens avec son premier partenaire au Maghreb.

Points forts de cette visite, le chef de l'Etat rencontrera le roi Mohammed VI à Casablanca, puis s'entretiendra, à Rabat, avec le Premier ministre islamiste Abdelilah Benkirane, avant un discours attendu devant le Parlement.

«La relation entre les deux pays est très dense et fluide. Le Maroc est un partenaire très intime, très proche, l'enjeu de la visite est de se donner les moyens de maintenir une relation de haut niveau», affirme-t-on à l'Elysée.

Mohammed VI avait été le premier chef d'Etat à être reçu par le président français, le 24 mai 2012, une semaine après son entrée à l'Elysée. Mais pour son premier déplacement en Afrique du Nord, fin décembre, le président français avait toutefois choisi l'Algérie, provoquant des grincements de dents chez son grand voisin et rival marocain.

Un mauvais moment oublié, assure un conseiller diplomatique, car «le Maroc a compris le besoin immédiat qu'avait la France de reconstruire une relation avec l'Algérie» et sa volonté de jouer «un rôle utile entre les deux pays».

Les enjeux économiques

François Hollande sera accompagné de huit ou neuf ministres et d'une soixantaine de patrons français pour renforcer les liens entre les deux pays. Aucun contrat mirobolant n'est attendu mais plutôt des signatures venant «en accompagnement» de projets déjà lancés, en particulier dans le domaine des transports ferroviaires (tramway, métro, ligne à grande vitesse), de l'agroalimentaire, du traitement de l'eau, des énergies renouvelables. Autant de jalons posés lors de la visite du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, les 12 et 13 décembre derniers.

«Quelque 750 entreprises françaises, dont 36 des 40 entreprises du CAC 40, sont présentes au Maroc, elles emploient entre 80 et 100.000 personnes, nous sommes le premier partenaire commercial, le premier investisseur», mais, dans un contexte de concurrence internationale accrue, il ne s'agit pas de «nous reposer sur nos lauriers», explique-t-on à l'Elysée.

Si l'Espagne a ravi de justesse à la France la place de premier exportateur au Maroc en 2012, c'était pour des «raisons conjoncturelles», tient à nuancer l'entourage du président.  

Le président français inaugurera notamment une station d'épuration des eaux à Mediouna, dans le grand Casablanca, projet mené par la Lydec (Lyonnaise des eaux de Casablanca, filiale de GDF-Suez) et rencontrera des chefs d'entreprises français et marocains.

Il devrait relancer l'idée de «colocalisation», sorte de partenariat «gagnant gagnant» entre entreprises françaises et marocaines censé éviter les délocalisations et générer des emplois dans les deux pays. Ce concept, lancé par M. Ayrault lors de sa visite, n'est «pas encore très opérationnel», reconnaît un diplomate.

Le Mali, le Sahara occidental

Sur le plan politique, le discours de François Hollande devant le Parlement marocain est très attendu. «Il utilisera cette tribune pour s'exprimer sur les grands sujets de l'heure», Syrie, Mali, printemps arabes, processus de paix au Proche-Orient, a indiqué son entourage. François Hollande devrait également saluer la position marocaine sur le Mali. «Le roi Mohammed VI a pris des positions très nettes en faveur de l'intervention française, qu'il est allé défendre devant ses pairs» au sommet islamique du Caire, le 6 février, souligne Paris.

Concernant le Sahara occidental, que se disputent l'Algérie et le Maroc depuis 1975, la position de la France reste la même: Paris soutient le plan d'autonomie marocain comme «base sérieuse et crédible» de discussion et compte sur une «solution négociée dans le cadre de l'ONU».

Au cours de son séjour, le président français rencontrera la communauté française au lycée Lyautey de Casablanca (la ville compte 20.000 des quelque 80.000 résidents français au Maroc, soit la plus forte communauté française en Afrique et dans le monde arabe). Le chef de l'Etat sera accompagné de Mohamed Moussaoui, président du CFCM (Conseil français du culte musulman), et de Joël Mergui, président du Consistoire israélite de France. Ils visiteront ensemble la grande mosquée Hassan II de Casablanca.

Slate Afrique avec AFP

Slate Afrique avec AFP

Slate Afrique avec AFP

Ses derniers articles: En Tunisie, la grenade est la star de l'automne  L'escrimeuse Inès Boubakri dédie sa médaille d'or à « la femmes tunisienne»  En Afrique du Sud, des élections municipales cruciales pour l'ANC 

Hollande

AFP

La présence militaire française au Mali: "ce sera long" prévient Hollande

La présence militaire française au Mali: "ce sera long" prévient Hollande

AFP

A Bamako, les adieux réciproques de Hollande et de l'Afrique

A Bamako, les adieux réciproques de Hollande et de l'Afrique

AFP

Hollande et l'Afrique: des guerres et la fin d'une certaine Françafrique

Hollande et l'Afrique: des guerres et la fin d'une certaine Françafrique

visite

AFP

Marine Le Pen en visite au Tchad

Marine Le Pen en visite au Tchad

AFP

Somalie: visite surprise de Boris Johnson

Somalie: visite surprise de Boris Johnson

AFP

Algérie: la visite de Merkel reportée

Algérie: la visite de Merkel reportée

liens

AFP

Nigeria: 249 personnes suspectées de liens avec Boko Haram blanchies, l'armée leur donne 10 dollars

Nigeria: 249 personnes suspectées de liens avec Boko Haram blanchies, l'armée leur donne 10 dollars

AFP

Algérie: arrestation d'un homme soupçonné de liens avec les attentats de Paris

Algérie: arrestation d'un homme soupçonné de liens avec les attentats de Paris

AFP

Le conflit au Mali a renforcé les liens de Rokia Traoré avec son pays

Le conflit au Mali a renforcé les liens de Rokia Traoré avec son pays